Chouette Magazine

Philippe De Riemaecker

Philippe De Riemaecker

Chronique littéraire

Catégorie : Arts & Culture

Chroniqueur depuis décembre 2016

Buzet sur Baïse, la littérature belge vous remercie

publiée le 06 novembre 2018


Le projet littéraire de Buzet sur Baïse a ceci d'original qu'elle débute son salon par la projection d'un film en présence de personnalités surprenantes.  L'opportunité d'offrir un débat. (En 2017 Joseph Joffo pour « Un sac de billes », en 2018 le réalisateur Eric d'Agostino pour « La nef des fous »)


Un tapis rouge déroulé pour ses habitants, voici qui devrait mobiliser les foules mais, combien de Buzéquais sont conscients que depuis 2017 un événement à résonance internationale a vu le jour en leur honneur ?


Ce vendredi 28 septembre dernier, le cinéma de « Aiguillon » accueillait le scénariste et réalisateur Belge Eric d’Agostino. L’événement peut sembler anodin et pourtant !


Eric d’Agostino et son co-réalisateur Patrik Lemy  s’enfermèrent pour une période de deux ans dans l'annexe psychiatrique de la prison Belge de Saint Gilles. Les images que nous découvrirons n'ont laissé personne indifférent.  Le sujet est pénible et nous renvoie une image déplorable de ce que nos sociétés construisent pour étouffer ce qui ne lui convient pas.  Le film est révélateur, dur, mais pas insoutenable.  Il porte le mérite d’interroger nos consciences en dépassant le déni collectif qui s’identifie à une forme d’omerta.  Après tout, cette chape de silence semble arranger pas mal de monde.


Pour avoir assisté à la projection et aux débats qui ont suivi, bien que le réalisateur ait répondu sans détour aux questions du public, j'ai comme une impression fugace que le film ne l'a pas épargné.  Eric d'Agostino semblait épuisé, plus exactement, il n’est pas improbable que cette expérience l'a profondément marqué.  Rien ne vient étayer cette constatation, juste une impression, une forme de prémonition.


Sur la scène, le réalisateur était accompagné par celui que l'on pourrait définir comme étant le fil rouge du document : Chef Jean.  


Gardien Chef de l’annexe, ce dernier a partagé ses impressions et ses révoltes face à ce qui a été nommé comme étant, je cite, « les poubelles de nos sociétés ». Chef Jean qui apportera tout au long de sa carrière le maximum d’empathie à ces hommes enfermés parfois au nombre de trois.  Trois humains parqués dans une cellule de quelques mètres carrés, trois malades confrontés à la pathologie de ceux qui partagent la même cellule.  Inutile d’être expert pour comprendre que c’est une bombe à retardement mise en place par un système derrière lequel les acteurs cachent leurs responsabilités.


A sa sortie, le film fit forte impression au point qu'en Belgique le parlement se saisit du débat.  Les choses ont changé sans toutefois répondre au besoin de conscience collective.


C'est la seconde année que Buzet sur Baïse fait le pari de fusionner cinéma et littérature.  Pari difficile à tenir puisque nous savons que les budgets de la Culture ne répondent malheureusement pas aux besoins de la demande.


Deux projections suivies d'un salon littéraire.  La qualité était sans conteste au rendez-vous. Impossible de citer tous les auteurs, nous risquerions de commettre un impair. Nous saluerons toutefois Juliette Nothomb marraine de l'édition. La Belgique fut largement représentée malgré une grève annoncée au sein d'une célèbre compagnie aérienne.  Cette grève obligea les plus tenace à parcourir plus de 2000 kilomètre sur un W.E..  Bou Bounoider, Anne Libotte et j'en passe, furent le temps de quelques heures les ambassadeurs de la littérature Belge.


Ainsi, par cette ouverture d’esprit, le salon du livre de « Buzet sur Baïse » ouvre la porte à la culture sans frontière.  C’est important pour les artistes de savoir qu’un tremplin existe au rayonnement de leurs créations en dehors du cercle intime et donc limité de leur terroir.


Rome ne paie pas les traîtres

publiée le 09 octobre 2018


Juventus Thalmas se serait bien passé de ce réveil brutal. Centurion de son état, le voici au lendemain d’une « Orgie » face au questeur Caius Gallus qui sous les ordres de l’édile Marcus Papillus Laena, est venu lui réclamer le remboursement de ses dettes. Marié à une femme dépensière, il est parvenu jusqu’à ce jour à reporter les échéances de ses créanciers mais ce matin funeste, la ruine semble pointer son nez. Pas de chance, les politiciens ne sont pas éternels et quand survient un remplaçant incorruptible, les passes droits perdent en efficacité.


Que vont-ils devenir ? Vendus sur le marché aux esclaves semble l’une des options les plus probables.


Dans ce roman riche en rebondissements, Mathieu Paulo entraîne le lecteur en 147 avant Jésus Christ. Avec intelligence et passion, nous découvrirons les mœurs de ceux qui forgeront les civilisations sur lesquelles reposent nos coutumes contemporaines.


La « Pax Romana » n’est pas toujours perçue comme un cadeau des dieux lorsque certains fonctionnaires abusent de leur fonction pour détourner les lois.


La révolte gronde au cœur de l’Hispanie. Les Celtibères veulent se libérer du joug de l’envahisseur et pour ce faire, ils utilisent la ruse et des techniques de combats qui déstabilisent les indestructibles légions romaines.


La soldatesque plie devant une résistance organisée. Les légionnaires tombent par milliers et il faudra du temps pour que dans la capitale antique on prenne cette menace au sérieux.


Les rebondissements hypnotisent le lecteur et cerise sur le gâteau, l’écrivain semble s’appuyer sur une documentation pointue sans tomber dans le piège de la lourdeur élitiste. Tous les ingrédients sont réunis pour que la recette parfume nos plaisirs. Manipulations, trahisons, complots, héroïsmes, amours et tromperies brefs, une synthèse de ce que l’humain est capable d’offrir pour assouvir son addiction au pouvoir.


Mathieu Paulo par ce roman démontre que son rôle d’éditeur est l’aboutissement d’une passion qui repose sur l’expérience et le talent d’une plume joliment acérée. En toute honnêteté je ne m’attendais pas à découvrir un ouvrage aussi captivant. Ainsi, après avoir obtenu en 2000 le premier prix supérieur de piano « au royaume de la musique » (Radio France), il se lance dans l’écriture de thrillers historiques pour le plus grand plaisir des lecteurs (Le mystère Galilée & Le plan Darwin). Je ne saurais trop vous conseiller la lecture de « Rome ne paye pas les traîtres » - « Roma traditoribus non premia » car ce livre plus qu’un roman porte l’érudition de son sujet. S’il est un plaisir qui s’ajoute à celui de lire c’est celui d’abreuver sa Culture générale. Oui j’ai adoré le roman de Matthieu PAULO et la fin de l’ouvrage fut tout aussi frustrante que ces jours ou le crépuscule vient sonner le départ vers d’autres horizons. C’est comme s’il fallait quitter un paysage qui vibre par l’étendue de sa beauté.


Le privé sans visage

publiée le 04 septembre 2018


Rien de tel qu’un « Polar » pour agrémenter une journée sous le soleil du Midi de la France. Après plusieurs jours de travail intense, je me suis permis de m’offrir une récompense bien méritée. C’est décidé, une fois n’est pas coutume, je me saisis du roman de Dominique Edler avant de me diriger vers Narbonne Plage.


Envie de fainéantise, je n’avais d’autre intention que de me coucher sur le sable. Petite place à l’ombre, inutile de chercher le silence, ce dernier devient rare lorsque les vacances sont de saison. Je me demande par ailleurs ce qui pousse les humains à hurler plus que de raison lorsqu’ils se sentent heureux. Est-ce que le respect des autres ne fait plus partie de nos civilisations ? Sérieusement, je me pose la question.


Narbonne Plage en compagnie des écrits de Dominique Edler, la journée répondra-t-elle à mes attentes ?


Dominique Edler est né en 1951 à Bar-sur-Aube. Ancien enseignant, animateur radio (hm, hm), puis employé, il écrit depuis plus de trente ans. Auteur de plus d'une centaine de nouvelles de genres très divers: policières, satiriques, fantastiques de Science-Fiction et de genres divers, non publiés. Il faudra attendre 2010 pour qu’un éditeur s’intéresse à l’écrivain. Un an plus tard, le premier opus des enquêtes de Didier Rouque, un privé téméraire, est publié aux Éditions « Le Pythagore » Le livre que j’ai entre les mains porte le titre de « Le privé sans visage ». Livre d’actualité puisque la coupe du monde de football vient d’éteindre ses projecteurs, ne soyez pas impatient, vous allez comprendre.


Une jeune femme est poursuivie. Désespérée, elle quitte sa voiture et vêtue comme si elle se rendait à un rendez-vous mondain, gravit la montagne pour finalement tomber nez à nez avec le privé préféré de l’auteur. Rapidement, elle dévoile qu’elle possède une copie de tous les dossiers « secrets » de la FIFA. Une bombe qui risque d’éclabousser pas mal de monde, et nul ne s'étonnera de la présence de tueurs motivés qui lui colle au train, l’arrière de préférence. Heureusement pour notre héroïne et pour l'auteur, les chasseurs se montrent particulièrement maladroits.


Lecteurs, accrochez-vous, l’aventure est lancée et si vous manquez de souffle, il faudra vous y faire, l’auteur ne vous laissera aucun instant de répit. Tant pis pour les coups de soleil, j’en suis arrivé à oublier le tube de crème solaire et preuve qu’un roman policier peut être captivant, je n’ai guerre de regard pour les monokinis qui entourent l’emplacement de mon parasol.


Restons honnêtes, nous ne sommes pas en présence de l’œuvre de Victor Hugo, mais qu’à cela ne tienne, ce n’est pas non plus le but recherché. Dominique Edler possède le talent des narrateurs à suspens. Mélange de Simenon et peut-être d’Henry Verne il ne prend pas le lecteur par-dessus la jambe, bien au contraire.


Le récit est documenté. Il nous offre le plaisir des voyages au cœur de villes et villages et décrit ces derniers avec le sens du détail sans toutefois s'appesantir sur de trop lourdes descriptions. Le lecteur s'en trouve ravi. Je reste persuadé que certaines régions devraient récompenser ce genre de roman pour, par leurs écrits, les avoir mis en exergue. Jolie balade touristique menée tambour battant car, ne l’oublions pas, les méchants sont à la poursuite de la cliente de notre privé qui, ne gâtons pas notre plaisir, semble jolie. Au diable les fausses pudibonderies, osons reconnaître que nous aimons la beauté quand elle se présente... À propos de beautés, amateurs de voitures, régalez-vous.


En résumé, la journée s’est éteinte sans que je m’en aperçoive. La plage était déserte, le vent s’était levé et la dernière page me fit promettre de me jeter sur le prochain roman de Dominique Edler. S’attaquer à la FIFA en pleine coupe du monde, il fallait l’oser.


Petit coup de chapeau à la maison d’édition « Le Pythagore ». Le livre est agréable à tenir, le papier de qualité et le prix plus que démocratique.


La Dame de La Sauve

publiée le 17 juillet 2018


Probablement influencé par le côté « gamin » qui domine quelquefois ma personnalité, j’adore fréquenter les écrits qui touchent au « moyen âge » aux « croisés » ainsi qu’aux « templiers ». Il faut bien avouer que mon avis sur la question est certainement inspiré par la ville de Bouillon qui avoisine notre terroir, ville que l’on visite quelquefois en n’oubliant pas son château fort dans lequel sommeille la célèbre « Chambre des tortures ».


