Chouette Magazine

Philippe De Riemaecker

Philippe De Riemaecker

Chronique littéraire

Catégorie : Arts & Culture

Chroniqueur depuis décembre 2016

"Les Parricides" par Sabine Dormond

publiée le 24 octobre 2017


Sabine Dormond nous confie une habitude, celle de nous faire découvrir chaque année un nouvel ouvrage pour le plaisir de nos mirettes. L’écrivain : sacrée bonne femme guidée par une énergie hors du commun, est toujours prête à détourner son chemin s’il faut manifester pour une juste cause. Pour la petite histoire, Sabine fut longtemps à la tête de l’association Vaudoise des écrivains (AVE). Vous l’aurez traduit sans peine, Sabine nous vient de Suisse. J’adore ce pays, j’adore les plumes qui fleurissent sous l’ombre des sommets vertigineux. Ah ces montagnes ! Incontournables témoins de ce que la nature peut accomplir quand lui vient l’envie de décorer la terre de quelques ridules qui nous rappellent à l’humilité.


Bien que Sabine publie chaque année un nouvel ouvrage, je ne me souviens pas de l’avoir invitée à partager cette chronique. J’entends d’ici des propos qui parlent d’injustice et je ne puis que leur donner raison, car l’écriture de Sabine mérite d’être mise en exergue.


Par ce titre, « Les Parricides » on est en droit de s’attendre à un drame ou s’entremêleraient le sordide et le policier fiction. Il n’en est rien, au contraire, attendez-vous à de l’inattendu. En quelques lignes à peine, nous voici portés à croire que le monde qui nous entoure s’est échappé pour laisser l’imagination de l’écrivain nous prendre par la main… Je pourrais vous décrire l’histoire, mais je n’ai pas envie de commettre l’erreur de vous subtiliser ne fût-ce qu’une infime partie du plaisir de sa découverte. Sans réserve, je le conseille. Une histoire rondement menée. Une fiction dans laquelle le destin se fait surprendre par une auteure de qualité. Le livre n’est pas volumineux, il se lit facilement, pardon, il se dévore avec avidité. Inutile de préciser que l’auteure semble apprécier les jeux d’échecs, c’est peut-être de ce détail qu’elle tire son talent. C’est qu’elle en déborde de ce sacré talent. Elle tisse une trame destinée à nous manipuler, nous mener à aimer les protagonistes de son imagination y compris les pas beaux, les lâches à qui l’amour fut confié et qui n’ont pas compris que le plus grand plaisir est celui qui se partage. Un livre condensé dans lequel quelques leçons de vie se découvrent « l’air de rien » et tant pis si quelquefois on se retrouve parmi les méchants, après tout, c’est surtout ça la vie, la vraie, celle ou rien n’est blanc comme on aimerait le croire. Soulevons nos masques savamment maquillés, nous en aurons la preuve. Non, je ne dévoilerai pas les propos de ce livre. Inutile d’insister, je ne vous dirai rien ni sous l’agacement des supplications ni sous la torture (bien que pour cette dernière je retire mes propos). Sabine Dormond pour vos écrits je ne regrette pas les années qui passent, au contraire, je m’impatiente de vous lire très bientôt et tant pis si pour ce plaisir le prix à payer se compte en saisons.


"Parfois les enfants pardonnent" par Isabelle Mercier

publiée le 10 octobre 2017


Isabelle Mercier, Infirmière de profession et romancière pour notre plus grand plaisir Un peu de mal devant la première page d’un livre que j’imaginais, à tort, un peu « Psy ». Pff, j’avais envie d’autre chose. Marre de porter le poids des destins tragiques, des vies étiolées, des yeux déchirés par l’absence de rires. Comme bien souvent, les aprioris s’épuiseront par le plaisir d’une lecture intéressante. Je me souvenais du premier roman de l’auteure, « dernières notes ». Déjà, ce premier livre m’avait séduit tout en douceur. J’en conviens, ce livre demande probablement plusieurs lectures, car, comme pour toute œuvre élaborée, l’artiste utilise son talent afin de mettre en place différents niveaux de perception. Dans « Parfois les enfants pardonnent », Isabelle Mercier nous propose d’observer une famille confrontée aux origines de son implosion. Un homme quitte sa femme parce que sa maîtresse attend un enfant. On aurait pu en rester là, sauf que ! Arrivé à la dernière étape de sa vie, le père « déserteur » essaye de renouer avec ses descendants, les premiers, ceux qui sont nés de l’officielle, ceux qui portent la blessure de ce qui ressemble à une trahison. Renouer ? Un mot galvaudé quand les heures qui portent votre avenir ne se comptent plus, puisque devenues bonus. Il y a donc urgence et comme l’exprime si bien le titre, c’est l’espoir de pardon qui joue sa dernière manche.


Suivre Isabelle Mercier, c’est comparer l’esprit à une course de fond. Son écriture se mérite, se savoure et pousse à la réflexion. Une lecture qui vous oblige à poser le livre le temps d’apprivoiser les mots.


Les antagonistes de l’histoire sont attachants probablement parce qu’ils reflètent l’humain sans maquillage ni jugement. Trahison, certes, combien même cette brisure nous suivra tout au long du récit, on s’étonne de découvrir que ce n’est pas ce que nous retiendrons des mots calligraphiés. Avec tact et sensibilité, le roman nous invite à observer nos semblables lorsque des choix difficiles sont, non pas proposés, mais balancés en plein visage par les méandres du destin. Les colères sont décrites avec à-propos, les questionnements nous semblent provenir de notre propre état d’esprit. J’en déduis que la romancière a réussi à atteindre les buts qu’elle s’était fixés. Est-ce en raison de sa profession qui lui offre cette sensibilité « à fleur de peau » qu'une saveur étrange embrase le lecteur au point que son derme réagit sans raison apparente? Devant les révoltes d’une femme qui ne souhaiterait qu’une chose, qu’on la laisse tranquille, qu’on efface les douleurs du passé, les trahisons qu’elle n’a toujours pas saisies, les adieux qu’on lui a refusés par lâcheté, facilité, désespoir ou par l’orgueil blessé d’une maman trahie.


