Chouette Magazine

Archibald & Co

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Chronique littéraire

Catégorie : Arts & Culture

Chroniqueur depuis décembre 2016



Librairie Archibald & Co

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Bonne route vers Saint-Jacques

publiée le 24 octobre 2017


Nous sommes donc sur les chemins de Compostelle en compagnie de Jean-Claude Servais. J-C Servais, auteur dessinateur belge est habitué à nous faire découvrir la Gaume et les Ardennes belges. Et cette fois il nous emmène sur les chemins de Compostelle, en Belgique, France, Espagne mais aussi en Allemagne et en Scandinavie. Les personnages vont se croiser sur la route, au même rythme qu’ils croisent les histoires de leurs prédécesseurs en un subtil mélange de passé et de présent.


Lieu hautement symbolique, Compostelle attire chaque année des milliers de pèlerins à travers l’Europe. Et nous allons y retrouver Blanche, Céline, Dominique et Alexandre qui vont, eux aussi, emprunter ce chemin à un moment de leur vie. Dépositaire d’un savoir précieux auquel son grand-père alchimiste l’a initiée, Blanche part de Belgique sur ses traces, après qu’il eut été retrouvé sans vie sur une plage près de Compostelle. Le point de départ de Céline se situe au Mont-Saint-Michel, où elle a commencé son noviciat, Dominique de Saint-Mathieu de Fine-Terre en Bretagne. Quant à Alexandre, guide de montagne dans les Alpes suisses, c’est le décès de Margaux qui va le jeter, lui aussi, sur cette route pleine de questions, mais peut-être aussi de réponses. Deux femmes, deux hommes, quatre personnalités distinctes, venus de quatre horizons différents pour suivre pas à pas les méandres d’un parcours unique. Au fil de ces voyages initiatiques et de ces destins croisés, Jean-Claude Servais nous emmène avec lui, pour un récit en sept albums, sur les chemins de France et nous fait découvrir des paysages sublimes et des lieux nourris de culture, d’histoire et de mystères.


Jean-Claude Servais est un dessinateur réaliste qui aime parler de la campagne et de sa région, la Gaume ; son univers est à la fois sensible et doux et cela colle parfaitement avec ce récit dont le quatrième tome sort aujourd’hui. Des personnages attachants, en quête de réponses existentielles, de sérénité, de connaissances aussi. Une plongée passionnante dans notre patrimoine européen (les Chemins de Compostelle sont depuis 1987 reconnus comme le premier itinéraire culturel européen) qui s’associe à une remarquable qualité documentaire. Il s’attache à décrire avec précision l’atmosphère, l’histoire et le mystère des lieux traversés par ses personnages et nous fait ainsi voyager au fil des pages et des albums.


Sept tomes pour raconter les trajectoires de quatre personnages… Ce chiffre 7 aurait-il une valeur symbolique lui aussi dans le cadre de ce récit inspiré ? Le chiffre 7 est un chiffre magique, bien sûr ! Dira Jean-Claude Servais et il lui faudra bien ça ! Au troisième tome, nous n’étions qu’au niveau de Nantes et de Paris. Il y aura encore du chemin !


Des flèches de Notre-Dame aux souterrains de Doué-la-Fontaine, en passant par la cathédrale de Chartres et le château de Gilles de Rais, c’est le premier circuit d’un mystère sanglant qui se boucle dans ce quatrième volume. Quand le passé se fait obstacle à l’avenir, il faut l’innocence de l’amour pour continuer d’avancer sans se retourner. Et si le Vampire de Bretagne n’était pas celui que l’on croyait ?


Bonne route vers Saint-Jacques.


Sara Lone

publiée le 10 octobre 2017


Il est des jours où la vie ne vous fait pas de cadeaux. Gogo-danseuse d’une boîte de striptease de La Nouvelle-Orléans, sous le nom de scène de Sara Lone, Joy Carruthers apprend qu’elle est accusée du meurtre de son patron et que son père a été victime d’un assassinat. Et pour agrémenter le tout, la mafia locale met un contrat sur sa tête et les fédéraux lui collent aux basques pour une raison inconnue. Il y a plus facile pour bien débuter dans la vie, surtout lorsque vous êtes un joli brin de fille à peine sortie de l’adolescence et que vos amis se comptent sur un doigt !


Sara Lone fait partie des nombreux titres édités en crowdfunding par les éditions Sandawe.
3 tomes ont déjà été financés, ce qui montre bien que la série porte un intérêt certain au public.
C’est du polar, du vrai ! En auteur averti, Erik Arnoud mobilise tous les ingrédients de base que le genre met à sa disposition. Il nous propose un scénario classique dans les grandes lignes, mais qui vous ouvre l’appétit dès le début et laisse préfigurer du meilleur.
Le premier tome « Pinky Princess » qui date de 2013 était une formidable mise en bouche.
Mais tout réside tout de même dans le dessin de David Morancho, jeune dessinateur espagnol qui nous servait sa première bande dessinée de par chez nous. Il fait preuve d’une maturité et d’une constance dans le dessin qui trahissent déjà une certaine expérience de l’illustration. Son trait est fin et souple et l’encrage léger, les divers protagonistes comme les décors sont bien en place et transpirent les États-Unis du début des sixties. Un découpage et des cadrages très cinématographiques dans leur approche donnent à l’ensemble un rythme et une ambiance qui ne sont pas sans rappeler certaines productions du 7e Art américain.
Après un tome 2 tout aussi bien réussi dans lequel Sara est secrètement recrutée par un mystérieux organisme fédéral pour participer à une opération « humide » dont elle ignore tout. Pour elle le choix est simple ; se retrouver sur la chaise électrique pour l’assassinat de son patron ou participer à l’opération.
Dans le 3ème volet sorti cette fin septembre et intitulé « Sniper lady », c’est une nouvelle partie qui commence pour Sara qui n’a plus de marge de manœuvre. Elle va subir la pression de Janus, son agent traitant et il va falloir jouer serré pour ne pas être broyé par l’engrenage du complot qui se dessine. Sara sortira t’elle indemne de ce troisième tome haletant pour lequel il faudra attendre la suite dans le tome 4 ?


