Chouette Magazine

Valentin Dumont

Valentin Dumont

Littérature

Catégorie : Arts & Culture

Chroniqueur depuis décembre 2015

"Vous n'aurez pas ma haine"

publiée le 28 juin 2016


Antoine Leiris - Edition Fayard

Dans les jours qui ont suivi les attentats de Paris et plus précisément ceux du « Bataclan », vous avez sans doute lu un texte posté sur les réseaux sociaux (et partagé des 100taines de fois) de ce jeune père qui a perdu dans ce sinistre évènement la mère de son fils et son épouse.


De ce texte est né un livre au même titre, qui reprend au jour le jour la vie de cet homme et de son jeune enfant. C’est un journal intime, très intime car il nous fait rentrer dans toute la souffrance et les sentiments contradictoires de ces premiers jours de deuil.


Pourquoi vous parler de ce livre « terrible » à la veille des vacances, où l’on voudrait peut-être lire des livres plus légers, moins durs qui nous permettent de pouvoir nous évader vers plus de tranquillité ? Tout simplement car ce livre, contre toute attente, est un livre « positif », qui malgré toutes les émotions qu’il nous fait vivre se termine par un message d’espoir.


Si vous voulez encore vous convaincre de la force tranquille et admirable de cet écrivain, je vous conseille de suivre l’interview qu’il a accordée à l’émission « on n’est pas couché » et que vous pouvez retrouver sur internet (https://www.youtube.com/watch?v=1Qga7W9kJwo).


Alors c’est vrai, que durant la lecture, vous aurez sans doute, comme moi, parfois la gorge serrée, les yeux mouillés,….. Mais quel « bonheur » de se dire que malgré cette séparation forcée, l’homme trouve de « l’énergie vitale » quelque part, qui sans angélisme ou « prêchi-prêcha » lui permettra à lui et à son fils de continuer à mener leur vie, sans haine, sans violence……


Et donc, un magnifique témoignage à mettre entre toutes les mains qui peuvent l’accepter !


"L'adoption"

publiée le 14 juin 2016


Scénariste : ZIDROU, Dessinateur : Arno MONIN, 1ère partie « Qinaya »

Encore une Bd qui nous prend par les tripes et comme par hasard, encore une BD scénarisée par Zidrou !


L’histoire sans doute assez banale, un couple qui après avoir tenté toutes les assistances médicales possibles pour avoir un enfant, part dans un pays d’Amérique latine victime d’un effroyable tremblement de terre. Cette catastrophe naturelle, fait un grand nombre de victimes et laisse un grand nombre d’enfants orphelins. La solution pour ce couple est peut-être là !


Effectivement, les choses vont vite, la famille et les amis s’apprêtent dans la joie à accueillir la « nouvelle famille ». Tous sauf un ! Le grand père. Cet ancien boucher indépendant ne comprend pas ! Il ne veut pas s’attacher à cet enfant, qui ne lui dit rien (ou qui lui rappelle trop de choses).


Quand la petite Qinaya, qui est belle à craquer, arrive, tout le monde tombe sous son charme et rivalise à qui pourra apporter le plus d’aide, de conseils, de réconfort, etc….. Tout le monde, non ! Le grand-père ne craque pas et reste insensible aux tentatives de séduction de la petite.


Mais les choses de la vie sont complexes, parfois un simple contretemps peut changer le cours de l’histoire d’une relation. Nous allons suivre, au jour le jour, l’évolution de cette relation entre ces deux personnages qui va aussi marquer leur évolution respective.


Est-ce pour autant que cela se passe comme dans un conte de fée ? Détrompez-vous, ce livre n’est que le premier épisode et que les deux dernières planches vous donnent vraiment envie de connaitre la suite, car c’est là que nous comprenons, que mine de rien nous nous sommes laissés emporter par notre « empathie naturelle » vis à vis des personnages.


Un grand coup de cœur pour cet ouvrage, tant au niveau du scénario que du dessin.


"Everything, everything"

publiée le 17 mai 2016


Pour son premier roman, Nicola Yoon nous gâte avec un livre déjà best-seller outre atlantique avec une histoire d’amour tintée de maladie et de mystère.