S’il faut le rappeler, Bouillon est le nom que portait le souverain du « Royaume de Jérusalem » qui refusa, au terme de la première croisade, le titre de roi pour celui de : «avoué du Saint-Sépulcre ».


Je ne puis m’empêcher de sourire devant ce « péché d’orgueil » faisant probablement partie d’une forme de propagande afin de justifier les crimes commis au nom de la souveraineté divine. La mort était souvent au rendez-vous et sous le soleil d'Orient, les infections trouvaient terrain favorable.


« La dame de La Sauve » est un roman, que dis-je, une sorte de machine à remonter le temps. « Sandrine Biyi » n’est pas femme à camoufler des vérités. Elle ne s’encombre ni de dogme ni de faux semblant, l’Histoire étant ce qu’elle est, tant pis pour la légende.


A quoi bon falsifier la réalité ? Les croisades n’ont pas toujours été glorieuses. C’était une boucherie, opportunité à tous les excès, combien s’en sont privés ? « Sandrine Biyi » possède le talent de tenir le lecteur en haleine. Elle utilise pour ce faire le choc des civilisations, la bêtise des rivalités et sait placer sa plume sur les zones sensibles, tant pis si ça gratouille à notre envie de confort intellectuel.


Brunissende naît à Jérusalem en 1108. Elle est la fille d’un Seigneur aquitain parti en Orient lors de la première croisade et d’une jeune femme médecin, Arabe de la dynastie des Abassides.


Une chanson paillarde façonnera le destin d’un Seigneur obligé de guerroyer pour obtenir indulgence d’une église décidément avare de complaisance; il fallait y songer. 


L’écrivaine jongle admirablement avec les destinées des acteurs qu’elle place sous nos yeux… L’ouvrage nous livre une merveilleuse histoire d’amour, mais pas que. Il nous fait ressentir les déchirements d’une jeune femme éduquée avec tolérance qui revient « au pays » en compagnie de son père.


Une « Sarrasine » qui monte à cheval comme un homme et qui plus est d’une rare intelligence, voici de quoi faire trembler l’église en son entier.


À propos d’intelligence, l’Auteure nous ‘rappelle l’air de rien’ que nos civilisations sont redevables à ces voisins qui font hésiter l’Europe. Pour ne citer que quelques exemples ; l’hygiène, la médecine, l’astrologie, les mathématiques et j’en passe.


Le père de Brunissende possède énormément de terres sur lesquelles une abbaye se construit. Oui, mais, le Seigneur qui revient reprend ses droits et chasse quelques ambitions camouflées sous de pieuses intensions.


Jolie plume, pour une histoire que l’on aimerait entendre racontée sous le halo des chandelles ou pourquoi pas, assis au coin d’un feu de bois. Je n’ai pas eu cette opportunité, mais le destin m’a offert un ciel radieux, brulant comme le serait un bon vieux four à pain.


De Brunissende j’en suis tombé amoureux ainsi que de son caractère entier. Amour platonique qui n’a rien à confesser, se confesse-t-on d’un rêve ? J’ai envié l’intelligence de son père qui a su construire cette complicité malgré les chagrins partagés. J’ai sublimé le choc de civilisations, des éducations. En d’autres mots, j’ai été séduit et je n’ai qu’une envie c’est de me jeter sur le second Tome. Mon Dieu, j’allais oublier de vous confier que cette histoire ne compte pas moins de cinq volumes. Pas de quoi vous effrayer, c’est passionnant.


La qualité de l’ouvrage ne provient pas seulement du don d’écriture que nous offre « Sadrine Biyi », il émane de sa passion pour l’Histoire médiévale que nous avions soulignée après la lecture de « Cathares » et pas que ; elle provient en grande partie de son regard honnête dépourvu de complaisance à l’égard de ce qui arrange notre vision des choses. Belle leçon d’histoire qui prête à la réflexion.


Parbleu ! Que l’on scelle mon destrier, les souffles d’Orient enivrent mes pensées.


Humana, au nom de la liberté

publiée le 03 juillet 2018


Après une série d’émissions réalisées dans le Sud de la France, j’avoue que je m’étais laissé submerger par un sentiment de lassitude. Fatigué je l’étais et le mauvais temps qui couvrait le paysage n’était certainement pas le meilleur allié pour m’aider à redresser le moral. Pour la première fois depuis de longues années, je me suis surpris à ne pas avoir envie de lire. Overdose probablement due à une série de lectures touchant à des thèmes extrêmes, noirs, déprimants et malheureusement dénués, en ce qui me concerne, de tout intérêt. Je ne suis pas psychologue, faut-il le rappeler?


J’en étais arrivé à remettre en question les raisons de mes chroniques. Qu’est-ce qui m’arrive ?


C’est dans ce contexte un peu particulier que je me suis saisi d’un livre envoyé depuis de nombreuses semaines par la maison d’édition « Académia ».


L’auteur, Yves Terrancle, avait droit aux plus mauvaises conditions ; « le chroniqueur était de très méchante humeur. » Faut-il que roman soit réussi pour avoir réussi à capter toute sa concentration.


« Humana » est un roman (vraiment ?) qui nous entraine sur les traces d’un jeune esclave noir. Un livre qui nous crayonne l’histoire d’une période dans laquelle les « ébènes », dans certaines régions, étaient assimilés à la catégorie « bétail » curieuse comparaison quand on sait que les propriétaires avaient peur d’une révolte toujours possible. Il m’est difficile d’imager un troupeau de bétail se lever en rebellions, et pourtant, l’humanité est ainsi faite ; c’est le paradoxe que nous offre l’aveuglement face la rentabilité. L’argent n’a pas d’odeur, c’est faux, il pue trop souvent pour qu’on le remarque encore.


Voici un roman joliment écrit. Le narrateur, « Ted Forman » citoyen « noir » des « États-Unis d’Amérique » nous raconte le destin d’un homme qui s’est battu pour obtenir la liberté de ses semblables. Cet homme se prénommait « William Stendford », en Afrique on l’appelait « Humana ».


J’ai adoré ce livre, je l’ai adoré pour la simplicité avec laquelle l’auteur accroche son histoire. On se croirait transporté au cœur des paysages qui englobent les protagonistes au point de devenir à leurs tours personnage du roman. Traité sans lourdeur, le sujet aurait pu se refermer comme un piège à l’écriture. Aurait pu, mais ne l’a pas fait grâce ou à cause d’un auteur qui réussit à capter l’attention. Le récit captive, j’en avais besoin.


S’il fallait être critique, je me permettrais de poindre une ou deux phrases légèrement trop longues. Bagatelle et pas bien méchant, un détail qui n’enlève rien à la qualité de cet ouvrage.


« Humana » fait partie de ces livres qui sont compagnons précieux. Ne me faites pas dire que je compare « Humana » à « La case de l’oncle Tom », il n’y a pas d’analogie si ce n’est le thème de l’esclavage. Bien que ? Les deux ouvrages nous parlent d’une période pas si lointaine, une période durant laquelle une partie de l’humanité déshumanisait la seconde en raison d’une couleur de peau. Étrange d’appeler un homme noir, homme de couleur, quand on se souvient que le noir n’en est pas une, le blanc non plus d’ailleurs, le paradoxe méritait d’être souligné.


« Humana » , à lire sans modération. Écriture simple, accessible à tout public et si je me permets de souligner cette qualité c’est que je sais que la simplicité requiert un travail d’écriture si l’on ne veut pas tomber dans la banalité...


Je ne suis pas Fernand

publiée le 19 juin 2018


Pour un troisième ouvrage, Fabrice GUITIERREZ n’a pas choisi la facilité et pourtant ! Il ne faudra que quelques lignes pour que l’histoire nous aspire au cœur d’une polémique.
En terminant « Je ne suis pas Fernand » je puis dire, sans me tromper, que Fabrice Guitierrez a réalisé une œuvre qui pourrait devenir « référence » pour toute vocation à l’éducation.
Il fallait oser, il fallait également le talent pour le faire.


Comment approcher ce roman sans dévoyer l’histoire ? Si je vous dis « homosexualité », je trahirais le texte. Si j’approchais le sujet en vous parlant de la Grande Guerre (1914 – 1918) je ne suis pas certain que la thématique décrirait l’ouvrage avec exactitude. Alors quoi ? Alors, permettez-moi de prendre mon élan afin de vous parler d’une œuvre qui mérite plus qu’une lecture. Serais-je pompeux si je soulignais que l’écriture porte la réflexion sur notre condition humaine, sur ce que nous aurions pensé ou fait à la place des figurants ? Vous l’aurez compris, ce livre ouvre le débat sur une thématique d’Histoire, mais pas que, car il me semble qu’il nous plonge en pleine actualité. Voici de quoi titiller nos consciences, notre approche de ce que le mot « tolérance » signifie à nos yeux et surtout jusqu’où cette ouverture d’esprit est capable de nous mener.


Professeurs, ouvrez vos cahiers et si vous l’osez, lancez le débat…
Si le livre vous semble mince (160 pages) je dois avouer que « Je ne suis pas Fernand » m’a séduit tant par le sujet que par l’écriture. Une plume qui manie la simplicité, ce qui à mon regard est preuve de maturité. L’écriture incisive se marie à la personnalité de l’auteur. Pas que ce dernier soit désagréable à fréquenter, mais ce genre d’écriture permet de ne pas nous encombrer de détails inutiles. « straight to the point » nous apprennent les anglais… Je suis adepte de cette définition.


Alors ? Imaginez que vous n’êtes qu’une adolescente et que sous l’ombre de la mobilisation se dévoile votre étrange sexualité. C’est une époque difficile pour ceux qui portent le fardeau de la différence surtout, lorsque l’on réside loin de Paris, loin de l’exubérance de certains artistes qui peuvent se permettre la provoque sans se soucier du regard des voisins. Comment assumer cette particularité au cœur de la France profonde ? C’est une situation compliquée, d’autant plus difficile qu’un jeune de la région s’est vu… (Chut ! lisez le livre, vous comprendrez.)


M

atricule 1404/1305 sera celui du soldat Lafforgues Morgan. Était-ce un choix ? Fuir l’imbécilité des hommes, leurs jugements, leurs fantasmes et ne trouver que l’armée comme issue à sa détresse. Car oui, Morgane se fera passer pour un homme et s’engagera en tant que tel pour affronter les tranchées et les horreurs de l’inhumanité.
Un joli roman qui se lit avec plaisir. Pas de lourdeurs, pas de longueurs, un juste équilibre qui nous porte à nous interroger. Ce n’est pas que l’auteur se veuille donneur de leçon cependant le thème ne peut laisser indifférent.
Qu’aurais-je fait si, en 1914, ma fille m’avait dévoilé son homosexualité ? Que ferais-je aujourd’hui si l’un de mes enfants m’annonçait sa préférence pour le même sexe ? Certes je l’accepterais, mais si je voulais être honnête, oserais-je jurer qu’à défaut d’en être blessé je ne serais pas égratigné ?