Bref un superbe polar élu meilleur bd du festival « polar » de Cognac. À découvrir absolument.


Harmony

publiée le 12 septembre 2017


Un petit mot de la série « Harmony » de Mathieu Reynès, auteur de la série Alter ego. Fin de cycle avec la sortie du 3ème tome de la série.


Une série un peu déboussolante pour débuter. En effet, tout commence par une scène de dispute entre des Dieux pour ensuite basculer 4000 ans plus tard et débarquer gentiment chez une famille bien classique en train de déjeuner. Puis… nous voilà enfermés dans une cave aux côtés d’une jeune fille amnésique. Tout comme elle, nous ignorons si elle est détenue prisonnière ou tout simplement l’hôte du mystérieux Nita chez qui elle se trouve. Nous voici au cœur de l’histoire et comme Harmony, nous allons chercher des réponses.


Qui est-elle ? Qui est-il ? Pourquoi est-elle enfermée dans une cave ? Pourquoi a-t-elle des marques de piqûres au bras ? En guise de réponse nous aurons simplement le droit de savoir qu’elle est en sécurité et qu’il ne faut pas s’inquiéter. Mais est-ce vraiment rassurant ?


Un premier tome plutôt captivant mais qui au final nous en dit encore très peu sur ce qui se trame réellement. Ce n’est que dans le second tome que nous en apprenons un peu plus sur Harmony et ses pouvoirs. Mais là ! Flashback. Nous allons cette fois nous retrouver avant son amnésie et connaître la raison de sa présence dans la cabane de Nita. Une seconde partie immersive pleine de révélations et de rebondissements. Nous y croisons de nouveaux personnages « amis » et « ennemis » et la fin de ce second tome nous relie au premier. Et voici enfin le 3ème tome qui clôture un premier cycle de l’histoire. Parce qu’elle est différente des autres adolescents, parce que la puissance de son don de télékinésie n’a d’égale que la force de sa détermination, Harmony a pris sa décision : Elle ira porter secours à Payne et à Eden, ses amis toujours prisonniers du camp d’entraînement dont on l’avait extirpée quelque temps plus tôt et rien ni personne ne pourra l’empêcher de mener sa mission à bien. Pas même William Torres, surnommé Nita par la vieille chamane Mahopmaa et qui constitue à ce jour, son plus proche soutien. Mais autour d’eux se trament des choses dont ils ne se doutent pas…


Le dessin de Mathieu Reynès porte l’histoire à merveille et fait preuve d’une grande efficacité. Il nous porte tout au long de ces 3 tomes grâce à son découpage et son dynamisme. Le tout soutenu par une très belle mise en couleurs réalisée par Valérie Vernay. Mathieu Reynès maîtrise son sujet et nous offre un troisième tome dans un ton plus sombre qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière case.


Je vous invite vivement à découvrir l’histoire d’Harmony. C’est aux éditions Dupuis pour les plus jeunes à partir de 10 ans mais aussi pour les plus âgés. Croyez-moi vous en redemanderez !


Jack Wolfgang - L'entrée du Loup

publiée le 11 juillet 2017


Depuis le moyen-âge, les hommes et les animaux ont appris à se parler. Et depuis l’invention du super méga tofu, les herbivores et les carnivores ont appris à ne plus se manger.
Jack Wolfgang, célèbre critique gastronomique, et par ailleurs un des meilleurs espions de la CIA, parcourt un monde dangereux, où la paix est aussi fragile que ses talents de loup sont redoutables.


Après la série Cassio qui nous emmenait en 145 avant J.C. à Rome sur les traces de Lucius Aurelius Cassio et de « 1001 autres nuits » série écourtée qui verra finalement le jour sous forme d’intégrale, nous retrouvons Stephen Desberg et Henri Reculé pour le début d’une nouvelle série plutôt originale. Un thriller un peu particulier dans lequel les animaux devenus presque humains, côtoient les hommes. Mais afin de supprimer leurs instincts respectifs et pour que les carnivores ne mangent plus les herbivores, tous se nourrissent du super méga tofu. Une nourriture aux parfums variés permettant de retenir leurs instincts primitifs.
Et c’est ce super méga tofu qui se retrouve au centre de l’intrigue de cette première aventure de notre loup un peu James Bond, à la fois aventurier et séducteur.
Jack est d’abord critique gastronomique pour les plus grands magazines et c’est une couverture parfaite pour ses missions au sein de la CIA.