Isabelle Mercier, vous avez réussi à me séduire. Vos écrits méritent nos regards, ils effleurent nos faiblesses, ils ne laissent jamais indifférents.


"Les parricides" par Sabine Dormond

publiée le 26 septembre 2017


Sabine Dormond nous confie une habitude, celle de nous faire découvrir chaque année un nouvel ouvrage pour le plaisir de nos mirettes. L’écrivain : sacré bonne femme guidée par une énergie hors du commun, est toujours prête à détourner son chemin s’il faut manifester pour une juste cause. Pour la petite histoire, Sabine fut longtemps à la tête de l’association Vaudoise des écrivains (AVE). Vous l’aurez traduit sans peine, Sabine nous vient de Suisse. J’adore ce pays, j’adore les plumes qui fleurissent sous l’ombre des sommets vertigineux. Ah ces montagnes ! Incontournables témoins de ce que la nature peut accomplir quand lui vient l’envie de décorer la terre de quelques ridules qui nous rappellent à l’humilité.


Bien que Sabine publie chaque année un nouvel ouvrage, je ne me souviens pas de l’avoir invitée à partager cette chronique. J’entends d’ici des propos qui parlent d’injustice et je ne puis que leur donner raison, car l’écriture de Sabine mérite d’être mise en exergue.


Par ce titre, « Les Parricides » on est en droit de s’attendre à un drame ou s’entremêleraient le sordide et le policier fiction. Il n’en est rien, au contraire, attendez-vous à de l’inattendu. En quelques lignes à peine, nous voici portés à croire que le monde qui nous entoure s’est échappé pour laisser l’imagination de l’écrivain nous prendre par la main… Je pourrais vous décrire l’histoire, mais je n’ai pas envie de commettre l’erreur de vous subtiliser ne fut ce qu’une infime partie du plaisir de sa découverte. Sans réserve, je le conseille. Une histoire rondement menée. Une fiction dans laquelle le destin se fait surprendre par une auteure de qualité. Le livre n’est pas volumineux, il se lit facilement, pardon, il se dévore avec avidité. Inutile de préciser que l’auteure semble apprécier les jeux d’échecs, c’est peut-être de ce détail qu’elle tire son talent. C’est qu’elle en déborde de ce sacré talent. Elle tisse une trame destinée à nous manipuler, nous mener à aimer les protagonistes de son imagination y compris les pas beaux, les lâches à qui l’amour fut confié et qui n’ont pas compris que le plus grand plaisir est celui qui se partage. Un livre condensé dans lequel quelques leçons de vie se découvrent « l’air de rien » et tant pis si quelquefois on se retrouve parmi les méchants, après tout, c’est surtout ça la vie, la vraie, celle ou rien n’est blanc comme on aimerait le croire. Soulevons nos masques savamment maquillés, nous en aurons la preuve. Non, je ne dévoilerai pas les propos de ce livre. Inutile d’insister, je ne vous dirai rien ni sous l’agacement des supplications ni sous la torture (bien que pour cette dernière je retire mes propos). Sabine Dormond pour vos écrits je ne regrette pas les années qui passent, au contraire, je m’impatiente de vous lire très bientôt et tant pis si pour ce plaisir le prix à payer se compte en saisons.


"Les parricides" par Sabine Dormond

publiée le 26 septembre 2017


Sabine Dormond nous confie une habitude, celle de nous faire découvrir chaque année un nouvel ouvrage pour le plaisir de nos mirettes. L’écrivain : sacré bonne femme guidée par une énergie hors du commun, est toujours prête à détourner son chemin s’il faut manifester pour une juste cause. Pour la petite histoire, Sabine fut longtemps à la tête de l’association Vaudoise des écrivains (AVE). Vous l’aurez traduit sans peine, Sabine nous vient de Suisse. J’adore ce pays, j’adore les plumes qui fleurissent sous l’ombre des sommets vertigineux. Ah ces montagnes ! Incontournables témoins de ce que la nature peut accomplir quand lui vient l’envie de décorer la terre de quelques ridules qui nous rappellent à l’humilité.


Bien que Sabine publie chaque année un nouvel ouvrage, je ne me souviens pas de l’avoir invitée à partager cette chronique. J’entends d’ici des propos qui parlent d’injustice et je ne puis que leur donner raison, car l’écriture de Sabine mérite d’être mise en exergue.


Par ce titre, « Les Parricides » on est en droit de s’attendre à un drame ou s’entremêleraient le sordide et le policier fiction. Il n’en est rien, au contraire, attendez-vous à de l’inattendu. En quelques lignes à peine, nous voici portés à croire que le monde qui nous entoure s’est échappé pour laisser l’imagination de l’écrivain nous prendre par la main… Je pourrais vous décrire l’histoire, mais je n’ai pas envie de commettre l’erreur de vous subtiliser ne fut ce qu’une infime partie du plaisir de sa découverte. Sans réserve, je le conseille. Une histoire rondement menée. Une fiction dans laquelle le destin se fait surprendre par une auteure de qualité. Le livre n’est pas volumineux, il se lit facilement, pardon, il se dévore avec avidité. Inutile de préciser que l’auteure semble apprécier les jeux d’échecs, c’est peut-être de ce détail qu’elle tire son talent. C’est qu’elle en déborde de ce sacré talent. Elle tisse une trame destinée à nous manipuler, nous mener à aimer les protagonistes de son imagination y compris les pas beaux, les lâches à qui l’amour fut confié et qui n’ont pas compris que le plus grand plaisir est celui qui se partage. Un livre condensé dans lequel quelques leçons de vie se découvrent « l’air de rien » et tant pis si quelquefois on se retrouve parmi les méchants, après tout, c’est surtout ça la vie, la vraie, celle ou rien n’est blanc comme on aimerait le croire. Soulevons nos masques savamment maquillés, nous en aurons la preuve. Non, je ne dévoilerai pas les propos de ce livre. Inutile d’insister, je ne vous dirai rien ni sous l’agacement des supplications ni sous la torture (bien que pour cette dernière je retire mes propos). Sabine Dormond pour vos écrits je ne regrette pas les années qui passent, au contraire, je m’impatiente de vous lire très bientôt et tant pis si pour ce plaisir le prix à payer se compte en saisons.