En ouvrant « Je ne suis pas Fernand » je vous avoue avoir cru que l’auteur allait s’y casser les dents. J’avais ouvert mon esprit à une écriture banale et mal m’en a pris… Une histoire racontée juste comme il le faut. Un écrivain qui ose ouvrir des portes alors que le gardien prétend en avoir perdu les clefs. L’humain se transforme parfois en bête féroce, l’auteur l’a bien compris et préfère caresser une certaine humanité, bien que ?
Pas de lien entre ce dernier roman et ses précédents ouvrages ? Pas certain, car dans toute ses publications Fabrice Guitierrez pousse un cri déchirant au nom de ceux à qui l’on demande de la « fermer ».
J’ai lu « Garance » j’ai lu également « Elle pleure encore »… S’il fallait prétendre une préférence entre les trois romans de Fabrice, sans hésitation je choisirais « Je ne suis pas Fernand ».


Je viens de loin

publiée le 05 juin 2018


En préparant une série d’émissions que nous devions enregistrer en public dans la commune française de Sauvian, je me suis demandé comment aborder l’ouvrage de Mathilde PLANCHON.


Ce n’est pas tant son recueil de poésie qui me posait problème, car ce dernier, admirablement écrit, méritait d’être mis en exergue. Le problème est que, quand je prépare une rencontre, je pose ma réflexion sur le contenu des ouvrages ne prenant le Curriculum Vitae des invités qu’en fin de préparation. Certains diront que c’est une erreur, je ne crois pas, je pense que le contenu est le critère majeur d’un choix de chronique plutôt que le nom du créateur. Je reste convaincu qu’en inversant cette manière de faire, se perdrait une part d’objectivité en écartant peut-être des œuvres sur une série de détails qui n’ont rien à voir avec la raison de mon travail.


Alors, pourquoi tant de questions après avoir découvert la femme qui se cache derrière le joli prénom de Mathilde ?
Mathilde Planchon pourrait devenir la porte-parole de nos différences. Trisomique, elle illumine nos yeux par le simple glissement d’une plume. Pas d’artifice, l’encre brute déposée avec finesse.
L’égo ne fait pas partie de ses aspirations, elle utilise les mots pour le plaisir, comme un jeu, se moquant du regard des autres. Rude leçon de vie pour un monde, celui de la littérature, ou les orgueils s’envolent parfois au-delà de la déraison.


Comment approcher une auteure en évitant de la placer en difficulté, tout en refusant la condescendance ou, ce qui me semble plus condamnable, faire preuve de démagogie. Ne pas utiliser la différence pour seule raison d’essayer de créer l’audience. Difficile je vous l’accorde, mais comme le disait si justement l’écrivain « Cyntiade », il faut faire confiance aux rencontres et au destin.


L’interview se déroulant dans les environs de la ville de Béziers, j’avais invité ma consœur Virginie Rouquette (radio Ciel bleu), une chroniqueuse que j’apprécie par la sensibilité et surtout, le professionnalisme. Heureux choix, l’analogie de nos sensibilités fera qu’ensemble nous pourrons nous épauler sans pour autant, chercher la facilité. Échange de regards avant d’inviter l’intervenante, je compris que Virginie cherchait son équilibre. Le micro tremblait un peu au creux de sa main, et son jumeau dansait de la même manière au creux de la mienne. Je dois vous avouer que j’avais un peu la trouille…


Pourquoi ne nous apprend-on pas à donner la main à ceux qui parfois nous surpassent ?
Nous ne le savions pas encore, nous allions vivre des instants particulièrement émouvants. Sans réellement se concerter, nos questions se sont posées telles qu’elles l’auraient été face à n’importe quel écrivain. Nous avions ses écrits, nous les apprécions, il suffisait de changer de rythme sans toutefois favoriser l’intervenante.


Je garde de cette aventure le souvenir d’une rencontre d’exception. J’en garde de l’amertume quand la maman de Mathilde nous confia les rudes batailles à mener pour que les portes s’entrouvrent. Ils ne demandent pourtant pas grand-chose, juste une petite place pour que Mathilde puisse déposer ses œuvres.


Un jour, nous raconte cette femme, une bibliothèque organisait une lecture publique. La maman téléphone pour y inscrire sa fille. Embarrassée, la préposée rétorque qu’ils n’acceptent que des auteurs publiés. Pas de chance pour cette excuse bancale, Mathilde a été publiée. Après quelques hésitations, Mathilde reçoit l’autorisation de participer à une lecture publique. Heureusement, mais la leçon fait mal à la Culture.


Nous avons invité Mathilde à nous lire l’un de ses textes, elle nous a souri, tâtonnés dans le choix qu'elle désirait être en harmonie avec l’instant. Sa voix nous a ouvert les portes de l’émotion. Le public qui assistait à la lecture ne cachait pas son bouleversement. Ce n’était pas la différence qui touchait, non, j’ose ne pas le penser, mais les mots, dieu ! que les mots sont beaux !


Voilà, c’est tout, il n’y a rien à ajouter si ce n’est que parfois le temps s’envole. Dans ce cas précis, je lui offre l’espoir qu’il porte les semences pour qu’une artiste soit honorée comme il se doit.


Les ornières inégales

publiée le 08 mai 2018


Ce livre a trainé de ci de là avant de pointer sa couverture sur le bord de mon bureau. Je finirais presque par croire que certains ouvrages ont le don de se faire désirer. Quoique que, comment aurait-il pu jouer sur ce sentiment puisque j’ignorais qu’il m’attendait gentiment au sein de la rédaction ? Un rapide coup d’œil et me voici pris au piège d’un texte particulièrement bien construit. Le quatrième de couverture commence par ces mots : « C’était un petit bistrot perdu, à Bruxelles, il y a bien longtemps. ». Inutile d’écrire que l’écrivain est passionné d’histoire, on le devine par le destin qu’il offre à ses personnages. Fiction ? Je ne le crois pas, cette prémonition sera confirmée en fin d’ouvrage pour mon plus grand plaisir.


Ce roman mérite d’être parmi les prochains « Best Sellers ». Ce titre cependant ne dépendra en finale que de l’accueil que lui réserveront les lecteurs, mais pas que, encore faut-il que les librairies reçoivent l’ouvrage comme il le mérite et lui offre une place de choix.


Bruxelles est occupée par les Allemands, certains s’en accommodent, d’autres résistent et deux amis, après avoir légèrement trop bu, décident de saccager la permanence de « REX ».
Des destins qui se chevauchent, des vies qui s’entrecroisent et si vous apportez une pincée de suspens, ne vous étonnez pas d’être aspiré par le récit. Nous fréquentons les bureaux de la Gestapo, avenue Louise (Bruxelles), suivons le cheminement d’un fuyard décidé à rejoindre Londres pour éviter les conséquences d’un acte irréfléchi. Au fil des pages, nous côtoyons un jeune juriste américain et j’en passe. Un saut de mouton qui nous conduit à suivre des acteurs qui n’ont d’autre choix que d’accompagner le mouvement d’un cataclysme mondial. Des années de vie volées, mais également une période qui aidera les plus chanceux à rebondir en fonction des circonstances. L’auteur ne porte aucun jugement, il raconte et il le fait admirablement bien. Je ne vous cache pas l’impression de retrouver une influence venue en droite ligne de l’école « James Follett », why not ? Pas le temps de s’ennuyer, l’aventure nous porte, nous emporte et comme dans tous les romans bien achevés, nous ne pouvons-nous empêcher de nous identifier aux protagonistes, car ils ont le don de nous apporter le miroir de nos faiblesses, de nos tendresses. J’ai adoré découvrir Bruxelles sous cet autre regard. J’ai aimé voyager de Lille vers Bordeaux. Frémi sous les plafonds de Breendonk en me souvenant qu’en Belgique nous avions notre camp de concentration. L’Histoire mélangée aux histoires, les anecdotes qui nous reviennent en mémoire et que nous avions peut-être occultées…


À propos de destins, celui de l’occupant n’est pas à négliger, au contraire. Nous découvrons que les méchants peuvent s’avérer gentil, qu’ils subissent parfois ce que la vie leur impose et pourquoi pas, d’une certaine manière résistent devant l’aveuglement populaire. Certes, ce ne sont pas des anges, juste des humains qui refusent parfois ce que le système aimerait leur imposer.



Effets papillon en noir et blanc

publiée le 27 mars 2018


Entre vous et moi, en terminant « Effets papillon en noir et blanc » je me suis demandé si je ne venais pas d’effleurer un sujet de la plus haute importance. Un titre joliment choisi pour aborder l’histoire d’un « Sans-Papier ». J’avoue qu’en abordant cette thématique, avoir eu une pensée mauvaise en songeant que les auteurs faisaient peut-être preuve d’une forme de démagogie. Rapidement je me suis détrompé. Voici un « roman » qui semble, à mon avis, très proche d’une surprenante réalité. Non, même si mon travail me pousse parfois à le faire, je n’ai pu lire ce livre en une simple diagonale. Comment détacher mon attention d’un écrit interpellant, d’une fiction qui se base sur le tristement banal. Les mots hurlent les confidences des auteurs qui décrivent les absurdités d’un système, le nôtre. Aberrant, inhumain, et pourtant, cette société nous appartient, façonnée par notre ignorance et sur laquelle, sans le moindre doute, les générations à venir se poseront des questions auxquelles nous aurons probablement du mal à répondre.


Le livre est un roman, mais pas que, je ne puis le croire, les mots ne sont pas neutres et dévoilent des vérités qui m’ont donné la chair de poule. L’histoire aborde plusieurs sujets. Un père autoritaire, probablement blessé par un veuvage inopiné et qui ne sait plus très bien comment gérer l’amour qu’il porte à ses enfants. Amour maladroit qui voudrait protéger, mais en raison de son omniprésente obsession, le conduira à la catastrophe des gestes maladroits… La rencontre avec un « Sans papier » et une femme assoiffée de maternité est une idée redoutable. Elle, refoulée par la vie, par les blessures qu’un amant de jeunesse a occasionné en raison de l’autorité du père, encore lui, l’aveuglement d’un géniteur qui tremble peut-être de devoir apprivoiser une possible solitude, que sais-je encore ? Et puis, il y a cet avocat véreux. Cet homme qui a compris le bénéfice qu’il pouvait tirer de la situation quand un « demandeur d’asile » qui deviendra « sans papier » requiert une aide « Pro-Deo ». Je me suis demandé s’il était possible qu’un représentant de la loi puisse agir de la sorte. Est-il possible de pousser le cynisme en profitant du désarroi des uns pour s’abreuver aux mamelles du système ? Est-il possible qu’un homme assermenté n’hésite en aucune manière à faire prendre des risques inconsidérés à ceux qu’il est pourtant chargé de défendre. Oui, il existe de telles attitudes et si les médias dénoncent avec raison les passeurs, ils devraient se pencher sur ces mafieux en col blanc qui fréquentent parfois les projecteurs pour déclarer, la larme au coin de l’œil, qu’ils sont présents pour défendre ceux qu’ils exploitent en coulisse. Sauf que, sous la table, les mains se tendent, réclamant des honoraires en se gardant bien de signer un reçu. Heureusement, ils sont exception, mais comme vous le savez, placez un mouton noir au centre d’un troupeau et vous ne remarquerez que cette anomalie.


« Effets papillon en noir et blanc » me semble incontournable. Il l’est par le regard que portent les auteurs sur l’actualité. Peu importe notre avis sur la question, ce témoignage mérite notre attention. Il ouvre le débat sur les raisons profondes qui poussent nos sociétés à agir d’une manière ou d’une autre. Suivre le destin de quelques-uns, c’est faire preuve de résistance. A quoi ? À l’injustice, à ce que l’histoire aurait dû nous apprendre. Rompre avec l’omerta, c’est se détourner des lâches, c’est également s’il faut le préciser, assumer notre devoir.


