Chouette Magazine

Archibald & Co

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Chronique littéraire

Catégorie : Arts & Culture

Chroniqueur depuis décembre 2016



Librairie Archibald & Co

rue de la Bruyère, 3 - Jodoigne

Téléphone : 010 22 97 42

Kivu

publiée le 9 octobre 2018


Voilà l'album événement de la rentrée qui marque le retour de Jean Van Hamme au scénario et Christophe Simon au dessin.
Mais d’abord un peu de géographie, le Kivu est une région de l’est de la République Démocratique du Congo. Une région riche en minerais qui servent notamment à la fabrication de puces électroniques pour nos smartphones.
Jean Van Hamme nous propose ici une fiction documentaire, une aventure humaniste, cri contre la barbarie et le viol des droits humains.


Nous sommes dans un pays divisé, livré au chaos où des groupes armés se financent en exploitant les ressources minières à la recherche de Coltan, ce minerai indispensable à la fabrication des puces électroniques.
Les Congolais ne perçoivent évidemment rien de cette manne financière et c’est dans ce décor de corruption et de violence, que nous découvrons Violette, une jeune-fille de douze ans rescapée d’un massacre collectif, sauvée d’un viol par son frère, Jérémie. Il a fait la peau à son bourreau, le colonel Malumba, directeur de production de la Metalurco. Et pour échapper aux représailles, Violette et Jérémie n’ont qu’un espoir : se réfugier à la clinique du Docteur Mukwege…
D’un autre côté nous rencontrons François, ingénieur récemment diplômé qui se voit confier la négociation d’un important contrat au Congo. Sur place il découvrira le règne du cynisme et de la corruption dans des proportions qu’il n’imaginait même pas. Le destin de ces personnages va basculer lorsqu’ils se rencontreront.


Le résultat de notre duo Van Hamme / Simon, est un album où se mêle aventure et réalisme.
Le sujet est d’ailleurs inspiré par le médecin Denis Mukwege dont l’histoire est racontée par la journaliste belge Colette Braeckman dans son livre « L’homme qui répare les femmes ».


Au niveau du dessin, Christophe Simon fait un très beau travail avec un trait réaliste qui rend honneur à ce pays, à ces hommes, ces médecins qui luttent pour venir en aide à leur prochain. Mélange de moments forts et d'autres plus violents, les textes de Van Hamme, nous font prendre conscience de la violence que subit le Congo.
Christophe Simon a d’ailleurs rencontré le docteur Mukwege et a passé plusieurs semaines à Panzi avec une équipe médicale belge. Il a rencontré ces femmes, vu leur détresse, leur souffrance, mais aussi leur courage et leur grande dignité. C’est un voyage qui l’a marqué.


Kivu est un album qu’il faut découvrir sans hésiter pour prendre conscience d'un de ces grands drames que vit l'Afrique.


Il faut flinguer Ramirez !

publiée le 17 juillet 2018


Dans les bureaux de la Robotop, à Falcon City en Arizona, Jacques Ramirez (qui est muet) vient de réparer l’aspirateur AV700 les yeux bandés et à quelques heures de quitter son travail et de partir en vacances son supérieur, Sanchez, qui l’a dans le nez lui demande de jeter un œil au nouveau prototype de la marque qui, sorti d’usine, ne fonctionne pas et doit pourtant être présenté à la presse le lendemain. Il lui demande aussi de réceptionner un livreur au rez-de-chaussée et enfin de préparer la salle pour l’évènement du lendemain.
Au même moment, un duo insolite de mafieux mexicains se gare sur le parking de l’usine.
Les deux compères viennent de parcourir 800 miles pour faire réparer un mixer tombé en panne quelques jours après l’achat. En attendant, dans le hall d’entrée, l’un des mexicains reconnait Ramirez. Quelques minutes plus tard, à la villa d’Hector Rodriguez, le fils d’un des mafieux au mixer, Ramon, annonce la nouvelle au parrain. Ce dernier vient juste d’interrompre une partie de tennis qu’il venait de commencer avec son coach privé, au bout de quelques échanges de balles (au propre comme au figuré…). Ramirez est en ville, il n’y a pas dix milles solutions : Il faut flinguer Ramirez
Pruneaux et mandales sont au programme, le tout dans un album BD aux couleurs des films d’action des années ’80 façon Tarentino. L’histoire se situe d’ailleurs en 1987.
C’est rythmé et bourré de clins d’œil que vous soyez expert cinéma ou non. Une histoire construite comme un story-board. A juste titre, l'auteur le dit lui-même, il l'a écrite et mise en scène.