"Les Emeraudes de Satan" par Mathieu Bertrand

publiée le 11 juillet 2017


C’est sous le nom de Pie XIII que Mateo Santucci vient d’être élu deux cent soixante-septième Pape de l’Église catholique romaine. L’histoire commence ainsi, à peine entamée, nous attendons la suite.


Dès la première page le regard s’accroche à l’aventure sans que rien, pas même l’heure de l’apéro, ne parvienne à l’en détacher. C’est un premier roman pour l’auteur et j’ose m’avancer en affirmant que c’est une réussite « 1306, Poitiers : le dernier Grand Maître de Molay, sentant la fin de l’Ordre des Templiers approcher, informe le Pape Clément V qu’il est en possession d’une couronne ayant appartenu à Satan lui-même. » Cette phrase, je vous l’avoue à titillé ma curiosité. Satan, templier et le Vatican ; tous les éléments sont mis en place pour que s’éveille le plaisir de frôler la grande aventure. Le Père Paul Kaminsky, agent du service des enquêtes spéciales du Vatican, est sollicité par le Pape. Ce dernier vient de découvrir d’étranges courriers hérités de ses prédécesseurs. Un héritage, certes, mais pas dans le sens positif du terme puisque jusqu’à ce jour, aucun des précurseurs de Sa Sainteté n’est parvenu à mener à bien la mission qui lui a été confiée par l’ange Gabriel en personne (un ange est-il une personne ? Je vous retourne la question)


Le monde risque de basculer, une solution doit être trouvée avant que les forces du mal n’envahissent définitivement notre environnement.


Rondement menée, l’aventure qui se présente réunit un certain nombre d’éléments qui ouvrent la porte à toutes les interprétations. Les secrets du Vatican, la curie et ses influences parfois néfastes, les Templiers, le bien, le mal et je ne vous parle pas des rebondissements. J’ai adoré ce livre, je l’ai adoré pour le rythme soutenu qu’il impose au lecteur. Une intrigue qui nous entraîne sur des chemins étranges sur lesquels marchent des gentils qui sont parfois des méchants et des méchants pas si méchants qu’on le supposait au départ.


Alors que sa mission commence, Le Père Paul Kaminsky rencontre une femme qui ne semble pas le laisser indifférent. Elle est présente pour l’aider, mais tout de même, nous pressentons une complicité et des regards qui pourraient, que nous espérons, qui peut-être prendront un chemin condamnable par l’église et les communautés qui n’ont pas toujours les mêmes horizons. Elaheh, tel est son nom, Iranienne et membre de la secte des Assassiyine, faction criminelle censée avoir disparu depuis près de mille ans. Cette femme, que l’on imagine belle, apporte par sa présence le regard de tous les possibles. Pas d’érotisme, non, des attentions, de la complicité et comme le dirait l’auteur, une sorte d’union sacrée. J’ajouterai que j’adore, je vous l’avoue, lorsque les religions dépassent par obligation, le côté possessif de ce qu’ils prétendent être « La » vérité. J’adore lorsque les « officiants » osent se tourner vers ce que d’aucuns appelleraient « les mécréants ». Pas de guerre de religion, non, de la collaboration afin d’arriver à sauver le monde en retrouvant les émeraudes soigneusement cachées pour des raisons que nous découvrirons dans le dernier chapitre. Monsieur Mathieu BERTRAND, j’ai cru comprendre qu’une suite était en préparation, je l’attends avec impatience et vous souhaite un joli chemin littéraire.


"Jules" par Didier Van Cauwelaert

publiée le 26 juin 2017


Jules, il s’appelle Jules… Un petit bout d’homme qui offre un superbe clin d’œil à son grand-père puisqu’il est né le même jour que ce dernier… Un sept juin : vive la vie et zut aux rhumatismes, ce soir je fais la fête pour oublier les années qui nous séparent.


Une naissance, une découverte littéraire, comment ne pas croire que le destin s’est approprié de l’événement.


La femme de ma vie voulait me faire une surprise, elle s’est mise à la recherche d’un roman écrit autour de ce prénom.


- Celui-ci peut-être ?


Sur la couverture se détachent cinq lettres en dessous d’une truffe qui vous dévisage tout en vous culpabilisant. Les chiens possèdent l’art de vous apitoyer.


Jules est un chien, un labrador, un toutou spécialement dompté pour accompagner une malvoyante. Elle, mignonne comme un abricot d’été, fréquente l’aéroport pour se rendre à l’hôpital en vue (c’est le cas de le dire) d’une opération qui pourrait lui rendre le regard. Lui, scientifique malchanceux, tient une « aubette » qui vend des macarons. Les événements s’enchainent et Jules décide qu’il faut aider ces deux-là à faire un pas de deux. La suite ? Héhéhé, ne comptez pas sur moi pour dévoiler l’intrigue, laissez-vous charmer par cette belle aventure, que du bonheur !


Jules est un roman qui procure une évasion subtile au cœur d’une intrigue des plus intéressantes. On sourit beaucoup en présence des antagonistes tout en espérant que les blessures s’éloigneront de ces êtres attachants. L’amour est malmené, mais pas dans le sens que prendrait une imagination logique. Vous qui avez probablement chéri, ne pouvez ignorer que les douleurs qui blessent sont quelquefois dévastatrices. Ici, l’auteur a le talent de rendre hommage aux amoureux déchus, ceux qui offrent la noblesse de construire plutôt que détricoter. On ne connait que les instants présents, tant mieux, l’avenir ne porte pas toujours les couleurs de nos espoirs, de nos fantasmes ou plus simplement de l’assombrissement mis en place par les circonstances. Oups, je vous embrouille, ne m’en veuillez pas, le livre est si beau que je peine à le décrire. Cerise sur le gâteau, JULES existe en format poche (Le roman, pas le chien).


Je rends hommage à l’écrivain Didier Van Cauwelaert d’avoir réussi à mettre en exergue la difficulté que représente le domptage d’un chien accompagnant. Je remercie l’auteur de m’avoir fait vibrer. JULES, un roman surprenant, une histoire des plus intéressantes narrée par une écriture fluide.