Retrouvez Philippe De Riemaecker sur 106.5 Passion Fm, sur R.C.F et sur TV-Passion


Un marathon, ça se prépare

publiée le 06 mars 2018


Cette fois, c’est parti… Le Marathon littéraire, saison 2018, est sur les starting-blocks. Au moment où vous lirez cette rubrique, les portes de la Foire du Livre de Bruxelles se seront refermées. J’imagine que l’événement restera marqué dans ma mémoire puisqu’une rencontre est prévue avec les papes du fantastique « Frederick Lyvens » et son cicérone « Graham Masterton », brrr, préparons-nous à trembler. Si les 3 et 4 mars prochains vous désirez célébrer « Les femmes », vous pourrez me retrouver au Salon « Elles se livrent » ou j’aurai le plaisir d’interviewer en public quelques auteurs de chez nous. Si pour l’occasion vous veniez à Braine-l'Alleud, vous y serez agréablement reçus. De grandes plumes seront présentes et accessibles en toute simplicité. L'événement vous plongera au cœur du thème de l’année : La Namibie. J’y serai présent en studio en présence du "Chouette Magazine". Si vous passez me voir, vous recevrez peut-être l’un de nos cadeaux en vous présentant avec cet article.


Sans reprendre notre souffle, un bon de 1200kilomètres vers le sud de la France. Souvenez-vous, en 2017 les auteurs belges s’étaient remarqués au Salon International du livre de Mazamet. Six écrivains belges avaient fait le déplacement et Patricia Fontaine se voyait couronnée par le Prix Roman tandis que Perrine Peeters était nominée au même prix. J’avoue qu’en qualité de témoin de l’événement j’en avais été particulièrement ému et, disons-le sans détour, fier des plumes de nos régions. En 2019, si mes renseignements sont exacts, la Belgique sera à nouveau joliment représentée et d’après mes sources, leurs écrits ne sont pas passés inaperçus… Surprise, je vous réserve la primeur du palmarès 2018 puisque Chouette Magazine sera présent comme il le sera dans de nombreuses manifestations littéraires.


Petit saut sur Carcassonne pour rejoindre les estivales de Malepere. L’événement se déroule sur une semaine, invitant conférenciers et scientifiques à présenter les fondements de la science. L’humain y retrouve sa place, et comme attendu, les sciences humaines font partie des débats. Une semaine enivrante pour l’esprit et clôturée par un Salon du Livre des plus intéressants.


Les incontournables que je me permettrai de vous citer dans le désordre. Montcuq en Quercy, qui côtoie le marché du dimanche organisé par l’artiste Stéphane Ternoise. Rocamadour que je vous recommande chaleureusement en vous invitant à y inclure une journée touristique pour visiter la cité.


Le Salon du livre de Rocamadour se déroule en plein air, sous les chênes, généralement le premier dimanche de septembre. C’est chaleureux et l’ombre de la cité médiévale offre un cachet unique en son genre. J’aime ce Salon, je l’aime pour la simplicité des organisateurs et ce « je ne sais quoi » qui ouvre les portes à des rencontres inattendues.


Mon Dieu, j’allais oublier le coup de cœur, le Salon du livre de Buzet sur Baïse… Coup de cœur ? Oui certainement, car, pour sa première édition en 2017, les organisateurs se sont permis de mélanger les genres en offrant deux soirées cinématographiques suivies chaque fois par un débat. C’était l’occasion de saluer Joseph JOFFO et l’incontournable Chantal Figuera Levy. Je ne vous essoufflerai pas en citant toutes les manifestations littéraires dans lesquelles nous serons présents. Départ depuis la Belgique, arrêt sur la France, petit bond vers Genève pour revenir en France, participer au Salon de la Province qui se déroule à Genval avant de clôturer l’année par Charleroi et enfin Mon’s Livre que je salue et qui porte mon admiration. Le Canada ? Hm hm, c’est encore un secret et bientôt, pourquoi pas, petit détour par l’Afrique.


Un Marathon, je vous l’avais bien écrit, mais en compagnie du « Chouette », ce n’est que du bonheur.


Que pourrais-je vous souhaiter?

publiée le 09 janvier 2018


Une renaissance en communion avec la lumière qui nous revient, une année 2018 extraordinaire, que souhaiter qui ne fleurisse du banal ?
Une galaxie dans laquelle brillent les mots issus de nos plumes et pourquoi pas, exprimés par ceux qui les lisent, ceux qui jouent nos histoires. Une sorte de feu sans artifice, mais qui s’illumine tout de même en colorations surprenantes sans l’explosion qui l’accompagne, terrorisant la sauvagine qui ne comprend rien à ce besoin de bruyance extrême. Ah, qu’ils sont assourdissants nos bonheurs populaires ! Est-ce pour inoculer nos peurs que l’on affiche une joie excessive en cette courte période ?


Je vous souhaite l’insaisissable, la folie, la différence également.
Je nous souhaite un monde dans lequel les sans-abris montent sur scène, sortent de l’anonymat et sont salués par une explosion d’applaudissements, ovationnant le courage qu’ils démontrent en survivant au cœur d’une société aveuglée par trop de paillettes et de mirages stériles.


Oui, je vous souhaite le rêve, celui qu’ose approcher l’enfance… Les fantasmes également, les mains amicales qui se rejoignent et le don de fuir les esprits chagrins.
Je vous entraine vers le miracle, celui que d’aucuns prétend impossible sauf, Peter Pan et les enfants perdus… Même si le ciel est gris, regardez là, tournez la tête, ouvrez vos regards… Vous le voyez cet arc-en-ciel qui brille plus qu’à l’ordinaire ? C’est celui de votre imagination, celui grâce auquel les êtres reconnaissent que l’espoir fait partie du monde.


Merveilleuse année 2018…


"Novaya Era" par Martine Roland

publiée le 21 novembre 2017


C’est toujours agréable d’être aspiré par la lecture d’un livre quand la qualité de l’écriture et le déroulement de l’histoire vous font oublier votre dose de pessimisme quotidienne. Laquelle ? Celle que nous partageons ensemble par ce petit coup de blues savamment dilué par le biais des infos de 19h30. Besoin d’évasion ? Peut-être ou peut-être pas… On pourrait qualifier cette attitude par une forme de résilience, la volonté de sourire d’un rayon de soleil ou plus simplement, s’offrir la richesse d’une discussion. Bref, c’est toujours ainsi que l’esprit se dérobe quand confronté à la couverture d’un nouveau roman, il s’interroge sur la capacité de l’écrivain à séduire ou au contraire, si la plume ne s’exprimera que pour le regard de quelques initiés. J’adore ce flottement qui précède la lecture d’un nouveau livre.


En ouvrant « Novaya Era » de Martine Roland, au risque de paraître condescendant, j’avouerai je n’étais pas d’humeur à me laisser duper, pas trop facilement. J’avais envie d’un ouvrage qui me fasse rêver, qui m’emporte et qui refuse de se laisser dominer par la nuit qui vous propose de clore les paupières. Je n’allais pas être déçu. Martine Roland semble éprise de destins hors du commun. Elle parle d’amour avec une telle justesse que l’on comprend rapidement que ce sentiment porte les élus jusqu’aux extrémités, les plus belles, avant de rebondir au risque d’approcher le gouffre des désespoirs intolérables. Comment décrire une écriture sans se vautrer dans la banalité ? Une femme, syndicaliste, quitte son époux pour un voyage en Lettonie. Dans ses bagages, elle porte le deuil de son enfant et l’essoufflement de son couple érodé par les événements. Un séjour de courte durée pendant lequel rien ne devait la surprendre en dehors des paysages et des monuments incontournables. Sauf qu’au coin de l’aventure, l’amour jaillit comme un déferlement.


L’histoire pourrait s’essouffler rapidement, ce serait sans compter sur la féconde imagination de l’auteure. Voyage initiatique, illusion de croire à la jeunesse éternelle et la découverte d’une passion dévorante même si, consciemment ou inconsciemment, les protagonistes de l’histoire savent qu’ils se dirigent vers une impasse. Les symboliques, pour ceux que cela intéresse, sont nombreuses. J’avoue ignorer si c’est la volonté de l’écrivain ou plus simplement l’expression de son subconscient. Qu’importe et au diable les analyses stériles, me vient l’envie de vous parler d’un livre, d’une auteure et de la qualité de son imagination. Une plume réservée parfois, incisive comme il se doit, qui nous dépeint des peuples presque voisins et sait doser les émotions en élaguant les mots qui ne servent à rien.


Parler d’un titre en approchant l’auteure, ce serait peindre Pollux en ignorant son jumeau. En terminant « NOVAYA ERA », je n’ai eu qu’une envie, celle de me procurer « C’est un secret entre nous » paru aux éditions « Memory ». Autre roman, autre découverte et pourtant ! La thématique approchée : « L’inceste maternel» aurait pu détourner ma pudeur. Martine nous emporte dans les méandres d’un assassin en devenir. J’avoue avoir été troublé par le contenu de cette œuvre surprenante. Comment arrive-t-elle à se placer avec une telle sensibilité dans la tête de ses personnages ? Cache-t-on une part de son vécu ? J’imagine que non et c’est à partir de cette conclusion que je me permets d’affirmer que Martine Roland mérite nos regards. Martine Roland, auteure Brabançonne à qui j’ose prédire un avenir prometteur.


"Les Parricides" par Sabine Dormond

publiée le 24 octobre 2017


Sabine Dormond nous confie une habitude, celle de nous faire découvrir chaque année un nouvel ouvrage pour le plaisir de nos mirettes. L’écrivain : sacrée bonne femme guidée par une énergie hors du commun, est toujours prête à détourner son chemin s’il faut manifester pour une juste cause. Pour la petite histoire, Sabine fut longtemps à la tête de l’association Vaudoise des écrivains (AVE). Vous l’aurez traduit sans peine, Sabine nous vient de Suisse. J’adore ce pays, j’adore les plumes qui fleurissent sous l’ombre des sommets vertigineux. Ah ces montagnes ! Incontournables témoins de ce que la nature peut accomplir quand lui vient l’envie de décorer la terre de quelques ridules qui nous rappellent à l’humilité.


Bien que Sabine publie chaque année un nouvel ouvrage, je ne me souviens pas de l’avoir invitée à partager cette chronique. J’entends d’ici des propos qui parlent d’injustice et je ne puis que leur donner raison, car l’écriture de Sabine mérite d’être mise en exergue.


Par ce titre, « Les Parricides » on est en droit de s’attendre à un drame ou s’entremêleraient le sordide et le policier fiction. Il n’en est rien, au contraire, attendez-vous à de l’inattendu. En quelques lignes à peine, nous voici portés à croire que le monde qui nous entoure s’est échappé pour laisser l’imagination de l’écrivain nous prendre par la main… Je pourrais vous décrire l’histoire, mais je n’ai pas envie de commettre l’erreur de vous subtiliser ne fût-ce qu’une infime partie du plaisir de sa découverte. Sans réserve, je le conseille. Une histoire rondement menée. Une fiction dans laquelle le destin se fait surprendre par une auteure de qualité. Le livre n’est pas volumineux, il se lit facilement, pardon, il se dévore avec avidité. Inutile de préciser que l’auteure semble apprécier les jeux d’échecs, c’est peut-être de ce détail qu’elle tire son talent. C’est qu’elle en déborde de ce sacré talent. Elle tisse une trame destinée à nous manipuler, nous mener à aimer les protagonistes de son imagination y compris les pas beaux, les lâches à qui l’amour fut confié et qui n’ont pas compris que le plus grand plaisir est celui qui se partage. Un livre condensé dans lequel quelques leçons de vie se découvrent « l’air de rien » et tant pis si quelquefois on se retrouve parmi les méchants, après tout, c’est surtout ça la vie, la vraie, celle ou rien n’est blanc comme on aimerait le croire. Soulevons nos masques savamment maquillés, nous en aurons la preuve. Non, je ne dévoilerai pas les propos de ce livre. Inutile d’insister, je ne vous dirai rien ni sous l’agacement des supplications ni sous la torture (bien que pour cette dernière je retire mes propos). Sabine Dormond pour vos écrits je ne regrette pas les années qui passent, au contraire, je m’impatiente de vous lire très bientôt et tant pis si pour ce plaisir le prix à payer se compte en saisons.