Un polar d’aventures et d’espionnage parsemé d’une bonne dose d’humour. De New-York à Jodhpur en passant par Paris, on ne manque pas de belles scènes d’action plutôt spectaculaires. Avec Jack Wolfgang, on pense un peu à Disney et Zootopie mais aussi bien évidemment à Blacksad, mais rien à voir ! Henri reculé nous offre un dessin semi-réaliste très réussi avec des décors magnifiques et très belles ambiances couleurs signées Kattrin. Le scénario de Desberg respecte bien les codes de l’espionnage et les rafraichit même un peu. Action, poursuites, échanges de tirs, bagarres et retournements de situation se succèdent pour nous captiver du début à la fin. Tout cela grâce aux planches très animées par Henri reculé et sa mise en scène très précise.
Une belle aventure sous forme de conte animalier avec la tolérance pour toile de fond.
Un premier volume excellent et une belle collaboration pour le trio Desberg, Reculé, Kattrin.


J’attends maintenant avec impatience le tirage de tête mais aussi la suite des aventures de ce loup critique gastronomique.


Green Mechanic

publiée le 26 juin 2017


"Green Mechanic" est le premier manga de Yami Shin, grande gagnante du premier Tremplin manga Ki-oon ! (grand concours permettant de découvrir les nouveaux talents français du manga) À l’aise dans tous les registres, elle nous entraîne dans un univers post-apocalyptique où s’entremêlent action, combat, suspense et romance. La science-fiction prend ici une nouvelle dimension !
Dans "Green Mechanic", les êtres humains ont fait de leur planète un désert recouvert d’ordures. Le seul endroit habitable est la Mégapole, ville géante où s’entassent hommes et robots, ainsi que les mystérieux Ersatz, créatures monstrueuses pourchassées par la Milice. Dans ce monde en perdition survit Misha, jeune orpheline aux dons d’empathie surdéveloppés. Incapable de contrôler sa capacité à lire les émotions des autres, elle se tient à l’écart de ses semblables. C’est pourtant grâce à ce pouvoir qu’elle trouve Reborn, un robot morphing errant sans mémoire au milieu d’une décharge.


Cette merveille technologique est capable d’adopter n’importe quelle apparence. Sans hésiter, la jeune fille lui fait prendre la forme de Mickael, son meilleur ami, dont elle est sans nouvelles depuis qu’il a été enlevé par un groupe d’Ersatz il y a dix ans. D’où viennent ces créatures ? Que deviennent ceux qu’elles capturent ? Nul ne le sait... Pour retrouver son compagnon, Misha rejoint les Renforts, un groupe de guerriers et d’enquêteurs hors pair ! En échange de leur aide, elle met à leur service ses capacités psychiques et son aptitude à faire de Reborn une armure surpuissante. Le combat pour la vérité commence !


Une nouvelle série qui commence et nous fait penser à GunnM. Un personnage aux pouvoirs psychiques, des monstres bizarres dont on ne sait rien encore, des personnages complexes qui ne nous ont pas encore tout dévoilé, voilà un début de série bien intriguant mais prometteur qui laisse à penser que la suite sera des plus intéressantes.
Reborn, le robot morphing ouvre pas mal de possibilités pour exploiter la suite de l'histoire notamment dans sa relation avec Misha, avec qui il fait un parfait binôme. A cela d'autres personnages vont s'ajouter mais sans en dévoiler encore trop d'informations à leur sujet.
Il y a ensuite les "Ersatz" qui restent encore mystérieux à la fin de ce premier volet. Sont-ils réellement mauvais ? Sont-ils d'ailleurs aussi maîtres d'eux-mêmes ? Le design, plus végétal qu'animal est d'ailleurs plutôt intéressant.


Un premier tome séduisant et intéressant avec de petites lacunes qui seront certainement vite comblées dans les suivants par cette jeune auteur de talent au dessin plutôt pas mal.
Un manga au goût de Sentai (séries dans lesquelles des super héros en armure sauvent la planète), un peu comme "Platinum end" qui cartonne pas mal aussi.
Fraîcheur et légèreté, mais violence aussi. Le tout sur un scénario assez riche dont la fin pourrait bien tout chambouler pour la suite.


Vous découvrirez une très belle couverture pour ce premier volet qui sort chez Ki-Oon.
Vivement la suite.


Les Chevaliers d'Héliopolis

publiée le 30 mai 2017


Aujourd’hui nous allons nous attarder sur une sortie assez attendue dans le monde de la bande dessinée :


« Les Chevaliers d’Héliopolis » avec pour premier tome « Negrido, l’œuvre au noir ».
Une nouvelle série chez Glénat pour laquelle nous retrouvons Jodorowsky au scénario et Jérémy au dessin.
Alors Jodorowsky, rappelons-le est le scénariste talentueux de grandes séries telles « L’Incal », « Les Technopères » mais aussi « Bouncer » ou encore « La Caste des Meta-Barons ». Jérémy quant à lui n’est autre que le dessinateur de « Barracuda » mais aussi de 4 volumes de la série « La complainte de landes perdues ».