En attendant que vous poussiez la porte de votre librairie préférée, permettez-moi cette légère entorse en souhaitant le plus joli destin à Jules Decoster.


Les écrivains belges à l'honneur

publiée le 13 juin 2017


Ne prétendez jamais que nos écrivains ne possèdent aucun talent. Et c’est peut-être la maladie que porte notre siècle, celle d’envier l’assiette de nos voisins en boudant les trésors qui brillent sous nos regards.


Je suis convaincu que nos plumes méritent notre reconnaissance et c’est la raison profonde pour laquelle je vous invite à vous joindre à moi pour remercier celles et ceux qui, par leur talent, font découvrir nos villes et nos villages au-delà de nos frontières.


Le 21 mai dernier, j’ai eu la chance et l’honneur d’encadrer cinq auteurs belges au salon International du livre de Mazamet. Certes, Mazamet n’est pas Paris, mais malgré les 1200 kilomètres qui la séparent de nos contrées, ce Salon du livre est un événement incontournable pour tout écrivain qui désire approcher l’international. À titre d’exemple, c’est au Salon de Mazamet que l’on rencontre sans la moindre barrière Marc Galabru (†), Michel Montfort, Isabelle Bois, Christophe Chabbert et dernièrement, Anthony Augusto coproducteur de la série « RIP ». Cinq auteurs belges vous écrivais-je, cinq jolies plumes qui ont été reçues avec tous les honneurs. Même si plusieurs nationalités furent représentées (France, Hollande, Sénégal, Autriche, etc.) le drapeau belge flottait aux côtés du drapeau français et européen. Ce geste symbolique offrit à nos compatriotes, l’impression d’être mis à l’honneur et c’est bien d’honneur que nous devons parler. Ludiane de Brocéliande (Le syndrome de thaler), Patricia Fontaine (Cape Verte), Isabelle Grenez (L’heure de la Renarde), Périnne Péters (146 centimètres… Le soleil), Jean Pierard (Le blues de Milo & Vénus) ont été reçus par leurs pairs et salués pour la qualité de leurs écrits. Cerise sur le gâteau, deux écrivains belges ont été nominés pour le prix « Roman » aux côtés de la talentueuse auteure Sonia Nadeau (L’enfant du nuage) [voir nos rubriques précédentes].


Patricia Fontaine ne cacha pas son émotion lorsqu’elle entendit prononcer son nom à la suite de la phrase « Le lauréat pour le prix roman 2017, à l’unanimité du jury est… ».


Périnne Péters, nominée pour le même prix n’a pas à rougir, le jury a dû choisir parmi trois romans exceptionnels, il n’y avait qu’un Lauréat, j’avoue que personnellement j’aurais placé les trois lauréates sur un pied d’égalité. Les sujets sont diamétralement différents, l’écriture n’a rien de comparable, mais chacune apporte au lecteur cette agréable sensation d’être aspiré dans une histoire que l’on n’a pas envie d’abandonner.


Enfin pour clôturer ce petit mot, j’aimerais ajouter que les cinq Belges participants présentaient des œuvres qui méritent nos regards. Comme le disait si bien un membre du jury, faire un choix cela donne parfois l’impression de déchirer son âme. Nos auteurs sont revenus en Belgique gardant les souvenirs d’un week-end singulier et si quelques personnalités ont salué la performance de nos écrivains, cela reste anecdotique. Oublierait-on que les écrits portent le témoignage de nos civilisations ? C’était un événement rarissime, mais si j’en crois le silence qui l’entoure, l’exception semble devenue banale…


"Les Aventures de TaTa Bougnette" par Lou Florian

publiée le 16 mai 2017


Drôle, bedonnant. Style impossible à comparer sauf peut-être (pour référence) à l’écrivain San Antonio et son Bérurier.


Tata Bougnette est une femme d’un âge respectable et respecté. Entourée de ses voisins, de sa nièce Ninette (qui radine ses jolies fesses) et de l’intarissable réserve de « banyuls », elle assume les années écoulées et apprivoise ses inconvénients. L’incontinence la gêne un tout petit peu, mais qu’importe, puisque l’on change de culotte chaque matin et qu’entre deux aurores, on assure l’incommodité. Soulignons que l’auteur décrit la petite ville de « Collioure » d’une plume si joliment posée qu’il me tarde de la connaître. Si je puis me permettre, une statue de "Tata Bougnette" devrait être érigée au cœur de cette cité.


« Aujourd’hui, tu as le soleil qui se la joue caliente ! Il a dû badigeonner sa biscotte du matin avec de la marmelade de piments rouges. Et se l’enfiler goulûment dans le gosier. Juste avant de se lever à l’horizon. Et du piment au petit-déjeuner, c’est plutôt risqué. Ça, tout le monde le sait ! L’astre chaud en est devenu brûlant. Tout brûlant. Écarlate. Et lorsqu’il s’est levé sur la mer, à l’aube naissante, il était rougeoyant comme une tomate mûre. En un instant, le ciel et l’horizon se sont revêtus de pourpre. Avant de décliner fort heureusement vers les orangés. Alors aujourd’hui, je te le dis, il fera caliente, caliente ! Mais depuis quelques jours déjà, le soleil a le feu au caleçon ! »


Certes, TaTa Bougnette à de la bouteille et ce ne sont pas les années qui l’empêchent de se laisser entraîner dans de folles aventures. La voici à l’affût d’un tueur en série, assiste le père Noël à remobiliser ses rennes partis en grève en raison d’un manque de « banyuls » [vin doux naturel d’appellation d’origine contrôlée produit sur quatre communes du sud de la France] (pas facile de cultiver des vignes au milieu des neiges éternelles) et enfin, la voici partie dans le pays des lapins urticants à l’aide d’une drôle de machine fabriquée par un oncle disparu depuis pas mal de temps et dont elle a, par inadvertance, actionné la mise en marche.