Le casting est bien fichu, des grandes gueules stéréotypées, mais avec juste ce qu’il faut de personnalités. Le discret héros en premier lieu, mais aussi les rôles secondaires comme le duo composé de Dakota Smith et Chelsea Tyler, les deux stars en cavale façon Telma et Louise, sans oublier tous les hommes de main patibulaires. Toute ce petit monde s'agite et se flingue avec application et générosité pour notre plus grand plaisir. Dans un trait semi réaliste, les personnages sont très détaillés et plaisants à suivre. C'est aussi colorisé de façon très vive. Jaune, orange, bleu, à la manière des comics de super héros. Un emballage graphique qui se devait donc être à l’unisson avec cette atmosphère.
Une reconstitution impeccable des USA made in Hollywood parfaitement maîtrisée. Les rues, les bagnoles et le design général sont en place, fausses publicités vintages comprises et la mise en page fait le reste.
Le scénario est même entrecoupé d’une histoire secondaire qui s’intercale parfaitement sans gêner le fil conducteur principal.
Les dialogues sont succulents et l’auteur entremêle son récit de coupures de journaux, de publicités sur la banque braquée, sur la voiture de Jacques ou encore les aspirateurs de la Robotop.


Une première BD pour Nicolas Petrimaux qui nous livre un premier acte à couper le souffle.
Munissez-vous d’une bonne bière, éventuellement quelques pop-corn et croyez-moi, une fois que vous aurez commencé à lire cet album, vous ne parviendrez pas à le reposer avant la dernière page. C’est un véritable coup de cœur en ce qui me concerne,
Il faut flinguer Ramirez, d’accord, mais pas tout de suite et vivement l’acte 2 !


La Reine de la Côte Noire

publiée le 05 juin 2018


« Il aura suffi d'un regard pour qu'il soit perdu. Lui, le colosse venu de Cimmérie et que rien ne fait vaciller, s'est incliné sous le charme de la Reine de la côte noire. La maîtresse de la Mer occidentale détient maintenant son cœur. N'allez pas vous méprendre, cette attraction fut mutuelle. Le mercenaire aux muscles de pierre et la princesse shémite au caractère d'acier ne pouvaient mieux se trouver, ni mieux s'accorder. Partageant dès lors une passion intense, ils se jurèrent de rester ensemble à la vie, à la mort. Une promesse difficile à tenir en ces âges sauvages. »


Voilà qui résume l’aventure de Conan et Bêlit dans le premier volume de cette série ; « La reine de la côte noire ».
Au scénario, Jean-David Morvan et au dessin, Pierre Allary qui nous offre une mise en page très dynamique avec de l’illustration hors cases qui occupe ainsi la planche au maximum. Et comme à son habitude, nous avons de belles gueules cassées et des femmes toutes en rondeurs.


Les éditions Glénat nous proposent ici de revisiter l’œuvre de Robert E. Howard au travers de différents auteurs d’horizons différents.
Howard, auteur de « Solomon Kane, Kull et Conan bien-entendu, qui a vécu 21 aventures dans les années 30. Depuis, il vagabonde des comics aux écrans de cinéma en passant par les jeux de sociétés et jeux vidéo.
L'ambition de cette collection est de revenir aux sources du mythe, à l'essence même du Cimmérien sans le prisme des déformations : celui de Robert E. Howard. Le plus indompté d'entre tous.
Les récits originaux de Conan ne sont pas une "saga". Le personnage n'ayant aucune histoire, aucune famille ou ami, aucun lien, aucun passé précis, nul besoin d'une chronologie. Il vit l'instant présent et est une sorte de "Carpe Diem". Il est libre de tout.