Avec « Les chevaliers d’Héliopolis » nous allons à la rencontre de l‘histoire mythique des chevaliers alchimistes durant la révolution française. Le fantastique se mêle à la réalité historique ainsi qu’aux personnages connus de cette époque comme Louis XVI, Charlotte Corday, Nostradamus ou Fulcanelli personnage énigmatique des légendes alchimiques et instigateur des Chevaliers d’Héliopolis. Héliopolis, signifiant « la cité du soleil », est le nom d’une cité sainte bâtie dans le delta du Nil environ 4.500 ans av JC par la race fondatrice de l’Egypte ancienne: les Shem-sou Hor. C’était aussi l’autre nom donné à la Rose-Croix par ses membres lorsqu’ils parlaient entre eux.


Nouvelle saga prévue en 4 tomes. Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle.
Dans un monastère au Nord de l’Espagne se dissimule le temple sacré des Chevaliers d’Héliopolis : une assemblée d’alchimistes immortels et coupés du monde. Alors que le disciple « Dix-sept » s’apprête à compléter sa formation et à intégrer l’ordre, son maitre Fulcanelli dévoile aux autres chevaliers le terrible secret de ses origines. Dix-Sept est en réalité le fils caché de Louis XVI et de Marie-Antoinette : le roi de France Louis XVII ! Héritier de cette destinée, le jeune homme va-t-il réclamer le trône qui lui est dû ou rester dans l’ombre, fidèle aux préceptes millénaires de l’Alchimie ?


Le destin de Louis XVII qui, d’après l’Histoire de France, mourut à 10 ans dans les geôles de la prison du Temple est, tout comme « L’Homme au masque de fer », l’un des plus grands mythes de l’Histoire de France. Un destin romanesque que Jodorowsky réécrit avec son talent habituel dans une fable initiatique et ésotérique absolument grandiose.
Nous retrouvons aussi le trait génial de Jérémy (Barracuda) qui donne aux Chevaliers d’Héliopolis la force d’une fresque épique mêlant les secrets de l’alchimie aux arcanes de l’Histoire. Son trait convient parfaitement pour mettre en images du Jodorowsky et il nous offre ainsi un premier tome avec des planches absolument magnifiques qui ne vous laisseront pas insensibles.


Il est le détenteur d’un savoir. L’héritier d’un pouvoir. Découvrez l’étrange destin de celui qui pourrait bien être Louis XVII !


Streamliner

publiée le 16 mai 2017


Parlons aujourd'hui de « Streamliner » : Un western mécanique dans une Amérique fantasmée.
Au dessin et au scénario, nous retrouvons un certain "Fane". C’est un nom qui doit certainement titiller l’oreille de certains puisque c’est à lui que nous devons la reprise de la série Joe Bar Team, série humoristique sur les motards, fans de belles mécaniques et de vitesse.


Il nous offre ici la première partie d’un diptyque qui traite des « streamliner » ces adeptes de la vitesse au volant de machines quelque peu diaboliques et surpuissantes.
Nous sommes quelque part au bord de la route 666. Le vieil O'Neil y a installé sa station-service, Lisa Dora. Ce petit bout de désert perdu est devenu le paradis de Cristal, sa fille.


Un jour, une bande de Streamliner va débarquer dans leur propriété privée pour y réaliser une course afin de désigner leur nouveau chef.
Mais les événements vont vite s'emballer et la situation va être hors de contrôle. Une bande de motardes sexy va se joindre à la compétition mais aussi d'autres équipes mystérieuses ainsi qu'un meurtrier et le FBI. Même la télévision va s’en mêler et comme si ça ne suffisait pas, Cristal, la fille du vieil O’Neil qui n’est autre que le Duke, anciennement détenteur d’un record de vitesse à plus de 400 km/h, va devoir s'impliquer plus qu'elle ne le voudrait pour rattraper les bourdes de son ivrogne de père. Faîtes chauffer les moteurs ! Attention à la surdose de testostérone et d’huile de moteur.
Le désert, un garage perdu loin de tout… et une course de vitesse qui attire une foule dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle est particulièrement bigarrée !... Une aventure sans règles et terriblement " sexy " !


L’auteur de Joe Bar Team se fait sacrément plaisir avec ce récit : grosses cylindrées, shorts et t-shirts sexy, FBI, sueur et poussière, des flingues et une sacrée bande de bras cassés !
Une aventure qui nous permet de découvrir une discipline « la streamliner » apparue dès les années 20 (d'abord pour les trains) et popularisée outre-Atlantique entre les années 30 et 50.


Au niveau du dessin, rien à voir avec Joe Bar Team, le trait est lâché et la mécanique est soignée. Le trait est incisif et racé. Chaque chapitre nous propose une superbe fausse pub vintage et cette première partie du diptyque nous offre tout de même 160 pages de récit. La seconde partie étant prévue pour septembre, le temps de bien laisser chauffer les moteurs pour découvrir l’issue de cette course folle.


Un univers qui ne peut que faire rêver, même ceux qui ne sont pas particulièrement attirés par les grosses cylindrées et les muscles roulant sous les tatouages ! Un univers dans lequel la seule loi voudrait être celle de la liberté, avec tous les risques qu’elle peut entraîner.