Restons honnêtes, ce n’est pas un livre destiné à l’intellectuelle en recherche de littérature alambiquée cependant, et je vous y invite, prenez le livre pour vos journées à la plage en n’oubliant pas de vous enduire préalablement de protection solaire (après vous oublierez de le faire). Emmenez-le dans le train à bord de l’avion et assumez vos éclats de rire.


Une écriture originale et qui sous ses aspects simplistes dévoile un travail de fond. Les mots sont souvent crus, jamais vulgaires, mais après tout qui n’a jamais rigolé d’une flatulence échappée d’un aîné ? Derrière les éclats de rire se cachent tous les petits problèmes auxquels doivent faire face les personnes d’un âge respectable. On peut en pleurer, on peut en rire, question de mentalité et une sacrée leçon d’espoir.


Lou Florian, plus qu’un artiste, une sorte de génie. Lou c’est Lou et je n’ai qu’un souhait, c’est qu’il reste Lou.


"Droit Devant Toi" par Henri Girard

publiée le 02 mai 2017


Aborder l’adolescence, alors que vous devez déménager sans discontinuer en raison de l’ambition de votre père, c’est probablement une excellente raison pour fréquenter la solitude. Pas facile de trouver refuge ou confidence auprès d’une mère soumise à l’autorité de son mari, car probablement par démission ou facilité ce qui revient au même, elle ne prête attention qu’aux images destinées aux regards éteints de ceux qui lui ressemblent. Le décor est mis en place, j’avoue m’y être plongé au point d’en oublier mon environnement.


Rien ne semblait briser la monotonie d’une vie programmée par un père autoritaire et c’est avec talent que l’auteur nous offrira une histoire des plus intéressantes. Favorisée par ce nomadisme forcé, une amitié profonde va naître entre deux ados que rien ne prédisposait à se rencontrer.


Est-ce l’attrait des opposés qui s’attirent ou la découverte d’une forme d’exotisme rural ? Peu importe, un gamin découvre qu’une autre vie existe et il l’approche comme s’il venait de renaître au cœur d’un nouveau monde.


Le narrateur découvre une famille aimante et ce qu’il n’a jamais approché jusqu’à ce jour, va le faire chavirer dans ce que j’ose appeler un chemin initiatique. Ce n’est jamais facile de découvrir le bonheur, car s’il s’offre à vous, encore faut-il pouvoir l’apprivoiser. Ce n’est jamais simple de briser sa solitude et l’égoïsme qui vous colle à la peau. L’amitié donc, mais également les premiers désirs et comme vous le pressentez probablement, la jalousie n’est jamais loin du verbe aimer. Ainsi, avec une habileté remarquable, l’auteur assemble tous les éléments pour que le lecteur soit témoin d’une aventure astucieusement construite autour d’une équipée peu commune. D’un côté, un père ambitieux et maladroit dans son éducation et de l’autre, un homme qui offre sourires et simplicité de vie.


J’ai aimé chaque personnage pour les « gueules » qui semblent dessinées en finesse littéraire. J’ai adoré le cheminement de l’histoire, j’ai tremblé devant les manipulations subtilement abordées par l’auteur. Je ne vous cacherai pas non plus que l’érotisme que l’on devine, plus qu’il ne s’étale, a séduit mon imagination.


Henri Girard, originaire de l’Orne, est conseiller littéraire et milite pour la défense de la langue française, j’avoue que j’ignorais ce détail. Avant de fermer le livre, alors que la dernière phrase m’obligeait à revenir à la réalité, j’ai osé l’analogie en puisant dans les souvenirs que j’ai gardés de ces chefs d’œuvres qui nous ont fait vibrer : « L’été meurtrier », «Le Cercle des poètes disparus ».


« Droit devant toi » est un roman qui restera dans ma bibliothèque. C’est un livre que j’irai chercher de temps en temps, comme ça, juste pour le plaisir ou pour le conseiller si l’opportunité venait à se présenter.


Belle histoire, facile à lire, un objet qui me fait dire que la littérature est loin de l’essoufflement et, c’est du bonheur !


"Le silence ne répond jamais" par Pierre Mainguet

publiée le 18 avril 2017


Il arrive par le train et en sortant de la gare, cherche des yeux un taxi. Un chauffeur se présente en roulant les « rrr » avec ce drôle d’accent que nos amis de l’Est, la Russie peut-être, offrent comme une chanson. Ce dernier propose au visiteur de le déposer devant un « Chouette hôtel », confortable et pas trop cher. Évidemment, vu sous cet angle, le visiteur ne peut refuser.


L’hôtel est une maison de passe. Je pourrais vous décrire l’histoire en vous offrant moult détails, ce ne serait pas honnête pour simple raison que ce roman mérite tous les hommages. C’est un livre non pas coloré, mais saupoudré avec finesse de sentiments, de couleurs, de décors inattendus que l’on ne peut retenir nos éclats de rire, une larme parfois et certainement de l’empathie pour le personnage principal. Un livre, que dis-je, un chemin qui nous entraîne vers une fin probable, le suicide et pourtant !. Pierre Mainguet adore la photographie et cette passion se ressent au travers de ses écrits. Même si nous parlons de livre, domine un éclairage savamment dosé qui se joue de la lumière et accentue les ombres. C’est une écriture des plus intéressantes, une écriture agréable, une réussite. Chaque scène puise sa force par la simplicité et pourtant, moult détails taquinent le regard. Les personnages sont attachants, ils possèdent des « gueules » que l’on imagine sans peine. Rien de spectaculaire, mais justement, c’est la force talentueuse d’un écrivain qui mérite amplement ce titre. Écrivain vous l’êtes Monsieur Pierre Mainguet et votre livre résonne en moi comme peuvent le faire les surprises auxquelles on ne s’attend pas. Au cœur de l’intrigue, une histoire d’amour. Elle est belle, grande, unique. Elle force nos souvenirs à dévoiler nos premiers regards, nos premiers émois sans ne jamais tomber dans la vulgarité. Et combien même, la nudité des corps se découvre en un érotisme subtil, au diable les hypocrites, la beauté mérite que l’on attarde son regard quand il est joliment porté.


C’est un livre écrit sans inutiles rondeurs, sans raccourci facile. C’est un roman qui laisse porte ouverte à tous les devenirs.