Les titres de ses récits ne portent d'ailleurs pas son nom car ils ne parlent pas de lui. Il y agit et réagit comme catalyseur des événements, sans plus.


Ce premier tome est directement suivi d’un second paru en même temps : « Le colosse noir » dans lequel Conan, établi dans la cité de Khoraja, tente sa chance au service des mercenaires d’Amalric. Dans l’attente du combat, il mène une vie d’homme de troupe ordinaire, buvant et batifolant dans les tavernes. Mais le destin le rattrape un soir lorsqu’il rencontre par hasard Yesmala, princesse et régente du royaume. Elle aurait vu Conan en rêve et les dieux l’ont désigné comme étant le général qui doit mener ses armées contre les hordes démoniaques du sorcier Nathok.


Au volant de ce second tome nous trouvons Vincent Brugeas au scénario et Ronan Thouloat au dessin, équipe de choc aux commandes de la série « Le Roy des ribauds » chez Akileos.
Le style est différent et Ronan Thouloat nous montre encore toute sa maîtrise avec des décors sublimes et des ambiances couleurs dont il a le secret.
Deux volumes très riches et intéressant, espérons que la suite le soit aussi


Là-dessus mon cher Georges, je m’en vais revoir Conan notre barbare à l’écran et béni sois CROM !


sBrindille

publiée le 23 mai 2018


Un conte moderne enchanteur et mystérieux, très intriguant. L’histoire commence comme suit :

Dans une forêt, les flammes d’un feu géant embrasent la nuit. En haut d’un mur immense, une forme se dessine. C’est une jeune fille nue qui l’enjambe... Elle chute; se relève et s’enfuit avant que le feu ne la rattrape. Son salut, elle le doit à un trou dans la terre, où elle s’enfonce pour éviter la morsure des flammes. Plus tard, la jeune fille se réveille dans une maisonnée de lutins. Ceux-ci sont étonnés de sa présence, de sa finesse et des petites étoiles qui la survolent en permanence.


Elle ne se souvient de rien, ni de son nom, ni de comment elle est arrivée ici. Alors qu’elle tente de retrouver la mémoire et découvre les habitants de ce monde, elle s’éveille peu à peu à des pouvoirs qu’elle ne contrôle pas. Est-elle une fée ? Une jeune fille ordinaire ? Une sorcière ? Les réponses à toutes ces questions se situent sans doute dans cette mystérieuse forêt qui entoure le village. Trouvera-t-elle le courage de se rendre là où personne n’a le droit d’aller ?


Un monde enchanteur et empreint de légendes, un peuple proche de la nature et craintif, des animaux qui parlent, une jeune enfant au passé oublié et qui semble avoir une destinée... Voilà donc pour les premiers éléments.
Après un début d’histoire un peu lent, mais qui éveille la curiosité, l’héroïne est précipitée dans une quête pleine de dangers. Grâce à l'aide d'un renard aux tendances comiques, elle va rapidement progresser en découvrant des contrées et des peuples inquiétants. Les épreuves qu’elle va devoir passer sont esquissées sans trop être dévoilées. Un premier opus pour bien s'immerger dans ce conte fantastique et féerique en soulevant un tas de questionnements sans laisser de réponses.


L’histoire sera sous forme d’un diptyque et aux commandes nous retrouvons les auteurs de la superbe série animalière intitulée « Love » parue aux éditions Ankama. Frédéric Brémaud au scénario et Federico Bertolucci au dessin. Deux amoureux sincères de la nature et du respect de la vie animale.
Au niveau graphique, c’est tout simplement magnifique, Bertolucci qui travaille aussi pour Disney nous montre de quoi il est capable avec des illustrations au côté croquis qui nous offrent un monde flou aux limites du rêve. L’histoire se passant principalement dans la forêt, il nous offre des clairs obscurs enchanteurs faisant scintiller l’espoir dans ce monde sombre qui fut un jour lumineux et féérique.


Une fable aventurière haletante que vous ne pourrez lâcher qu’avec l’impatience de pouvoir lire la suite pour découvrir le reste de ce monde intriguant.
C’est à découvrir aux éditions Vents d’Ouest.