Madeline Whittier, 18 ans, n’a jamais connu le souffle du vent sur sa peau, l’odeur de l’herbe chaude en été, ou encore le plaisir de nager dans l’océan. Souffrant du syndrome de l’enfant bulle, elle est condamnée à rester dans un lieu sécurisé à l’abri du monde extérieur. Confinée dans sa maison avec sa mère et une infirmière à domicile, celle-ci mène une vie parfaitement huilée entre lectures, cours à domicile et soirées en famille. Jusqu’au jour où de nouveaux voisins vont arriver. Une famille avec deux enfants, dont Olly, 18 ans, qui va tout de suite intriguer notre protagoniste. Si le pitch initial fait penser à une simple histoire d’amour impossible, Everything Everything surprend à plusieurs égards. Tout d’abord sur la forme utilisée pour raconter l’histoire. Passant successivement de l’écrit classique, à l’échange de mails ou encore aux notes de l’héroïne du roman. Ensuite sur le scénario qui nous fait prendre des chemins inattendus. Nous sommes donc facilement emmenés dans ce roman et agréablement surpris par le déroulement de l’intrigue qui nous fait passer par tout un panel d’émotions. Une lecture agréable sous les rayons du soleil estival.


Après l’avoir lu, il vous faudra malheureusement attendre début novembre pour la sortie de son second roman “The Sun Is Also A Star”.


"Elvis Cadillac, King from Charleroi"

publiée le 01 mars 2016


Vous ne connaissez pas Nadine Monfils, alors vraiment lisez cette chronique jusqu’à la fin, (si vous la connaissez et que vous êtes pressé, je vous dirais simplement que son nouveau roman « Elvis Cadillac » est du très bon Nadine Monfils !)


Nadine Monfils est une artiste, auteure (déjà plus d’une cinquantaine de livres), réalisatrice et bien d’autres choses. Elle est belge et comme dans ses livres, elle partage sa vraie vie entre Montmartre (Paris) et Bruxelles.


Ses personnages, qu’elle parvient à nous rendre sympathiques, sont le plus souvent un peu (beaucoup pour certains), fêlés, décalés, écorchés vifs, loosers, paumés…


Nous avons l’impression d’être en « absurdie » où tout ou presque est possible et pourtant quand on y regarde bien, nous ne sommes pas si loin que ça de la réalité !


Dans ce dernier roman, dont l’idée lui est venue suite à la rencontre avec le sosie belge officiel de Johnny Hallyday, elle nous fait rentrer dans la vie ordinaire (ou pas) de « King from Charleroi », un sosie (ou pas) du grand « Elvis ». Il a, en tout cas investi dans l’apparence, les fringues, la banane et la cadillac. Il n’est pas tout à fait fou, bien au contraire, il sait qu’il n’est pas le « King from Memphys » mais c’est un fan et un fan ça respecte sa star. Sa vie est rythmée par les communions, kermesses et autres événements où on lui demande de faire son show, ses bières (nombreuses) et son chien « Priscilla ».


On y fera aussi la rencontre de sa mère, qui selon lui a été kidnappée de sa faute quand il était gamin et d’une kyrielle d’autres personnages tout aussi « givrés » les uns que les autres dans des styles différents.


Les grandes qualités de l’écriture de Nadine Monfils sont certainement d’être toujours à la limite de l’obscénité sans jamais y tomber, d’être sur le fil de la vulgarité sans se départir de sa bienveillance. Ce livre est truffé de références à d’autres écrivains, d’autres films ou d’autres situations burlesques.


Bref certains diront que c’est facile, moi je vous l’avoue j’en ai ri aux larmes et je trouve cela jubilatoire.


Nous aurons le plaisir de recevoir Nadine Monfils ce jeudi 24 mars de 18 à 20h dans notre magasin de Hannut pour une rencontre suivie d’une séance de dédicaces. Elle est à la hauteur de ses personnages et cela promet une avant-soirée pleine de surprises.


"Kyrielle Blues"

publiée le 09 février 2016


C’est avec plaisir que nous retrouvons Françis Danemark et Véronique Biefnot dans leur nouveau roman écrit à quatre mains : “Kyrielle Blues”.
C’est dans une ambiance musicale que ces deux auteurs nous emmènent à la rencontre de Nina, mère célibataire habitant à Bordeaux. Ils nous immiscent dans sa voiture qui remonte la France, en direction du Nord où elle a rendez-vous. Un de ces rendez vous dont tout un chacun se passerait bien, car c’est chez Antoine De Lavalle, notaire de son état, qu’on l’attend afin de prendre connaissance du testament de son père, Teddy, décédé depuis peu.


Un père souvent absent durant sa vie, qui par son testament, qui n’est autre qu’une kyrielle d’objets légués, nous retrace une partie de sa vie. Mais l’important n’est pas là, car après les nombreux souvenirs qu’évoque la liste de ses biens matériels, arrive la dernière partie du leg. Et c’est sous la forme d’un DVD, sur lequel sont enregistrés ses dernières paroles que Teddy va révéler le lourd secret qu’il a caché durant sa vie. Un secret qui va bouleverser plus d’une vie et leur faire prendre des chemins inattendus.