Il voulait trouver la mort à cause des circonstances, il découvrira que chaque respiration mérite d’être vécue. Vous l’aurez compris, j’ai adoré « Le silence ne répond jamais » rédigé avec brio par l’écrivain brabançon « Pierre Mainguet ».


Ne boudons pas notre plaisir, la maison d’édition « Académia » fleuri à Louvain la Neuve. Ne vous l’ai-je pas déjà écrit ? J’aime nos écrivains, ils méritent notre attention.


"Le Syndrôme de Thaler" par Ludiane de Brocéliande

publiée le 21 février 2017


Elle, c'est une femme entière, souriante, douce comme le serait une plume, un duvet posé sur le souffle du vent. Lui, c'est un livre, un roman, une ode à l'amour, un appel à se tenir bien droit devant les ombres qui ternissent nos destins. Elle, romancière belge, issue de notre terroir (pas loin de Jodoigne) nous emporte sur les ailes d'une histoire passionnante. J'ai adoré.


Ludiane de Brocéliande ne m'avait pas habitué à la prose. Femme poète, au sens noble défini par le dictionnaire, la voici qui nous propose un premier roman. Premier roman certes, mais qui mérite d'être nominé au rang des ouvrages à découvrir. Bravo Madame vous pouvez vous vanter de m'avoir séduit par votre prose.


"Le Syndrome de Thaler" est un livre moderne, contemporain par les sujets approchés. Que dire des situations habilement décrites sans crainte de soulever un tsunami de questions pertinentes. Dans quel type de société aimerions-nous vivre et si ce rêve venait à se réaliser, comment empêcher que ce dernier ne se transforme en cauchemar?


Une machine inventée pour remplacer les dirigeants de notre planète. Pas de sentiment, juste prendre les décisions qui permettent à chacun de trouver sa place et pour cause, la machine n'utilise que sa logique sans être, à l'opposé des humains, encombrée par de possibles remords. C'est par un génocide que se met en place une nouvelle civilisation. Plus de la moitié de l'humanité est éradiquée pour simple raison qu'elle représente un risque potentiel pour les survivants en sursis. Manipulations, trahisons et retournements de situations essaimeront votre lecture.


Et pourtant, si je vous parlais d'amour? Une histoire telle que nous en rêvons peut-être? Une histoire superbe pour simple raison que l'écrivain nous la dévoile en toute simplicité. Pas de guimauve, juste le bonheur de deux êtres qui se complètent à la perfection. Un poète et une danseuse, ils n'ont rien de commun, ils n'ont rien qui puisse les rapprocher sauf l'Art qui les transporte et que chacun élève au point d'effleurer la perfection. L'amour sauvera le monde, je ne vous dévoile rien, j'anticipe vos questions sans effriter le suspense d'une histoire intelligemment construite. Anticipation, science-fiction, romance? Cataloguer ce livre n'est pas une sinécure, qu'importe, plongez dans sa lecture et découvrez la force et le talent de nos auteurs. Oui, je vous parle de talent et d'originalité.


Vous faites confiance à votre ordinateur. Hm hm, peut-être faudrait-il faire preuve d'un peu plus de prudence.


Ludiane de Brocéliande (www.ludianedebroceliande.net)
Le Syndrome de Thaler, "Prix Belgique la journée du manuscrit 2016"


"Vénus en Ré" par Christine Burnet

publiée le 07 février 2017


Forêt Notre-Dame. Une femme nue au pied d'un arbre.


C'est la septième victime de "L'homme au catogan" et d'après les enquêteurs, pas une piste n'est exploitable.


D'après la police, c'est l'une des énigmes les plus compliquées à résoudre depuis de nombreuses années. Sept victimes sans "modus operandi" et c'est ce manque de marque distincte qui fait douter les enquêteurs. Il est très rare qu'un tueur en série ne signe ses meurtres ne fut ce que par la répétition de certains détails. Morphologie de ses victimes, lieux et environnements, type d'arme usitée, maquillage, mise en scène.


Rien, aucun indice ne permet d'élaborer la moindre piste et s'il faut croire les enquêteurs, le ou les assassins démontrent une intelligence qui le ou les rend particulièrement dangereux.


Sur l'ile de Ré, les habitants se terrent. Chacun appréhende d'être la prochaine proie de cette folie meurtrière. Soulignons tout de même un fait étrange relevé malgré l'omerta policière. L'une des victimes serait la fille de l'un des hauts gradés chargés de l'enquête. Si ce fait venait à se démontrer, nous serions confrontés à un manque flagrant de déontologie au sein des forces de l'ordre.


Dans son dernier roman "Vénus en Ré", Christine Brunet offre à ses lecteurs le plaisir de frissonner au cœur d'un labyrinthe intelligemment construit. On y retrouve nos acteurs préférés (voir Dégâts collatéraux), deux inspecteurs complémentaires qui nouent des relations pour le moins ambigües. Des meurtres en série, des policiers qui pataugent, des professionnels qui bâclent le boulot et obligent les plus hautes instances à réintégrer une inspectrice démissionnaire. Inspectrice, médecin légiste ? J'avoue ne pas être certain de la définition qui convient à ce petit bout de femme. Femme certes, mais têtue comme une porte de prison et qui arrose son coéquipier de toute la rancœur qu'elle porte à, à quoi au juste? Amour et ressentiment, haine ou attirance, tout se mélange et c'est tant mieux.


Christine Brunet est l'une des écrivains contemporains à classer parmi les "incontournables". Née dans le sud de la France, passionnée de langue, elle étudie le tchèque à Prague avant d'apprendre l'arabe au Caire. Rédactrice en chef de la revue littéraire belge "Les petits papiers de Chloé" et présentatrice de l'émission culturelle "Actu-Tv" elle porte les auteurs à bout de bras et mérite tous les hommages.


"Vénus en Ré" Christine Brunet, c'est paru aux éditions Gascogne ISBN: 978-2-36666-093-7


"Soilhas Ribeira" par Joseph Ingrassia

publiée le 24 janvier 2017


L'histoire se déroule en Colombie, dans le centre de Bogota. Un homme, cireur de chaussures, ne manque aucune occasion pour pénétrer dans les églises. Il adore se laisser porter par les histoires que raconte l'officiant quand ce dernier prend la parole pour aborder son prêche.