Crimes gourmands

publiée le 07 mars 2017


Cette semaine, je vous présente "Crimes gourmands ; Petits meurtres à l'étouffée. Cet album est paru aux éditions Delcourt avec L.J. Raven au scénario et Denis Chetville au dessin, d'après le roman de Noël Balen et Vanessa Barrot.


Pourquoi un serial-killer s'en prend-il à des restaurateurs lyonnais ? Voici l'adaptation en bande dessinée d'un roman mêlant polar et gastronomie.


Laure Grenadier est journaliste et critique gastronomique. Elle se rend à Lyon accompagnée par son photographe et ami Paco Alvarez pour y réaliser un reportage culinaire. Pendant son voyage en TGV, elle inculque à Paco quelques notions didactique sur Lyon, ville réputée pour son patrimoine gastronomique. Pourquoi les restaurants sont appelés "bouchons" notamment. Mais arrivés à Lyon, ils apprennent qu'un restaurateur, contact et ami de Laure, a été retrouvé assassiné dans sa boutique et demandent au taxi de les emmener sur place. Sur place, ils rencontrent Toinou, le commis de cuisine qui en raison de son passé redoute d'être considéré comme suspect. Il donne cependant à Laure les premiers éléments de l'enquête : son patron et ami a été retrouvé assommé, ligoté et étouffé avec un sac-poubelle, la recette du jour vidée du tiroir-caisse. Mais laure n'est pas convaincu par le mobile. Le lendemain, un autre ami restaurateur est retrouvé assassiné dans les mêmes circonstances.


C'est un premier scénario bande dessinée que nous propose ici L.J. Raven. Il est adapté de la série de polars gastronomiques co-écrits par Noël Balen et Vanessa barrot. Nous sommes donc à Lyon, capitale de la gastronomie depuis Curnonsky en 1935. Un serial killer s'en prend à des restaurateurs, mais quelle en est la raison. La mise en scène est excellente avec un très bon rythme et l'intrigue est accrocheuse. Mais dans cette enquête, la mécanique policière est placée au second rend pour rendre la part belle au didactisme du terroir local. En effet, de par les différents contacts de laure, nous avons droit à une visite gourmande dans le patrimoine gastronomique lyonnais. Pourquoi nomme-t-on les restos des "bouchons", que sont les "mères" lyonnaises, quelles sont les spécialités charcutières locales, comment sont nés les guides Michelin et vous aurez même le privilège d'une visite chez Paul Bocuse. Le dessin est assez classique et réaliste, ce qui cadre bien avec l'intrigue qui trouvera son dénouement dans les dernières pages de l'album.


De bouchons en traboules, un album qui va vous chatouiller les papilles et vous donnera faim notamment avec la poularde demi-deuil dont la recette vient d'Henri Babinskin alias Ali-Bab. Faim pour une autre adaptation d'un titre de la série de romans peut-être… qui sait ? En tous cas cet album mérite au moins 2 étoiles !


Alors : à table !


L'année Franquin !

publiée le 21 février 2017


2017 sera l'année Franquin.
En effet, Gaston fête ses 60 ans, les idées noires paraissaient il y a 40 ans et André Franquin nous quittait en janvier 1997, il y a 20 ans. Une année qui donne l'occasion de sortir des placards des souvenirs sous forme de beaux albums et une exposition se tient encore jusqu'au 10 avril à la Bibliothèque du centre Pompidou à Paris et s'intitule "Gaston, au-delà de Lagaffe".


Apparu pour la première fois le 28 février 1957 dans les pages du journal de Spirou, Gaston Lagaffe fête ses soixante ans en 2017. Le « héros sans emploi » créé par Franquin pour animer le journal devient très vite l’un des personnages majeurs de l’épopée Spirou et, sur plus de 900 planches, un véritable classique de la BD. Qui aurait cru que soixante années seraient passées si vite ? Soixante ans de bonne humeur, d'inventions toutes plus abracadabrantes les unes que les autres, d'explosions et de dégâts des eaux, de rires et de contrats déchirés, avec une mouette, un chat, des souris, des instruments de musique et des responsables qui claquent les portes avant de tomber dans les escaliers.


Mais Franquin, c'est aussi "Les idées noires". Quarante ans après leur apparition au sommaire du légendaire Trombone Illustré (avant de migrer dans le Fluide Glacial du non moins légendaire Marcel Gotlib), Idées noires reste une référence absolue de la BD franco-belge. Entre florilège et mode d’emploi, Il était une fois Idées Noires s’articule autour des thématiques abordées par Franquin (la chasse, les militaires, la religion, etc.). Petit plus de l'album, les précisions d’Isabelle Franquin sur l’état d’esprit de son père à cette période s’avèrent particulièrement intéressantes et éclairantes : oui, même si son travail penchait vers le désenchantement voire pire, il avait gardé toute sa bonhomie dans sa vie courante.


Difficile dans cette chronique de tout dire sur Franquin et son génie, vous pourrez donc retrouver sur le site www.archibaldandco.be/chroniques-bd, un texte plus complet sur cette année Franquin.