"Parfois les enfants pardonnent" par Isabelle Mercier

publiée le 10 octobre 2017


Isabelle Mercier, Infirmière de profession et romancière pour notre plus grand plaisir Un peu de mal devant la première page d’un livre que j’imaginais, à tort, un peu « Psy ». Pff, j’avais envie d’autre chose. Marre de porter le poids des destins tragiques, des vies étiolées, des yeux déchirés par l’absence de rires. Comme bien souvent, les aprioris s’épuiseront par le plaisir d’une lecture intéressante. Je me souvenais du premier roman de l’auteure, « dernières notes ». Déjà, ce premier livre m’avait séduit tout en douceur. J’en conviens, ce livre demande probablement plusieurs lectures, car, comme pour toute œuvre élaborée, l’artiste utilise son talent afin de mettre en place différents niveaux de perception. Dans « Parfois les enfants pardonnent », Isabelle Mercier nous propose d’observer une famille confrontée aux origines de son implosion. Un homme quitte sa femme parce que sa maîtresse attend un enfant. On aurait pu en rester là, sauf que ! Arrivé à la dernière étape de sa vie, le père « déserteur » essaye de renouer avec ses descendants, les premiers, ceux qui sont nés de l’officielle, ceux qui portent la blessure de ce qui ressemble à une trahison. Renouer ? Un mot galvaudé quand les heures qui portent votre avenir ne se comptent plus, puisque devenues bonus. Il y a donc urgence et comme l’exprime si bien le titre, c’est l’espoir de pardon qui joue sa dernière manche.


Suivre Isabelle Mercier, c’est comparer l’esprit à une course de fond. Son écriture se mérite, se savoure et pousse à la réflexion. Une lecture qui vous oblige à poser le livre le temps d’apprivoiser les mots.


Les antagonistes de l’histoire sont attachants probablement parce qu’ils reflètent l’humain sans maquillage ni jugement. Trahison, certes, combien même cette brisure nous suivra tout au long du récit, on s’étonne de découvrir que ce n’est pas ce que nous retiendrons des mots calligraphiés. Avec tact et sensibilité, le roman nous invite à observer nos semblables lorsque des choix difficiles sont, non pas proposés, mais balancés en plein visage par les méandres du destin. Les colères sont décrites avec à-propos, les questionnements nous semblent provenir de notre propre état d’esprit. J’en déduis que la romancière a réussi à atteindre les buts qu’elle s’était fixés. Est-ce en raison de sa profession qui lui offre cette sensibilité « à fleur de peau » qu'une saveur étrange embrase le lecteur au point que son derme réagit sans raison apparente? Devant les révoltes d’une femme qui ne souhaiterait qu’une chose, qu’on la laisse tranquille, qu’on efface les douleurs du passé, les trahisons qu’elle n’a toujours pas saisies, les adieux qu’on lui a refusés par lâcheté, facilité, désespoir ou par l’orgueil blessé d’une maman trahie.


Isabelle Mercier, vous avez réussi à me séduire. Vos écrits méritent nos regards, ils effleurent nos faiblesses, ils ne laissent jamais indifférents.


"Les parricides" par Sabine Dormond

publiée le 26 septembre 2017


Sabine Dormond nous confie une habitude, celle de nous faire découvrir chaque année un nouvel ouvrage pour le plaisir de nos mirettes. L’écrivain : sacré bonne femme guidée par une énergie hors du commun, est toujours prête à détourner son chemin s’il faut manifester pour une juste cause. Pour la petite histoire, Sabine fut longtemps à la tête de l’association Vaudoise des écrivains (AVE). Vous l’aurez traduit sans peine, Sabine nous vient de Suisse. J’adore ce pays, j’adore les plumes qui fleurissent sous l’ombre des sommets vertigineux. Ah ces montagnes ! Incontournables témoins de ce que la nature peut accomplir quand lui vient l’envie de décorer la terre de quelques ridules qui nous rappellent à l’humilité.


Bien que Sabine publie chaque année un nouvel ouvrage, je ne me souviens pas de l’avoir invitée à partager cette chronique. J’entends d’ici des propos qui parlent d’injustice et je ne puis que leur donner raison, car l’écriture de Sabine mérite d’être mise en exergue.


Par ce titre, « Les Parricides » on est en droit de s’attendre à un drame ou s’entremêleraient le sordide et le policier fiction. Il n’en est rien, au contraire, attendez-vous à de l’inattendu. En quelques lignes à peine, nous voici portés à croire que le monde qui nous entoure s’est échappé pour laisser l’imagination de l’écrivain nous prendre par la main… Je pourrais vous décrire l’histoire, mais je n’ai pas envie de commettre l’erreur de vous subtiliser ne fut ce qu’une infime partie du plaisir de sa découverte. Sans réserve, je le conseille. Une histoire rondement menée. Une fiction dans laquelle le destin se fait surprendre par une auteure de qualité. Le livre n’est pas volumineux, il se lit facilement, pardon, il se dévore avec avidité. Inutile de préciser que l’auteure semble apprécier les jeux d’échecs, c’est peut-être de ce détail qu’elle tire son talent. C’est qu’elle en déborde de ce sacré talent. Elle tisse une trame destinée à nous manipuler, nous mener à aimer les protagonistes de son imagination y compris les pas beaux, les lâches à qui l’amour fut confié et qui n’ont pas compris que le plus grand plaisir est celui qui se partage. Un livre condensé dans lequel quelques leçons de vie se découvrent « l’air de rien » et tant pis si quelquefois on se retrouve parmi les méchants, après tout, c’est surtout ça la vie, la vraie, celle ou rien n’est blanc comme on aimerait le croire. Soulevons nos masques savamment maquillés, nous en aurons la preuve. Non, je ne dévoilerai pas les propos de ce livre. Inutile d’insister, je ne vous dirai rien ni sous l’agacement des supplications ni sous la torture (bien que pour cette dernière je retire mes propos). Sabine Dormond pour vos écrits je ne regrette pas les années qui passent, au contraire, je m’impatiente de vous lire très bientôt et tant pis si pour ce plaisir le prix à payer se compte en saisons.


"Les parricides" par Sabine Dormond

publiée le 26 septembre 2017


Sabine Dormond nous confie une habitude, celle de nous faire découvrir chaque année un nouvel ouvrage pour le plaisir de nos mirettes. L’écrivain : sacré bonne femme guidée par une énergie hors du commun, est toujours prête à détourner son chemin s’il faut manifester pour une juste cause. Pour la petite histoire, Sabine fut longtemps à la tête de l’association Vaudoise des écrivains (AVE). Vous l’aurez traduit sans peine, Sabine nous vient de Suisse. J’adore ce pays, j’adore les plumes qui fleurissent sous l’ombre des sommets vertigineux. Ah ces montagnes ! Incontournables témoins de ce que la nature peut accomplir quand lui vient l’envie de décorer la terre de quelques ridules qui nous rappellent à l’humilité.


Bien que Sabine publie chaque année un nouvel ouvrage, je ne me souviens pas de l’avoir invitée à partager cette chronique. J’entends d’ici des propos qui parlent d’injustice et je ne puis que leur donner raison, car l’écriture de Sabine mérite d’être mise en exergue.


Par ce titre, « Les Parricides » on est en droit de s’attendre à un drame ou s’entremêleraient le sordide et le policier fiction. Il n’en est rien, au contraire, attendez-vous à de l’inattendu. En quelques lignes à peine, nous voici portés à croire que le monde qui nous entoure s’est échappé pour laisser l’imagination de l’écrivain nous prendre par la main… Je pourrais vous décrire l’histoire, mais je n’ai pas envie de commettre l’erreur de vous subtiliser ne fut ce qu’une infime partie du plaisir de sa découverte. Sans réserve, je le conseille. Une histoire rondement menée. Une fiction dans laquelle le destin se fait surprendre par une auteure de qualité. Le livre n’est pas volumineux, il se lit facilement, pardon, il se dévore avec avidité. Inutile de préciser que l’auteure semble apprécier les jeux d’échecs, c’est peut-être de ce détail qu’elle tire son talent. C’est qu’elle en déborde de ce sacré talent. Elle tisse une trame destinée à nous manipuler, nous mener à aimer les protagonistes de son imagination y compris les pas beaux, les lâches à qui l’amour fut confié et qui n’ont pas compris que le plus grand plaisir est celui qui se partage. Un livre condensé dans lequel quelques leçons de vie se découvrent « l’air de rien » et tant pis si quelquefois on se retrouve parmi les méchants, après tout, c’est surtout ça la vie, la vraie, celle ou rien n’est blanc comme on aimerait le croire. Soulevons nos masques savamment maquillés, nous en aurons la preuve. Non, je ne dévoilerai pas les propos de ce livre. Inutile d’insister, je ne vous dirai rien ni sous l’agacement des supplications ni sous la torture (bien que pour cette dernière je retire mes propos). Sabine Dormond pour vos écrits je ne regrette pas les années qui passent, au contraire, je m’impatiente de vous lire très bientôt et tant pis si pour ce plaisir le prix à payer se compte en saisons.


"Les Emeraudes de Satan" par Mathieu Bertrand

publiée le 11 juillet 2017


C’est sous le nom de Pie XIII que Mateo Santucci vient d’être élu deux cent soixante-septième Pape de l’Église catholique romaine. L’histoire commence ainsi, à peine entamée, nous attendons la suite.


Dès la première page le regard s’accroche à l’aventure sans que rien, pas même l’heure de l’apéro, ne parvienne à l’en détacher. C’est un premier roman pour l’auteur et j’ose m’avancer en affirmant que c’est une réussite « 1306, Poitiers : le dernier Grand Maître de Molay, sentant la fin de l’Ordre des Templiers approcher, informe le Pape Clément V qu’il est en possession d’une couronne ayant appartenu à Satan lui-même. » Cette phrase, je vous l’avoue à titillé ma curiosité. Satan, templier et le Vatican ; tous les éléments sont mis en place pour que s’éveille le plaisir de frôler la grande aventure. Le Père Paul Kaminsky, agent du service des enquêtes spéciales du Vatican, est sollicité par le Pape. Ce dernier vient de découvrir d’étranges courriers hérités de ses prédécesseurs. Un héritage, certes, mais pas dans le sens positif du terme puisque jusqu’à ce jour, aucun des précurseurs de Sa Sainteté n’est parvenu à mener à bien la mission qui lui a été confiée par l’ange Gabriel en personne (un ange est-il une personne ? Je vous retourne la question)


Le monde risque de basculer, une solution doit être trouvée avant que les forces du mal n’envahissent définitivement notre environnement.