Après cette déclaration, on rentre dans une histoire qui nous fait passer par toutes les émotions. La tristesse du père disparu et trop souvent absent, la surprise devant la révélation des énigmes familiales, la colère envers ce secret trop longtemps tu. Mais aussi la joie des nouvelles rencontres et la découverte de nouveaux horizons, le bonheur d’être réunis, …. et en fin de compte, l’amour qui prend le dessus.


On observe avec bonheur les protagonistes qui évoluent au gré des révélations,des rencontres et des liens qui se tissent. On voit l’alchimie prendre au fil des pages et on s'attache à ces personnages si humains, balancés entre leurs émotions, leurs destins, et leurs envies de changer de vie.


On sort, et cela devient une habitude avec ces deux écrivains, avec le coeur léger et gonflé d’espoir, persuadé qu’avec un peu de bonne musique, le bonheur est toujours possible.


Ces deux auteurs V. Bienfnot et F. Dannemark nous feront la grande joie d’être avec nous lors de la soirée « Autour de l’amour » que nous organisons ce jeudi 11 février à 20h. Au programme, lecture de textes et présentation de leur nouveau livre, musique avec Grégoire Gerstmans (du blues), et bien d’autres surprises.


"Et dans la jungle, Dieu dansait"

publiée le 26 janvier 2016


(A.Lallemand; Ed: Luce Wilkin)


Après nous avoir emmené aux confins de l’Afghanistan parmi les insurgés talibans dans « Ma plus belle déclaration de guerre », c’est à présent dans la jungle colombienne en compagnie des ‘’FARC’’, que nous revient Alain Lallemand dans son nouveau roman « Et dans la jungle, Dieu dansait ».


Grand reporter au « Soir » et écrivain, il utilise le livre pour nous raconter des histoires justes et belles qui se déroulent au milieu de conflits qui ont lieu aux quatre coins de la planète et qui nous font réfléchir. Dans ce nouvel ouvrage, c’est une histoire d’amour qui nous permet d’explorer une des dernières guérillas encore en activité.


L’histoire démarre avec Théo, jeune wallon et révolutionnaire romantique, et Angela, une jeune militante franco-colombienne, dans un magasin de lingerie féminine, à la recherche d’un présent pour rencontrer la célèbre guérilla colombienne, les FARC (Force Armée Révolutionnaire de Colombie)*. Car c’est là l’objectif qui les anime tous deux. Théo pour les rejoindre et apprendre à leurs côtés, trouvant les militants européens trop timorés, Angela pour essayer de retrouver Martin, son ancien amoureux, qui a disparu.


Alain Lallemand nous signe ici le portrait d’une jeunesse révoltée, qui veut passer à l’action plutôt que d’attendre patiemment le changement. Il nous amène à voir la transformation qui s’opère chez ces personnages lorsque ceux-ci sont confrontés à la réalité et aux coups qu’elle inflige à leurs idéaux. Car de compromis en compromissions, pour faire face aux problèmes d’argent et autres, les actes révolutionnaires se transforment vite en assassinats, vols ou trafics de drogue. Et malgré tout, reste pour ces jeunes le besoin de changer un monde qui ne leur convient plus, par d’autres voies.


Nous sommes également emportés dans cette partie de la Colombie, entre la jungle et les immenses rivières, par une écriture précise et poétique qui nous permet de nous immerger pleinement dans ces magnifiques décors. Il peut arriver que, pris dans l’histoire et les descriptions, on entende le cri des oiseaux exotiques ou des crapauds cornus.


Un livre pour s’évader, réfléchir, s’émouvoir, et où entre les forces puissantes qui créent les conflits, se pose la question de l’humanité.


Nous aurons l’honneur d’accueillir l’auteur dans notre magasin de Hannut le 28 janvier à 20h pour une soirée riche en rencontres, débats et dédicaces.

*Connue notamment du grand public pour l’enlèvement de Ingrid Bettancourt, retenue en Otage de 2002 à 2008



De la bonne humeur pour terminer l'année !

publiée le 22 décembre 2015


Aujourd’hui, je vous propose trois livres à mettre sous le sapin si vous voulez entendre les rires des petits comme des plus grands.