Voici aussi 3 ouvrages que je vous conseille vivement :
Gaston, au-delà de Lagaffe : Les coulisses du travail de Franquin, la pertinence de son regard sur une société en permanente évolution et son lien infini avec ce personnage.
Il était une fois Idées Noires : Une sélection de gags est entrecoupée d’entretiens variés, d’hommages et d’illustrations plus ou moins inédites.
Gaston - L'anniv de Lagaffe : un hors-série spécial 60 ans


"Shi : Au Commencement Etait La Colère"

publiée le 07 février 2017


La chronique de cette semaine est aussi un vrai coup de chœur (cela tombe bien, c'est la St Valentin bientôt). Coup de cœur donc pour le nouvel album de Zidrou et Homs intitulé : "Shi" dont le premier tome « Au commencement était la colère » est sorti fin janvier aux éditions Dargaud.


Nous sommes à Londres en 1851, pour cacher un scandale qui pourrait nuire à la prestigieuse exposition universelle, le cadavre d’un nourrisson est enterré dans les jardins du lieu qui accueille l’événement. Deux femmes, une noble anglaise et une japonaise, la mère de l’enfant, partent en croisade contre l’Empire britannique pour élucider ce crime. Entre société secrète et manipulation corruptrice, les deux jeunes femmes, que rien ne lie, vont s’unir pour exposer la face cachée d’une machination infernale.


Une nouvelle série scénarisée par Zidrou et un premier tome un peu déstabilisant. En effet, le récit débute à notre époque puis l’histoire fait un saut en arrière pour nous envoyer en plein Londres Victorien. Le temps d’une poursuite sur les toits et nous voilà emmenés en 1851 lors de la toute première exposition universelle. Ce n’est qu’à la fin de l’album, que l’on comprend le lien entre ces scènes et rassurez-vous je ne dévoilerai rien ici. Le récit principal tourne autour de ces deux femmes, Jennifer l’anglaise et Kitamakura la japonaise qui bien que ne parlant pas la même langue vont tenter d’élucider le crime de ce bébé. Un scénario très réussi donc avec encore d’autres petites choses que je ne vous dévoilerai pas au risque de gâcher votre plaisir lorsque vous le lirez.


Le dessin de José Homs (dessinateur de la série Millenium) est tout simplement magnifique et colle parfaitement au récit. Notons aussi in superbe rendu des visages et des expressions.


Un récit qui vous tiendra en haleine jusqu'à la dernière page et c'est avec impatience que l'on attend déjà la suite.


Une première édition à ne pas rater car elle présente en plus un carnet graphique reprenant les recherches de couverture. Une des plus belles sorties de ce début d’année.


L'histoire vraie d'une héroïne oubliée : Irena Sendlerowa

publiée le 24 janvier 2017


Nous sommes en 1940, l’armée nazie a envahi la Pologne. À Varsovie, les Juifs de la ville ont été parqués dans le ghetto : un quartier entier entouré de murs. Quiconque tente de s’en échapper est abattu sans sommation ; les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du département d’aide sociale. Parmi eux, Irena vient tous les jours apporter vivres et soutien à ceux qui sont enfermés dans cet enfer et qui souffrent de maladies et de malnutrition.


Ici, tout le monde la connait, les enfants l’adorent. Car Irena est un modèle de courage : elle n’hésite pas à tenir tête aux gardiens, à faire toujours plus que ce qu’autorise l’occupant nazi. Le jour où, sur son lit de mort, une jeune mère lui confie la vie de son fils, Irena se met en tête de sortir clandestinement les orphelins du ghetto mais redoute d’impliquer les membres de son équipe qui seraient abattus s’ils étaient pris. En particulier par un officier SS qui la piste et torture moralement les enfants. Pour que l’innocence soit épargnée de la barbarie, elle doit être prête à risquer sa vie.


Fille d’un médecin Polonais, lui-même mort en soignant des malades Juifs, IRENA Sendlerowa est décédée en 2008, déclarée Juste parmi les nations en 1965, elle fut résistante et militante et l’une des plus grandes héroïnes de la Seconde Guerre Mondiale, sauvant près de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Et pourtant elle est oubliée des livres d’Histoire... C’est en lisant par hasard un article sur elle que Jean-David Morvan a eu le déclic : sa vie devait être racontée. Avec Séverine Tréfouël et David Evrard, il va donc retracer sur trois albums le combat humaniste de cette « mère des enfants de l’Holocauste.»


C’est une des pages les plus tragiques et horribles de la seconde guerre mondiale qui n’en est pourtant pas avare. Porté par un dessin d’une grande sensibilité, Irena réussit le tour de force de parler sans lourdeur d’un sujet fort, poignant et profondément actuel... Toucher, émouvoir, parler d’hier pour raconter aujourd’hui... Un premier album intelligent, précis et plein d’émotion qui graphiquement permet un accès facile, surtout pour les plus jeunes, à un évènement monstrueux de l’histoire que l’on a malheureusement tendance à oublier à une époque où pourtant, racisme et antisémitisme sont trop souvent de retour.
Le dessinateur David Evrard (plus connu sous le pseudonyme de E411) nous offre ici un récit poignant grâce à un dessin presque enfantin mais sans concession.
Le ghetto, lui, sera rasé mais les Juifs se révolteront en armes en 1943, pour l’honneur et parce qu’ils savent qu’ils n’ont rien à perdre. Il aura contenu près de 400 000 personnes traitées comme des chiens, qui mourront de faim, de maladie ou sous les balles sans que personne ne fasse rien hormis une poignée de Justes comme Irena.