Vous rêvez de lire un roman qui vous apporte un courant d'air de tendresse? Un roman qui s'effeuille avec attachement? Ne cherchez plus, je ne sais pas pour vous, mais moi, j'ai adoré.


Soilhas est un modeste cireur de chaussures. Affublé d’un handicap, il lui manque un bras et de ce fait, sa main gauche est directement rattachée à l’épaule. Il l’appelle sa main malhabile. Une brume, quelquefois, lui obscurcit l’esprit, ce qui fait dire à certains qu’il est un peu lent. Il a 25 ans et patiemment, met ses économies en sûreté chez un prêtre dans l’espoir de pouvoir s’acheter une petite échoppe. Il rêve de ne plus devoir travailler dans la rue, oui, mais, le prêtre !?


Un jour témoin d'un accident Soilhas se penche sur la victime. Un événement qui lui permet de découvrir qu'il possède un don extraordinaire. On pourrait croire que ce don est une bénédiction, cependant tout a un prix et l'addition que Soilhas devra payer est un abyme. Aurais-je hésité si j'avais eu la chance ou la malchance de posséder le pouvoir de guérir sachant qu'à chaque soulagement offert, c'est comme si ma vie venait à s'effriter ? Soilhas ne marquera aucune hésitation, il ne se pose pas la question, car pour lui, s'il possède ce don, c'est qu'il a le devoir de s'en servir, de le partager.


Soilhas Ribeiro est un roman attachant, un livre qui fait du bien, qui porte par sa simplicité le talent de son auteur. L'auteur, Joseph Ingrassia est médecin urgentiste. Une profession qui nous offre probablement les raisons pour lesquelles il approche l'humain avec cette sensibilité profonde. Derrière les sourires que sème ce roman, semble se cacher une forme de frustration. C'est peut-être de ne pouvoir guérir tous les tourments qui se présentent à ses yeux de médecin qu'est venue l'idée d'écrire cette belle histoire. Soilhas Ribeiro est un récit particulièrement attachant. L'auteur nous projette une autre vision du monde, une vision positive qui démontre l'espoir sans toutefois éluder la souffrance de cet instant vers lequel nous nous dirigeons tous : la mort. Certes, la tristesse que cette dernière essaime nous est insupportable, mais ne nous voilons pas la face, la mort peut être belle, question de regards, de circonstance aussi, de préparation peut-être?


Soilhas Ribeiro est un livre qui fait du bien. Il n'élude pas les réalités de vie, non, au contraire, il les décrit avec simplicité et c'est cette simplicité qui offre au lecteur l'impression de vivre en lieu et place des amis de Soilhas. Un conte moderne, une sorte de trésor, je vous le recommande, il n'est pas très cher et vous remplira la tête d'un joli vent de tendresse.


"La Maison" par Marie Klimis

publiée le 10 janvier 2017


Il y a longtemps que je n'ai plus arrosé mes souvenirs d'enfant avec une telle fraîcheur d'écriture. Impossible de ne pas songer à Saint Ex et "Le Petit Prince". Vous vous souvenez. ? Récit qui se découvre à chaque lecture, car, comme les poupées russes, il révèle profusion d'allégories. C'est le genre de lecture à laquelle chaque étape de la vie peut s'accrocher sans prise de tête et à tout âge s'il vous plait ! On ne l'écrira jamais suffisamment, le génie se découvre dans la simplicité.


Je viens de refermer "La Maison", un roman joliment écrit par la plume de la jeune écrivain "Marie Klimis". C'est une histoire complètement disjonctée, contée par une maison. Une maison qui parle. Une maison qui raconte ce que ses murs observent. Une maison qui possède un cœur gros comme ça. Certes, il y a ce tableau qui pique des crises de colère à faire trembler les murs. Des portes qui claquent, des assiettes qui tombent et ne croyez pas que nous parlons de fantômes, non, nous découvrons le bonheur d'une sorte de conte de fées, d'un monde imaginaire, d'un joli rêve approché par un talent qui mérite d'être placé sous les feux des projecteurs.


Une petite fille arrive à dos de mouton et décide de repeindre les lattes du plancher. Un mouton certes, mais un mouton glouton qui mange tout ce qu'il trouve. Une adolescente troublée par ce grand chambardement quand une enfant découvre qu'elle devient une femme. Et puis, il y a cette cuisinière, un peu sorcière, qui offre des chocolats qui rendent amoureux.


Énorme frustration de dévorer la dernière page. Mais tout a une fin, il faut bien que l'auteur aboutisse son ouvrage. C'est un peu comme les vacances, on entrevoit ses richesses le jour de la rentrée.


Bref, je n'ai pas résisté au plaisir d'inviter Marie Klimis à répondre à mes questions. Nous avons pris rendez-vous au "Château de l'Ardoisière" afin de profiter de la gentillesse des propriétaires (merci). Un cadre merveilleux en plein cœur de Jodoigne. Rien de tel pour tourner quelques images. Sans la moindre hésitation, Marie a répondu à cette invitation. Pour ce faire, elle a traversé la Manche. Ha ! j'oubliais, Marie Klimis, originaire de Belgique, vit actuellement en Angleterre. Ceci explique peut-être cela ? Car quoi, n'est-ce pas sous l'ombre de "Big-Ben" que Marie Popins a vu le jour, n'est-ce pas sur cette île que l'on risquerait de rencontrer "Alice au pays des merveilles » ? Et le petit dernier, Harry Potter "of course what else?"


Premier roman, bravo ! Plongez vos yeux dans ce récit c'est se retrouver avec des étoiles plein la tête et l'envie de s'envoler sur le dos d'une étincelle. Oui, une étincelle, car ce livre brille par son originalité.