Le premier n’est pas vraiment un livre, puisqu’il s’agit du troisième volet des ‘’Vieux fourneaux’’ intitulé « Celui qui part ». On retrouve avec plaisir notre trio de vieux préférés, Antoine, Pierrot et Emile, ce dernier occupant plus de place dans le développement de l’histoire. Nous allons par exemple enfin apprendre l’origine de ses fameux tatouages et connaître son passé. On retrouve également Sophie, la jeune mère célibataire, qui essaie de comprendre les vieilles rivalités qui existent dans le village. Comme d’habitude avec Lupano et Cauet, les deux auteurs, on rigole, on réfléchit, on est ému par tous ces personnages et ces histoires qui se mêlent et qui sont riches en émotions. Si vous ne connaissiez pas encore la série, précipitez-vous sur les numéros 1 et 2.
Lupano et Cauet « Les vieux fourneaux – 3. Celui qui part » Dargaud


Le deuxième livre s’adresse tout aussi bien au jeune lecteur qu’aux grands lecteurs qui ont encore leur âme d’enfant. « Par bonheur, le lait », écrit par Neil Gaiman et illustré par Boulet, raconte l’histoire incroyable, absurde et extraordinaire d’un père parti chercher du lait pour le petit déjeuner de ses enfants. Sur le chemin, il croisera des extraterrestres, des pirates, des dinosaures-scientifiques, des poneys et des piranhas. Une histoire déjantée qui fera rire et s’évader ses lecteurs, emportés dans les folies de l’auteur et aidé par les illustrations de Boulet.
Neil Gaiman et Boulet « Par bonheur, le lait », Au Diable Vauvert


Le dernier livre, un album pour enfant, a la particularité de ne contenir aucune image. Son titre est « Le livre sans image » et a été écrit par B.J. Novak. Ce livre commence par nous rappeler que dans un livre pour enfants, tout le texte doit être lu à voix haute. Tout le texte, sans exception. Et fait donc dire au lecteur plein de phrases absurdes et drôles, des chansons, des bruits et encore bien d’autres choses qui feront rire les enfants qui vous écoutent. Et vous finirez par demander à l’enfant de ne plus jamais lui lire ce livre car « celui-ci est vraiment trop dingo ! ». A mettre donc dans toutes les bibliothèques des histoires du soir pour les enfants qui veulent voir leurs parents dirent n’importe quoi.
B.J. Novak « Le livre sans image » Ecole des loisirs, collection Mouche


U4, pour 4 fois plus de plaisir !

publiée le 15 décembre 2015


Ma première chronique littéraire pour le Chouette magazine ne portera pas sur un livre, mais 4.


U4, un virus foudroyant a contaminé et tué 90% de la population mondiale. Les seuls survivants sont les adolescents entre 15 et 18 ans, ainsi que quelques adultes qui ont réussi à s’isoler complètement du virus. Jules, Kordiwen, Yannis et Stéphane font partie de ces survivants. Ils n’ont comme seul point commun que d’avoir joué à un jeu multi-joueurs sur internet, dont le grand maître leur a donné un rendez-vous à Paris pour tenter de sauver l’humanité en remontant dans le temps.


C’est le début de l’histoire imaginée par Carole Trébor, Yves Grevet, Florence Hinckel et Vincent Villeminot, les auteurs des 4 livres. Chacun traite d’un personnage de l’histoire, dont les chemins s’entrecroisent au gré des pages. On commence à chaque fois 3-4 jours après le début de l’épidémie, les protagonistes viennent de perdre leur famille, emportée par la maladie. Ils se retrouvent donc confrontés à un monde redevenu sauvage, où chacun lutte pour sa survie contre la faim, la soif, les animaux redevenus prédateurs, et les autres humains qui n’ont que rarement de bonnes intentions. Mais dans ce monde en perdition, on retrouve quand même de formidables moments de solidarité, d’amour et d’humanité décrits avec brio par ces différents écrivains. Dans ces histoires, on est pris dans un univers qui nous tient en haleine à tout bout de champ, chaque personnage étant sur un qui-vive permanent pour échapper au pire. On a aussi droit à son lot de scènes d’actions que ce soit avec les affrontements que vont se mener les différentes factions d’adolescents qui contrôlent un Paris dévasté ou encore les courses poursuites dans les égouts de cette même ville.


Ce sont donc quatre livres que l’ont lit avec plaisir, ou l’on découvre le point de vue de chaque personnage dans l’histoire et où l’on peut sentir le style de chaque écrivain ainsi que leur sensibilité. Quatre livres ayant leur fin respective et pouvant se lire indépendamment, mais où le plaisir de pouvoir mettre dans notre esprit toutes les pièces du puzzle l’emportera.


Un dernier plus pour vous convaincre de vous laisser tenter, ce sont 4 auteurs francophones qui ont écrit ces livres, et par les temps qui courent, dans les livres jeunesse, c’est assez rare pour être signalé.


Jules, de Carole Trébor - Koridwen de Yves Grevet - Yannis de Florence Hinckel - Stéphane de Vincent Villeminot. Syros - Nathan édition


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