Deux tomes sont encore à venir pour raconter le destin de la courageuse Irena.
Une BD pour ne pas oublier…


En garde, chers amis!

publiée le 20 décembre 2016


C'est une cape, ce sont des crocs, Parlons de "De Cape et de Crocs".
Il s'agit d'une magnifique série. Récit d'aventures d'Alain Eyrolles, dessiné par Jean-Luc Masbou.
Paru aux Editions Delcourt dans la collection "Terre de légendes" et dont le récit a débuté en 1995.
Nous sommes alors dans le port de Venise, au XVIIème siècle. À bord d'un vaisseau turc, Armand Raynal de Maupertuis (Renard français) et Don Lope de Villalobos y Sangrin (Loup andalou), tous deux gentilshommes désargentés, fins bretteurs et beaux parleurs, s'emparent de la carte du fabuleux trésor des îles Tangerines. De geôles en galères, nos deux gentilshommes s'embarquent pour une incroyable aventure avec pour compagnon le terrible Eusèbe, lapin de sont Etat et laissent derrière eux les dames de leurs pensées : Hermine, la fière Gitane et Séléné, la ravissante ingénue.


Rebondissements, coups de théâtre, dialogues enlevés : De cape et de crocs évoque Molière, La Comedia dell' Arte et les romans de cape et d'épée. Un récit passionnant et trépidant qui nous livre son 12ème volet. Difficile de rapidement synthétiser un tel récit composé de 12 albums emplis de grâce et de poésie tout au long des dessins et des textes.


Nos héros seront condamnés aux galères, affronteront le terrible Capitan Mendoza et s'allieront au Raïs Kader, corsaire barbaresque. Rejoindront Malte pour y affronter le Captain Boone, seront ensuite abandonnés au milieu de l'Atlantique et s'empareront d'un vaisseau fantôme pour enfin rejoindre les îles Tangerines. Ils y rencontreront Bombastus le génial savant fou, échapperont aux cannibales et découvriront que le fabuleux trésor n'est qu'un leurre, une machination ourdie par les hôtes des îles qui sont en réalité des habitants de la Lune en exil !
Ils combattront alors le Prince Jean, souverain des sélénites et s'embarqueront pour la Lune pour se mettre au service de son souverain légitime et contrer Mendoza, allié au Prince Jean. Sur la face cachée de la Lune ils rencontreront le légendaire Maître d'Armes, redoutable escrimeur maniant aussi bien la rapière que l'Alexandrin, ensemble ils livreront bataille. Mais la première bataille finira mal et c'est à force de courage, d'astuce et de panache qu'ils renverseront la tyrannie. Mais lorsque sonne l'heure du retour sur Terre tout n'est pas terminé pour autant car nos gentilshommes devront encore essuyer de terribles coups de théâtre. Parviendront-ils à revenir ?


Enfin, après 10 volumes d'aventures à la Cyrano de Bergerac, le récit se terminait. Mais voilà qu'un 11ème volet nous présente, de manière un peu inattendue, l'histoire d'Eusèbe qui va nous révéler son passé, du temps où de cruels mousquetaires terrorisaient les gardes du cardinal et où la vie d'un lapin ne valait pas cher. Et vient maintenant le 12ème volet, toujours centré sur Eusèbe, capturé à la cour des miracles et dont le chef n'est autre que son frère, le terrible Fulgence. Entre trahison et intrigues de cour, Eusèbe parviendra t'il à ramener son frère dans le droit chemin, à moins que ce ne soit l'inverse.


Une série qui a du panache, de l'humour, de la subtilité, de l'émotion et énormément de beauté. Avec ce douzième tome la folle histoire de "De Cape et de Crocs" boucle sa boucle.
"Prince, demande à Dieu pardon !
Je quarte du pied, j'escarmouche,
Je coupe, je feinte… Hé ! Là donc!
A la fin de l'envoi, je touche."
Cyrano - Archibald - De Bergerac


Mickey par...

publiée le 13 décembre 2016


Cette année les éditions Glénat ont lancé une collection "Mickey par…"


Le premier album était réalisé par Cosey (auteur de Jonathan) avec pour titre "Une Mystérieuse Mélodie" qui nous contait la rencontre de Mickey avec Minnie.
Un second album s'en est suivi réalisé par Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas avec "Mickey's craziest adventures", une folle aventure dans laquelle Mickey et Donald unissaient leurs forces pour retrouver Pat Hibulaire et les Rapetou qui avaient dévalisé le coffre-fort de l'oncle Picsou.
Le troisième volet de cette magnifique série a été réalisé par Tebo et nous présente la "Jeunesse de Mickey". Dans cet album, Oncle Mickey raconte des histoires à son arrière-petit-neveu Norbert pour lui faire sortir le nez de sa sempiternelle console de jeux. Mickey lui raconte donc des histoires mais pas n'importe quelles histoires car il s'agit des ses propres aventures. Celles où il fut cow-boy, prisonnier dans le bayou, as de l'aviation, trafiquant de chocolat ou même astronaute.