Rondement menée, l’aventure qui se présente réunit un certain nombre d’éléments qui ouvrent la porte à toutes les interprétations. Les secrets du Vatican, la curie et ses influences parfois néfastes, les Templiers, le bien, le mal et je ne vous parle pas des rebondissements. J’ai adoré ce livre, je l’ai adoré pour le rythme soutenu qu’il impose au lecteur. Une intrigue qui nous entraîne sur des chemins étranges sur lesquels marchent des gentils qui sont parfois des méchants et des méchants pas si méchants qu’on le supposait au départ.


Alors que sa mission commence, Le Père Paul Kaminsky rencontre une femme qui ne semble pas le laisser indifférent. Elle est présente pour l’aider, mais tout de même, nous pressentons une complicité et des regards qui pourraient, que nous espérons, qui peut-être prendront un chemin condamnable par l’église et les communautés qui n’ont pas toujours les mêmes horizons. Elaheh, tel est son nom, Iranienne et membre de la secte des Assassiyine, faction criminelle censée avoir disparu depuis près de mille ans. Cette femme, que l’on imagine belle, apporte par sa présence le regard de tous les possibles. Pas d’érotisme, non, des attentions, de la complicité et comme le dirait l’auteur, une sorte d’union sacrée. J’ajouterai que j’adore, je vous l’avoue, lorsque les religions dépassent par obligation, le côté possessif de ce qu’ils prétendent être « La » vérité. J’adore lorsque les « officiants » osent se tourner vers ce que d’aucuns appelleraient « les mécréants ». Pas de guerre de religion, non, de la collaboration afin d’arriver à sauver le monde en retrouvant les émeraudes soigneusement cachées pour des raisons que nous découvrirons dans le dernier chapitre. Monsieur Mathieu BERTRAND, j’ai cru comprendre qu’une suite était en préparation, je l’attends avec impatience et vous souhaite un joli chemin littéraire.


"Jules" par Didier Van Cauwelaert

publiée le 26 juin 2017


Jules, il s’appelle Jules… Un petit bout d’homme qui offre un superbe clin d’œil à son grand-père puisqu’il est né le même jour que ce dernier… Un sept juin : vive la vie et zut aux rhumatismes, ce soir je fais la fête pour oublier les années qui nous séparent.


Une naissance, une découverte littéraire, comment ne pas croire que le destin s’est approprié de l’événement.


La femme de ma vie voulait me faire une surprise, elle s’est mise à la recherche d’un roman écrit autour de ce prénom.


- Celui-ci peut-être ?


Sur la couverture se détachent cinq lettres en dessous d’une truffe qui vous dévisage tout en vous culpabilisant. Les chiens possèdent l’art de vous apitoyer.


Jules est un chien, un labrador, un toutou spécialement dompté pour accompagner une malvoyante. Elle, mignonne comme un abricot d’été, fréquente l’aéroport pour se rendre à l’hôpital en vue (c’est le cas de le dire) d’une opération qui pourrait lui rendre le regard. Lui, scientifique malchanceux, tient une « aubette » qui vend des macarons. Les événements s’enchainent et Jules décide qu’il faut aider ces deux-là à faire un pas de deux. La suite ? Héhéhé, ne comptez pas sur moi pour dévoiler l’intrigue, laissez-vous charmer par cette belle aventure, que du bonheur !


Jules est un roman qui procure une évasion subtile au cœur d’une intrigue des plus intéressantes. On sourit beaucoup en présence des antagonistes tout en espérant que les blessures s’éloigneront de ces êtres attachants. L’amour est malmené, mais pas dans le sens que prendrait une imagination logique. Vous qui avez probablement chéri, ne pouvez ignorer que les douleurs qui blessent sont quelquefois dévastatrices. Ici, l’auteur a le talent de rendre hommage aux amoureux déchus, ceux qui offrent la noblesse de construire plutôt que détricoter. On ne connait que les instants présents, tant mieux, l’avenir ne porte pas toujours les couleurs de nos espoirs, de nos fantasmes ou plus simplement de l’assombrissement mis en place par les circonstances. Oups, je vous embrouille, ne m’en veuillez pas, le livre est si beau que je peine à le décrire. Cerise sur le gâteau, JULES existe en format poche (Le roman, pas le chien).


Je rends hommage à l’écrivain Didier Van Cauwelaert d’avoir réussi à mettre en exergue la difficulté que représente le domptage d’un chien accompagnant. Je remercie l’auteur de m’avoir fait vibrer. JULES, un roman surprenant, une histoire des plus intéressantes narrée par une écriture fluide.


En attendant que vous poussiez la porte de votre librairie préférée, permettez-moi cette légère entorse en souhaitant le plus joli destin à Jules Decoster.


Les écrivains belges à l'honneur

publiée le 13 juin 2017


Ne prétendez jamais que nos écrivains ne possèdent aucun talent. Et c’est peut-être la maladie que porte notre siècle, celle d’envier l’assiette de nos voisins en boudant les trésors qui brillent sous nos regards.


Je suis convaincu que nos plumes méritent notre reconnaissance et c’est la raison profonde pour laquelle je vous invite à vous joindre à moi pour remercier celles et ceux qui, par leur talent, font découvrir nos villes et nos villages au-delà de nos frontières.


Le 21 mai dernier, j’ai eu la chance et l’honneur d’encadrer cinq auteurs belges au salon International du livre de Mazamet. Certes, Mazamet n’est pas Paris, mais malgré les 1200 kilomètres qui la séparent de nos contrées, ce Salon du livre est un événement incontournable pour tout écrivain qui désire approcher l’international. À titre d’exemple, c’est au Salon de Mazamet que l’on rencontre sans la moindre barrière Marc Galabru (†), Michel Montfort, Isabelle Bois, Christophe Chabbert et dernièrement, Anthony Augusto coproducteur de la série « RIP ». Cinq auteurs belges vous écrivais-je, cinq jolies plumes qui ont été reçues avec tous les honneurs. Même si plusieurs nationalités furent représentées (France, Hollande, Sénégal, Autriche, etc.) le drapeau belge flottait aux côtés du drapeau français et européen. Ce geste symbolique offrit à nos compatriotes, l’impression d’être mis à l’honneur et c’est bien d’honneur que nous devons parler. Ludiane de Brocéliande (Le syndrome de thaler), Patricia Fontaine (Cape Verte), Isabelle Grenez (L’heure de la Renarde), Périnne Péters (146 centimètres… Le soleil), Jean Pierard (Le blues de Milo & Vénus) ont été reçus par leurs pairs et salués pour la qualité de leurs écrits. Cerise sur le gâteau, deux écrivains belges ont été nominés pour le prix « Roman » aux côtés de la talentueuse auteure Sonia Nadeau (L’enfant du nuage) [voir nos rubriques précédentes].


Patricia Fontaine ne cacha pas son émotion lorsqu’elle entendit prononcer son nom à la suite de la phrase « Le lauréat pour le prix roman 2017, à l’unanimité du jury est… ».


Périnne Péters, nominée pour le même prix n’a pas à rougir, le jury a dû choisir parmi trois romans exceptionnels, il n’y avait qu’un Lauréat, j’avoue que personnellement j’aurais placé les trois lauréates sur un pied d’égalité. Les sujets sont diamétralement différents, l’écriture n’a rien de comparable, mais chacune apporte au lecteur cette agréable sensation d’être aspiré dans une histoire que l’on n’a pas envie d’abandonner.


Enfin pour clôturer ce petit mot, j’aimerais ajouter que les cinq Belges participants présentaient des œuvres qui méritent nos regards. Comme le disait si bien un membre du jury, faire un choix cela donne parfois l’impression de déchirer son âme. Nos auteurs sont revenus en Belgique gardant les souvenirs d’un week-end singulier et si quelques personnalités ont salué la performance de nos écrivains, cela reste anecdotique. Oublierait-on que les écrits portent le témoignage de nos civilisations ? C’était un événement rarissime, mais si j’en crois le silence qui l’entoure, l’exception semble devenue banale…


"Les Aventures de TaTa Bougnette" par Lou Florian

publiée le 16 mai 2017


Drôle, bedonnant. Style impossible à comparer sauf peut-être (pour référence) à l’écrivain San Antonio et son Bérurier.


Tata Bougnette est une femme d’un âge respectable et respecté. Entourée de ses voisins, de sa nièce Ninette (qui radine ses jolies fesses) et de l’intarissable réserve de « banyuls », elle assume les années écoulées et apprivoise ses inconvénients. L’incontinence la gêne un tout petit peu, mais qu’importe, puisque l’on change de culotte chaque matin et qu’entre deux aurores, on assure l’incommodité. Soulignons que l’auteur décrit la petite ville de « Collioure » d’une plume si joliment posée qu’il me tarde de la connaître. Si je puis me permettre, une statue de "Tata Bougnette" devrait être érigée au cœur de cette cité.


« Aujourd’hui, tu as le soleil qui se la joue caliente ! Il a dû badigeonner sa biscotte du matin avec de la marmelade de piments rouges. Et se l’enfiler goulûment dans le gosier. Juste avant de se lever à l’horizon. Et du piment au petit-déjeuner, c’est plutôt risqué. Ça, tout le monde le sait ! L’astre chaud en est devenu brûlant. Tout brûlant. Écarlate. Et lorsqu’il s’est levé sur la mer, à l’aube naissante, il était rougeoyant comme une tomate mûre. En un instant, le ciel et l’horizon se sont revêtus de pourpre. Avant de décliner fort heureusement vers les orangés. Alors aujourd’hui, je te le dis, il fera caliente, caliente ! Mais depuis quelques jours déjà, le soleil a le feu au caleçon ! »


Certes, TaTa Bougnette à de la bouteille et ce ne sont pas les années qui l’empêchent de se laisser entraîner dans de folles aventures. La voici à l’affût d’un tueur en série, assiste le père Noël à remobiliser ses rennes partis en grève en raison d’un manque de « banyuls » [vin doux naturel d’appellation d’origine contrôlée produit sur quatre communes du sud de la France] (pas facile de cultiver des vignes au milieu des neiges éternelles) et enfin, la voici partie dans le pays des lapins urticants à l’aide d’une drôle de machine fabriquée par un oncle disparu depuis pas mal de temps et dont elle a, par inadvertance, actionné la mise en marche.


Restons honnêtes, ce n’est pas un livre destiné à l’intellectuelle en recherche de littérature alambiquée cependant, et je vous y invite, prenez le livre pour vos journées à la plage en n’oubliant pas de vous enduire préalablement de protection solaire (après vous oublierez de le faire). Emmenez-le dans le train à bord de l’avion et assumez vos éclats de rire.


Une écriture originale et qui sous ses aspects simplistes dévoile un travail de fond. Les mots sont souvent crus, jamais vulgaires, mais après tout qui n’a jamais rigolé d’une flatulence échappée d’un aîné ? Derrière les éclats de rire se cachent tous les petits problèmes auxquels doivent faire face les personnes d’un âge respectable. On peut en pleurer, on peut en rire, question de mentalité et une sacrée leçon d’espoir.


Lou Florian, plus qu’un artiste, une sorte de génie. Lou c’est Lou et je n’ai qu’un souhait, c’est qu’il reste Lou.