Qui êtes-vous Marie, qui êtes-vous vraiment ? Maman Belge, papa Grec et vous voici en Angleterre pour des études théâtrales. Vous ne choisissez pas la facilité et pourtant, sourires aux lèvres, joie de vivre, vous nous partagez un grand souffle de tendresse. Par les temps qui trottinent, on en a bien besoin. Marie Klimis, retenez ce nom, je gage qu'il raisonnera bientôt parmi les incontournables.


S'il te plait, Marie, dessine-moi un mouton.


Jean-Luc Dousset

publiée le 20 décembre 2016


Il y a quelques semaines à peine, l'auteur, journaliste et historien Jean-Luc Dousset honorait notre terroir d'une visite de quatre jours à l'occasion de sa participation à : "Écrire l'Histoire", le Salon du livre d'histoire de Bruxelles.


Jean-Luc fait partie de ces curieux qui cherchent et découvrent ces personnages oubliés qui, pourtant, marqueront leur époque. Son premier livre, une autobiographie historique, parle d'un député, Philibert Besson, qui aurait pu influencer la politique française s'il avait été écouté par ses pairs. Comme le décrit le quatrième de couverture, c'est un homme pugnace en lutte contre les pouvoirs établis ; un homme dérangeant qui sera accusé de démence et de malversation. Il sera, 70 ans avant l'euro, l'un des pères de la monnaie universelle : l'Europa. Déchu de ses fonctions électives en 1935, il prend le maquis et devient l'homme le plus recherché de France.


Pour son second livre, Jean-Luc Dousset avait été invité sur nos antennes, porte le titre interpelant de : "Ferdinand le Débile".


J'adore ce titre. C'est une œuvre qui nous fait remonter le temps jusqu'en 1773, puis franchir les portes du palais de la Hofburg (Vienne). 1973 année de naissance de l'héritier de l'Empire austro-hongrois, bien que, rien n'est gagné d'avance... Ferdinand atteint d'hydrocéphalie, est rachitique, souffre d'épilepsie et j'en passe. Survivra-t-il et dans l'affirmative, comment arriver à régner ? Sa Majesté François hésite, peut-il décemment faire de Ferdinand son héritier ? Dans les coulisses, le Prince de Metternich cherche une marionnette, Ferdinand répond à ses attentes. Il le forme, le façonne, le marie...


L'entourage de la cour prend Ferdinand pour un débile cependant, le peuple l'aime et le surnomme : "Ferdinand le bon". Vous croyiez tout connaître des Habsbourg ? Détrompez-vous, Jean-Luc Dousset a le talent pour dépoussiérer l'Histoire.


Enfin, dans le désordre, le troisième ouvrage de Jean-Luc Dousset fait revivre l'incroyable destin de "Giampietro Campana".


La vie exceptionnelle (1808 - 1880) de celui qui fut sans doute le plus grand collectionneur de l'histoire. Ce dernier rassemblera en moins de trente ans un nombre impressionnant d'antiquités et d'œuvres d'art. Sa collection fut et restera probablement la plus imposante de l'histoire". Accusé de détournements de fonds, condamné aux galères... L'œuvre de sa vie suivra sa déchéance puisque finalement détruite.


Jean-Luc Dousset, un auteur plein d'avenir. Une écriture des plus intéressantes et des sujets qui captivent jusqu'au bout de la nuit.


"Dégâts Collatéraux" par Christine Brunet

publiée le 06 décembre 2016


Les amateurs de « Thriller » ne seront pas déçus. Les plus exigeants ont toutes les raisons de prêter attention aux œuvres de l’excellente écrivaine (écrivain pour les puristes) Christine Brunet. Sans vouloir paraître incisif, j’avoue lui porter rancune pour raison qu’elle est à l’origine de deux ou trois nuits blanches. Auteur(e) incontournable, qui nous vient de Marseille, Christine nous entraine au centre d’une l’histoire qui ne s’essoufflera que le temps de tourner les pages.


Montagnes d’argent qui disparaissent, des témoins éliminés, des preuves effacées, manipulation, chantage et j’en passe. L’humain déploie ici son côté le plus sordide. Difficile de ne pas soupçonner les enquêtes d'être infiltrées et si ce pressentiment venait à être avéré, par qui et de quelle manière ? La FSE, « Force spéciale européenne » est chargée de l’affaire. Les policiers cherchent, fouillent, ne trouvent rien de tangible. Il y a bien ce policier, cette femme légèrement androgyne, présence obsessionnelle qui éveille les suspicions. Une flic qui enquête malgré sa mise à pied, comportement douteux, on le fait savoir sauf que...


Bref, vous l'aurez deviné, tous les ingrédients sont réunis pour vous tenir en haleine. Des ingrédients, certes, mais faut-il encore avoir le talent pour mener la dance d'une histoire pleine de rebondissements. Talent pour étonner le lecteur quand il découvrira que les "Thriller" écrits par Christine séduiront les plus blasés du genre...


Christine trace l’intrigue d’une main magistrale et ce qui ne gâche rien, conjugue le verbe avec dextérité. Elle rebondit sans essoufflement, nous nargue au fil des pages, nous hypnotise par la construction intelligente du récit. Des personnages hors du commun, des amants qui s’aiment, mais qui peinent à partager la confiance et pour cause, sont-ils du même camp ? Christine Brunet s’appuie sur une documentation précise et de son propre aveu, prend le temps nécessaire à rassembler les éléments sur lesquels s’appuiera le roman. Je ne vous parle ici que d’un titre : « Dégâts collatéraux » paru aux éditions Chloé des Lys, mais que dire de ses autres titres ? Nid de vipère, Poker menteur, Convergences ? Rien, ce ne serait jamais qu’un résumé dévalorisant. À lire avec passion, à offrir sans retenue.


Je vous l'avoue, l'impatience me ronge de découvrir son petit dernier qui ne saurait tarder : "Vénus en Ré".


Madame Brunet, vous lire fut un cadeau. Vos ouvrages font partie des perles qui illuminent ma bibliothèque et même si le meurtre fréquente votre plume laissez-moi saluer votre maitrise du genre.


Chouette Magazine (Ma Coccinelle Communication) | rue de l'Abyme 5, RAMILLIES (Belgique) | +32 81 34 27 33

Rejoignez-nous sur Facebook et sur Twitter