Alors après nous avoir livré ces 3 excellents récits très différents graphiquement et narrativement, les auteurs s'étant appropriés Mickey dans leur propre style graphique, voici qu'arrive le très attendu "Café Zombo" réalisé par l'excellentissime Régis Loisel.
Loisel, c'est la mythique "Quête de l'oiseau du temps" avec le chevalier Bragon ancien élève du Rige qui va accompagner sa fille Pelisse afin de contrer Ramor le Dieu maudit. C'est lui aussi qui revisite magistralement "Peter Pan" dans lequel il nous offre de la magie, de la poésie mais aussi énormément de souffrance et de cruauté dans les bas-fonds de Londres.


Mais revenons à Mickey et le "Café Zombo". Il s'agit tout d'abord d'un bel objet. Présenté en format à l'italienne avec une couverture matte et un dos toilé. En précisant tout de même que les 3 autres albums aussi sont très soignés au niveau présentation. Ici, Loisel nous livre une aventure de Mickey qui se déroule en 1930 pendant la grande dépression. Nous retrouvons ici Mickey avec son compagnon Horace. Tous deux cherchent du boulot comme tous les matins, mais un jour, dépités de ne rien trouver ils décident d'emmener leurs amies Minnie et Clarabelle en vacances et de rejoindre leur ami Donald. Mais à leur retour la ville à changé car un banquier véreux a réussi à exproprier les habitants du quartier pour le raser et y faire un terrain de golf. De plus les travailleurs embauchés pour ce projet sont devenus accros à une mystérieuse substance, le "café zombo" qui en fait des zombies. Mais nos amis vont tenter de résister…


Un album superbe dans lequel Régis Loisel est à la fois scénariste, dessinateur et coloriste, cela n'était plus arrivé depuis "Peter Pan". Il nous livre un récit génial en hommage au Mickey de Floyd Gottfredson en reprenant le schéma des strips horizontaux de l'époque.
Une aventure pleine d'humour avec un récit tout en légèreté au sein de la thématique de la crise de l'emploi avec les dérives du capitalisme. Qui aurait d'ailleurs imaginé un jour voir Mickey chercher du travail ?
Si comme moi vous aimez Régis Loisel alors n'hésitez pas, vous trouverez dans ce bel hommage du grand Loisel. C'est un album que vous devez absolument mettre sous le sapin. À offrir ou à se faire offrir !


Ils sont cinq... mais ils sont SEULS

publiée le 06 décembre 2016


Il y a d'abord Yvan, 9 ans, l'artiste rigolo et carrément lâche. Il y a ensuite Leïla, 12 ans, la garçonne énergique et optimiste. Viennent ensuite Camille, 8 ans, la naïve généreuse et moralisatrice et Terry, 5 ans et demi, le gamin turbulent et attachant. Et puis, il y a aussi Dodji, 10 ans, l'ours au grand cœur. Ces cinq enfants se réveillent un matin et constatent que tous les habitants de la ville ont mystérieusement disparu. Que s'est-il passé ? Où sont leurs parents et amis ? Ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans une grande ville vide et vont devoir apprendre à se débrouiller... SEULS !


Voilà donc le pitch de départ de cette génialissime série de Fabien Vehlmann (qui scénarise aussi les dernières aventures de Spirou et Fantasio) et Bruno Gazzotti (aussi dessinateur de la série Soda) aux éditions Dupuis. Une série qui a débuté il y a dix ans en 2006 et qui nous livre son dixième épisode cette année avec pour titre « la machine à démourir ». Bonne nouvelle, nous devrions même avoir droit à un film en 2017.


« SEULS » est une série qui peut se lire dès 10 ans. Les personnages sont très attachants et au fil des cycles de la série, ils vont apprendre à mieux se connaître pour former un petit groupe solide. Groupe qui va faire d’étranges rencontres et autour duquel d’autres personnages vont venir s’accrocher. Etrange histoire que cette disparition des adultes, mais au fil des albums nous allons petit à petit comprendre ce qui leur est arrivé.
Une BD dans laquelle il y a de la violence et du sang, de l'humour et de l'amour et une bonne dose d'aventure. Nous sommes partis avec une histoire qui paraissait assez simple mais qui finalement nous laisse nous poser pas mal de questions…
Pourquoi sont-ils seuls ? Que s’est-il réellement passé ? Les adultes ont-ils vraiment disparu ou bien ont-ils eux-mêmes disparu du monde qu’ils connaissaient ?
Mais petit à petit, au fil des albums, nos jeunes héros découvrent quel a été leur destin.


Nous entamons donc le troisième cycle de cette saga avec ce tome 10 dans lequel le jeune Terry va tenter de construire une « machine à démourir » qui devrait leur permettre de quitter le monde des limbes et de retourner dans le monde des vivants. Mais l'apparition de Camille, qui offre au Maître des couteaux une mystérieuse pierre ensanglantée, va rendre ce dernier fou de rage. Et c'est à ce moment-là que Terry va vraiment regretter d'avoir offert une tronçonneuse comme cadeau de Noël à son ami amateur d'objets très tranchants...


En bref, une BD de grande qualité, originale qui mêle action, humour et mystère et qui nous tient en haleine d'un bout à l'autre de chaque album.
Pas étonnant que les jeunes l’adorent ! Mais je le conseille aussi aux adultes sans aucune hésitation !


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