"Droit Devant Toi" par Henri Girard

publiée le 02 mai 2017


Aborder l’adolescence, alors que vous devez déménager sans discontinuer en raison de l’ambition de votre père, c’est probablement une excellente raison pour fréquenter la solitude. Pas facile de trouver refuge ou confidence auprès d’une mère soumise à l’autorité de son mari, car probablement par démission ou facilité ce qui revient au même, elle ne prête attention qu’aux images destinées aux regards éteints de ceux qui lui ressemblent. Le décor est mis en place, j’avoue m’y être plongé au point d’en oublier mon environnement.


Rien ne semblait briser la monotonie d’une vie programmée par un père autoritaire et c’est avec talent que l’auteur nous offrira une histoire des plus intéressantes. Favorisée par ce nomadisme forcé, une amitié profonde va naître entre deux ados que rien ne prédisposait à se rencontrer.


Est-ce l’attrait des opposés qui s’attirent ou la découverte d’une forme d’exotisme rural ? Peu importe, un gamin découvre qu’une autre vie existe et il l’approche comme s’il venait de renaître au cœur d’un nouveau monde.


Le narrateur découvre une famille aimante et ce qu’il n’a jamais approché jusqu’à ce jour, va le faire chavirer dans ce que j’ose appeler un chemin initiatique. Ce n’est jamais facile de découvrir le bonheur, car s’il s’offre à vous, encore faut-il pouvoir l’apprivoiser. Ce n’est jamais simple de briser sa solitude et l’égoïsme qui vous colle à la peau. L’amitié donc, mais également les premiers désirs et comme vous le pressentez probablement, la jalousie n’est jamais loin du verbe aimer. Ainsi, avec une habileté remarquable, l’auteur assemble tous les éléments pour que le lecteur soit témoin d’une aventure astucieusement construite autour d’une équipée peu commune. D’un côté, un père ambitieux et maladroit dans son éducation et de l’autre, un homme qui offre sourires et simplicité de vie.


J’ai aimé chaque personnage pour les « gueules » qui semblent dessinées en finesse littéraire. J’ai adoré le cheminement de l’histoire, j’ai tremblé devant les manipulations subtilement abordées par l’auteur. Je ne vous cacherai pas non plus que l’érotisme que l’on devine, plus qu’il ne s’étale, a séduit mon imagination.


Henri Girard, originaire de l’Orne, est conseiller littéraire et milite pour la défense de la langue française, j’avoue que j’ignorais ce détail. Avant de fermer le livre, alors que la dernière phrase m’obligeait à revenir à la réalité, j’ai osé l’analogie en puisant dans les souvenirs que j’ai gardés de ces chefs d’œuvres qui nous ont fait vibrer : « L’été meurtrier », «Le Cercle des poètes disparus ».


« Droit devant toi » est un roman qui restera dans ma bibliothèque. C’est un livre que j’irai chercher de temps en temps, comme ça, juste pour le plaisir ou pour le conseiller si l’opportunité venait à se présenter.


Belle histoire, facile à lire, un objet qui me fait dire que la littérature est loin de l’essoufflement et, c’est du bonheur !


"Le silence ne répond jamais" par Pierre Mainguet

publiée le 18 avril 2017


Il arrive par le train et en sortant de la gare, cherche des yeux un taxi. Un chauffeur se présente en roulant les « rrr » avec ce drôle d’accent que nos amis de l’Est, la Russie peut-être, offrent comme une chanson. Ce dernier propose au visiteur de le déposer devant un « Chouette hôtel », confortable et pas trop cher. Évidemment, vu sous cet angle, le visiteur ne peut refuser.


L’hôtel est une maison de passe. Je pourrais vous décrire l’histoire en vous offrant moult détails, ce ne serait pas honnête pour simple raison que ce roman mérite tous les hommages. C’est un livre non pas coloré, mais saupoudré avec finesse de sentiments, de couleurs, de décors inattendus que l’on ne peut retenir nos éclats de rire, une larme parfois et certainement de l’empathie pour le personnage principal. Un livre, que dis-je, un chemin qui nous entraîne vers une fin probable, le suicide et pourtant !. Pierre Mainguet adore la photographie et cette passion se ressent au travers de ses écrits. Même si nous parlons de livre, domine un éclairage savamment dosé qui se joue de la lumière et accentue les ombres. C’est une écriture des plus intéressantes, une écriture agréable, une réussite. Chaque scène puise sa force par la simplicité et pourtant, moult détails taquinent le regard. Les personnages sont attachants, ils possèdent des « gueules » que l’on imagine sans peine. Rien de spectaculaire, mais justement, c’est la force talentueuse d’un écrivain qui mérite amplement ce titre. Écrivain vous l’êtes Monsieur Pierre Mainguet et votre livre résonne en moi comme peuvent le faire les surprises auxquelles on ne s’attend pas. Au cœur de l’intrigue, une histoire d’amour. Elle est belle, grande, unique. Elle force nos souvenirs à dévoiler nos premiers regards, nos premiers émois sans ne jamais tomber dans la vulgarité. Et combien même, la nudité des corps se découvre en un érotisme subtil, au diable les hypocrites, la beauté mérite que l’on attarde son regard quand il est joliment porté.


C’est un livre écrit sans inutiles rondeurs, sans raccourci facile. C’est un roman qui laisse porte ouverte à tous les devenirs.


Il voulait trouver la mort à cause des circonstances, il découvrira que chaque respiration mérite d’être vécue. Vous l’aurez compris, j’ai adoré « Le silence ne répond jamais » rédigé avec brio par l’écrivain brabançon « Pierre Mainguet ».


Ne boudons pas notre plaisir, la maison d’édition « Académia » fleuri à Louvain la Neuve. Ne vous l’ai-je pas déjà écrit ? J’aime nos écrivains, ils méritent notre attention.


"Le Syndrôme de Thaler" par Ludiane de Brocéliande

publiée le 21 février 2017


Elle, c'est une femme entière, souriante, douce comme le serait une plume, un duvet posé sur le souffle du vent. Lui, c'est un livre, un roman, une ode à l'amour, un appel à se tenir bien droit devant les ombres qui ternissent nos destins. Elle, romancière belge, issue de notre terroir (pas loin de Jodoigne) nous emporte sur les ailes d'une histoire passionnante. J'ai adoré.


Ludiane de Brocéliande ne m'avait pas habitué à la prose. Femme poète, au sens noble défini par le dictionnaire, la voici qui nous propose un premier roman. Premier roman certes, mais qui mérite d'être nominé au rang des ouvrages à découvrir. Bravo Madame vous pouvez vous vanter de m'avoir séduit par votre prose.


"Le Syndrome de Thaler" est un livre moderne, contemporain par les sujets approchés. Que dire des situations habilement décrites sans crainte de soulever un tsunami de questions pertinentes. Dans quel type de société aimerions-nous vivre et si ce rêve venait à se réaliser, comment empêcher que ce dernier ne se transforme en cauchemar?


Une machine inventée pour remplacer les dirigeants de notre planète. Pas de sentiment, juste prendre les décisions qui permettent à chacun de trouver sa place et pour cause, la machine n'utilise que sa logique sans être, à l'opposé des humains, encombrée par de possibles remords. C'est par un génocide que se met en place une nouvelle civilisation. Plus de la moitié de l'humanité est éradiquée pour simple raison qu'elle représente un risque potentiel pour les survivants en sursis. Manipulations, trahisons et retournements de situations essaimeront votre lecture.


Et pourtant, si je vous parlais d'amour? Une histoire telle que nous en rêvons peut-être? Une histoire superbe pour simple raison que l'écrivain nous la dévoile en toute simplicité. Pas de guimauve, juste le bonheur de deux êtres qui se complètent à la perfection. Un poète et une danseuse, ils n'ont rien de commun, ils n'ont rien qui puisse les rapprocher sauf l'Art qui les transporte et que chacun élève au point d'effleurer la perfection. L'amour sauvera le monde, je ne vous dévoile rien, j'anticipe vos questions sans effriter le suspense d'une histoire intelligemment construite. Anticipation, science-fiction, romance? Cataloguer ce livre n'est pas une sinécure, qu'importe, plongez dans sa lecture et découvrez la force et le talent de nos auteurs. Oui, je vous parle de talent et d'originalité.


Vous faites confiance à votre ordinateur. Hm hm, peut-être faudrait-il faire preuve d'un peu plus de prudence.


Ludiane de Brocéliande (www.ludianedebroceliande.net)
Le Syndrome de Thaler, "Prix Belgique la journée du manuscrit 2016"


"Vénus en Ré" par Christine Burnet

publiée le 07 février 2017


Forêt Notre-Dame. Une femme nue au pied d'un arbre.


C'est la septième victime de "L'homme au catogan" et d'après les enquêteurs, pas une piste n'est exploitable.


D'après la police, c'est l'une des énigmes les plus compliquées à résoudre depuis de nombreuses années. Sept victimes sans "modus operandi" et c'est ce manque de marque distincte qui fait douter les enquêteurs. Il est très rare qu'un tueur en série ne signe ses meurtres ne fut ce que par la répétition de certains détails. Morphologie de ses victimes, lieux et environnements, type d'arme usitée, maquillage, mise en scène.


Rien, aucun indice ne permet d'élaborer la moindre piste et s'il faut croire les enquêteurs, le ou les assassins démontrent une intelligence qui le ou les rend particulièrement dangereux.


Sur l'ile de Ré, les habitants se terrent. Chacun appréhende d'être la prochaine proie de cette folie meurtrière. Soulignons tout de même un fait étrange relevé malgré l'omerta policière. L'une des victimes serait la fille de l'un des hauts gradés chargés de l'enquête. Si ce fait venait à se démontrer, nous serions confrontés à un manque flagrant de déontologie au sein des forces de l'ordre.


Dans son dernier roman "Vénus en Ré", Christine Brunet offre à ses lecteurs le plaisir de frissonner au cœur d'un labyrinthe intelligemment construit. On y retrouve nos acteurs préférés (voir Dégâts collatéraux), deux inspecteurs complémentaires qui nouent des relations pour le moins ambigües. Des meurtres en série, des policiers qui pataugent, des professionnels qui bâclent le boulot et obligent les plus hautes instances à réintégrer une inspectrice démissionnaire. Inspectrice, médecin légiste ? J'avoue ne pas être certain de la définition qui convient à ce petit bout de femme. Femme certes, mais têtue comme une porte de prison et qui arrose son coéquipier de toute la rancœur qu'elle porte à, à quoi au juste? Amour et ressentiment, haine ou attirance, tout se mélange et c'est tant mieux.


Christine Brunet est l'une des écrivains contemporains à classer parmi les "incontournables". Née dans le sud de la France, passionnée de langue, elle étudie le tchèque à Prague avant d'apprendre l'arabe au Caire. Rédactrice en chef de la revue littéraire belge "Les petits papiers de Chloé" et présentatrice de l'émission culturelle "Actu-Tv" elle porte les auteurs à bout de bras et mérite tous les hommages.


"Vénus en Ré" Christine Brunet, c'est paru aux éditions Gascogne ISBN: 978-2-36666-093-7


"Soilhas Ribeira" par Joseph Ingrassia

publiée le 24 janvier 2017


L'histoire se déroule en Colombie, dans le centre de Bogota. Un homme, cireur de chaussures, ne manque aucune occasion pour pénétrer dans les églises. Il adore se laisser porter par les histoires que raconte l'officiant quand ce dernier prend la parole pour aborder son prêche.


Vous rêvez de lire un roman qui vous apporte un courant d'air de tendresse? Un roman qui s'effeuille avec attachement? Ne cherchez plus, je ne sais pas pour vous, mais moi, j'ai adoré.


Soilhas est un modeste cireur de chaussures. Affublé d’un handicap, il lui manque un bras et de ce fait, sa main gauche est directement rattachée à l’épaule. Il l’appelle sa main malhabile. Une brume, quelquefois, lui obscurcit l’esprit, ce qui fait dire à certains qu’il est un peu lent. Il a 25 ans et patiemment, met ses économies en sûreté chez un prêtre dans l’espoir de pouvoir s’acheter une petite échoppe. Il rêve de ne plus devoir travailler dans la rue, oui, mais, le prêtre !?


Un jour témoin d'un accident Soilhas se penche sur la victime. Un événement qui lui permet de découvrir qu'il possède un don extraordinaire. On pourrait croire que ce don est une bénédiction, cependant tout a un prix et l'addition que Soilhas devra payer est un abyme. Aurais-je hésité si j'avais eu la chance ou la malchance de posséder le pouvoir de guérir sachant qu'à chaque soulagement offert, c'est comme si ma vie venait à s'effriter ? Soilhas ne marquera aucune hésitation, il ne se pose pas la question, car pour lui, s'il possède ce don, c'est qu'il a le devoir de s'en servir, de le partager.


Soilhas Ribeiro est un roman attachant, un livre qui fait du bien, qui porte par sa simplicité le talent de son auteur. L'auteur, Joseph Ingrassia est médecin urgentiste. Une profession qui nous offre probablement les raisons pour lesquelles il approche l'humain avec cette sensibilité profonde. Derrière les sourires que sème ce roman, semble se cacher une forme de frustration. C'est peut-être de ne pouvoir guérir tous les tourments qui se présentent à ses yeux de médecin qu'est venue l'idée d'écrire cette belle histoire. Soilhas Ribeiro est un récit particulièrement attachant. L'auteur nous projette une autre vision du monde, une vision positive qui démontre l'espoir sans toutefois éluder la souffrance de cet instant vers lequel nous nous dirigeons tous : la mort. Certes, la tristesse que cette dernière essaime nous est insupportable, mais ne nous voilons pas la face, la mort peut être belle, question de regards, de circonstance aussi, de préparation peut-être?


Soilhas Ribeiro est un livre qui fait du bien. Il n'élude pas les réalités de vie, non, au contraire, il les décrit avec simplicité et c'est cette simplicité qui offre au lecteur l'impression de vivre en lieu et place des amis de Soilhas. Un conte moderne, une sorte de trésor, je vous le recommande, il n'est pas très cher et vous remplira la tête d'un joli vent de tendresse.


"La Maison" par Marie Klimis

publiée le 10 janvier 2017


Il y a longtemps que je n'ai plus arrosé mes souvenirs d'enfant avec une telle fraîcheur d'écriture. Impossible de ne pas songer à Saint Ex et "Le Petit Prince". Vous vous souvenez. ? Récit qui se découvre à chaque lecture, car, comme les poupées russes, il révèle profusion d'allégories. C'est le genre de lecture à laquelle chaque étape de la vie peut s'accrocher sans prise de tête et à tout âge s'il vous plait ! On ne l'écrira jamais suffisamment, le génie se découvre dans la simplicité.


Je viens de refermer "La Maison", un roman joliment écrit par la plume de la jeune écrivain "Marie Klimis". C'est une histoire complètement disjonctée, contée par une maison. Une maison qui parle. Une maison qui raconte ce que ses murs observent. Une maison qui possède un cœur gros comme ça. Certes, il y a ce tableau qui pique des crises de colère à faire trembler les murs. Des portes qui claquent, des assiettes qui tombent et ne croyez pas que nous parlons de fantômes, non, nous découvrons le bonheur d'une sorte de conte de fées, d'un monde imaginaire, d'un joli rêve approché par un talent qui mérite d'être placé sous les feux des projecteurs.


Une petite fille arrive à dos de mouton et décide de repeindre les lattes du plancher. Un mouton certes, mais un mouton glouton qui mange tout ce qu'il trouve. Une adolescente troublée par ce grand chambardement quand une enfant découvre qu'elle devient une femme. Et puis, il y a cette cuisinière, un peu sorcière, qui offre des chocolats qui rendent amoureux.


Énorme frustration de dévorer la dernière page. Mais tout a une fin, il faut bien que l'auteur aboutisse son ouvrage. C'est un peu comme les vacances, on entrevoit ses richesses le jour de la rentrée.


Bref, je n'ai pas résisté au plaisir d'inviter Marie Klimis à répondre à mes questions. Nous avons pris rendez-vous au "Château de l'Ardoisière" afin de profiter de la gentillesse des propriétaires (merci). Un cadre merveilleux en plein cœur de Jodoigne. Rien de tel pour tourner quelques images. Sans la moindre hésitation, Marie a répondu à cette invitation. Pour ce faire, elle a traversé la Manche. Ha ! j'oubliais, Marie Klimis, originaire de Belgique, vit actuellement en Angleterre. Ceci explique peut-être cela ? Car quoi, n'est-ce pas sous l'ombre de "Big-Ben" que Marie Popins a vu le jour, n'est-ce pas sur cette île que l'on risquerait de rencontrer "Alice au pays des merveilles » ? Et le petit dernier, Harry Potter "of course what else?"


Premier roman, bravo ! Plongez vos yeux dans ce récit c'est se retrouver avec des étoiles plein la tête et l'envie de s'envoler sur le dos d'une étincelle. Oui, une étincelle, car ce livre brille par son originalité.


Qui êtes-vous Marie, qui êtes-vous vraiment ? Maman Belge, papa Grec et vous voici en Angleterre pour des études théâtrales. Vous ne choisissez pas la facilité et pourtant, sourires aux lèvres, joie de vivre, vous nous partagez un grand souffle de tendresse. Par les temps qui trottinent, on en a bien besoin. Marie Klimis, retenez ce nom, je gage qu'il raisonnera bientôt parmi les incontournables.


S'il te plait, Marie, dessine-moi un mouton.


Jean-Luc Dousset

publiée le 20 décembre 2016


Il y a quelques semaines à peine, l'auteur, journaliste et historien Jean-Luc Dousset honorait notre terroir d'une visite de quatre jours à l'occasion de sa participation à : "Écrire l'Histoire", le Salon du livre d'histoire de Bruxelles.


Jean-Luc fait partie de ces curieux qui cherchent et découvrent ces personnages oubliés qui, pourtant, marqueront leur époque. Son premier livre, une autobiographie historique, parle d'un député, Philibert Besson, qui aurait pu influencer la politique française s'il avait été écouté par ses pairs. Comme le décrit le quatrième de couverture, c'est un homme pugnace en lutte contre les pouvoirs établis ; un homme dérangeant qui sera accusé de démence et de malversation. Il sera, 70 ans avant l'euro, l'un des pères de la monnaie universelle : l'Europa. Déchu de ses fonctions électives en 1935, il prend le maquis et devient l'homme le plus recherché de France.


Pour son second livre, Jean-Luc Dousset avait été invité sur nos antennes, porte le titre interpelant de : "Ferdinand le Débile".


J'adore ce titre. C'est une œuvre qui nous fait remonter le temps jusqu'en 1773, puis franchir les portes du palais de la Hofburg (Vienne). 1973 année de naissance de l'héritier de l'Empire austro-hongrois, bien que, rien n'est gagné d'avance... Ferdinand atteint d'hydrocéphalie, est rachitique, souffre d'épilepsie et j'en passe. Survivra-t-il et dans l'affirmative, comment arriver à régner ? Sa Majesté François hésite, peut-il décemment faire de Ferdinand son héritier ? Dans les coulisses, le Prince de Metternich cherche une marionnette, Ferdinand répond à ses attentes. Il le forme, le façonne, le marie...


L'entourage de la cour prend Ferdinand pour un débile cependant, le peuple l'aime et le surnomme : "Ferdinand le bon". Vous croyiez tout connaître des Habsbourg ? Détrompez-vous, Jean-Luc Dousset a le talent pour dépoussiérer l'Histoire.


Enfin, dans le désordre, le troisième ouvrage de Jean-Luc Dousset fait revivre l'incroyable destin de "Giampietro Campana".


La vie exceptionnelle (1808 - 1880) de celui qui fut sans doute le plus grand collectionneur de l'histoire. Ce dernier rassemblera en moins de trente ans un nombre impressionnant d'antiquités et d'œuvres d'art. Sa collection fut et restera probablement la plus imposante de l'histoire". Accusé de détournements de fonds, condamné aux galères... L'œuvre de sa vie suivra sa déchéance puisque finalement détruite.


Jean-Luc Dousset, un auteur plein d'avenir. Une écriture des plus intéressantes et des sujets qui captivent jusqu'au bout de la nuit.


"Dégâts Collatéraux" par Christine Brunet

publiée le 06 décembre 2016


Les amateurs de « Thriller » ne seront pas déçus. Les plus exigeants ont toutes les raisons de prêter attention aux œuvres de l’excellente écrivaine (écrivain pour les puristes) Christine Brunet. Sans vouloir paraître incisif, j’avoue lui porter rancune pour raison qu’elle est à l’origine de deux ou trois nuits blanches. Auteur(e) incontournable, qui nous vient de Marseille, Christine nous entraine au centre d’une l’histoire qui ne s’essoufflera que le temps de tourner les pages.


Montagnes d’argent qui disparaissent, des témoins éliminés, des preuves effacées, manipulation, chantage et j’en passe. L’humain déploie ici son côté le plus sordide. Difficile de ne pas soupçonner les enquêtes d'être infiltrées et si ce pressentiment venait à être avéré, par qui et de quelle manière ? La FSE, « Force spéciale européenne » est chargée de l’affaire. Les policiers cherchent, fouillent, ne trouvent rien de tangible. Il y a bien ce policier, cette femme légèrement androgyne, présence obsessionnelle qui éveille les suspicions. Une flic qui enquête malgré sa mise à pied, comportement douteux, on le fait savoir sauf que...


Bref, vous l'aurez deviné, tous les ingrédients sont réunis pour vous tenir en haleine. Des ingrédients, certes, mais faut-il encore avoir le talent pour mener la dance d'une histoire pleine de rebondissements. Talent pour étonner le lecteur quand il découvrira que les "Thriller" écrits par Christine séduiront les plus blasés du genre...


Christine trace l’intrigue d’une main magistrale et ce qui ne gâche rien, conjugue le verbe avec dextérité. Elle rebondit sans essoufflement, nous nargue au fil des pages, nous hypnotise par la construction intelligente du récit. Des personnages hors du commun, des amants qui s’aiment, mais qui peinent à partager la confiance et pour cause, sont-ils du même camp ? Christine Brunet s’appuie sur une documentation précise et de son propre aveu, prend le temps nécessaire à rassembler les éléments sur lesquels s’appuiera le roman. Je ne vous parle ici que d’un titre : « Dégâts collatéraux » paru aux éditions Chloé des Lys, mais que dire de ses autres titres ? Nid de vipère, Poker menteur, Convergences ? Rien, ce ne serait jamais qu’un résumé dévalorisant. À lire avec passion, à offrir sans retenue.


Je vous l'avoue, l'impatience me ronge de découvrir son petit dernier qui ne saurait tarder : "Vénus en Ré".


Madame Brunet, vous lire fut un cadeau. Vos ouvrages font partie des perles qui illuminent ma bibliothèque et même si le meurtre fréquente votre plume laissez-moi saluer votre maitrise du genre.


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