Momo et le messager du soleil !

publiée le 08 mai 2018


Une création originale de chez Ki-Oon par la mangaka Marie Sasano qui nous ouvre un univers ultra sympa où humains et animaux vivent en harmonie. Une série colorisée qui est destinée aux très jeunes et qui apporte son lot de douceur et de fraîcheur avec une aventure mignonne à souhait de par ses personnages attachants et son graphisme chaleureux et pétillant.


Marie Sasano était assistante de Natsumi Aidi (Switch girl) et signe ici son premier manga couleur qui se lit dans le sens de lecture occidental pour ne pas perturber et même accompagner ceux qui entament leur apprentissage de la lecture.


Que vous soyez enfant ou adulte, vous serez ravi de suivre le fabuleux voyage de Momo, Lily et Noah, trois copains que de formidables aventures attendent.


Dans un monde où humains et animaux vivent donc en harmonie, les enfants naissent sous forme d’œufs tombés du ciel ! Et, ils peuvent choisir la forme sous laquelle ils souhaitent éclore. Pour Momo, le choix est clair : il prendra la même apparence que le mystérieux manchot volant qui l’a sauvé d’une chute fatale quand il était encore bébé œuf !


Cependant, le jour de son éclosion, catastrophe… Momo découvre que les manchots ne volent pas ! Pour le consoler, l’ancien du village lui révèle un secret : il existerait, très loin de chez eux, un messager du Soleil capable d’exaucer n’importe quel souhait… Momo n’hésite pas une seconde. Accompagné de ses deux amis Noah et Lily, il décide de partir sur les traces de la créature de légende !


Suivez ainsi trois héros plus mignons les uns que les autres dans une quête fantastique au cœur d’un monde haut en couleur ! Jungle, grottes, villages cachés… autant de terrains d’exploration pour tous les aventuriers en herbe !


Un manga plein de bonne humeur dans lequel tous ces personnages attachants, toujours positifs et pleins de courage font tout pour accomplir leurs rêves.
L’histoire en elle-même est assez simple - c’est une quête initiatique avec ses rencontres et ses embûches- mais elle nous promet une grande et très belle aventure.
Les couleurs sont vives, les animaux adorables et le dessin tout en rondeur est en phase avec ce monde beau et gentil. Le découpage est varié et dynamique et rend toujours très lisible l’action. Il sert parfois aussi à un comique de situation bien maitrisé. Les décors sont assez riches et détaillés et l’autrice nous offre aussi quelques doubles pages pleines d’émotion.


Quel que soit votre âge, vous risquez bien de craquer pour cet univers très enfantin.
Laissez-vous donc entrainer par Momo sur un chemin semé de découvertes incroyables, de rencontres inoubliables mais aussi de dangers !
Avec de la persévérance et des amis précieux, même un petit manchot peut vivre de grandes aventures !


 

Un manga Ki-Oon kids, à découvrir absolument si ce n’est déjà fait.


Atelier Sorcier !

publiée le 27 mars 2018


Aujourd’hui, Pika édition entrouvre les portes de son nouvel univers avec le premier tome de "L’Atelier des Sorciers".
Plus qu’un simple manga, des graphismes à couper le souffle, un scénario poétique et prenant, bref une jolie surprise pleine de promesses.
La série nous présente Coco, une jeune fille qui mène une vie tout à fait normale jusqu’à ce qu’elle découvre un beau jour qu’elle est capable de pratiquer la magie…
Cela vous rappelle quelqu’un peut-être ? Une certain Harry ? C’est un peu cela oui, mais la ressemblance avec le sorcier de J.K. Rowling s’arrête plus ou moins là.


Ici, la magie est partout et connue de tous. Mais ce qui la distingue ce sont ses outils qui restent un secret jalousement gardé par l’élite de cette société composée de magiciens et magiciennes. Et seulement quelques secondes de curiosité vont permettre à Coco d’en découvrir le mystère. Un jour, Kieffrey, un sorcier, arrive dans le village de la jeune fille. En l’espionnant, Coco comprend alors la véritable nature de la magie et se rappelle d’un livre de magie et d’un encrier qu’elle a achetés à un mystérieux inconnu quand elle était enfant.
Elle s’exerce alors en cachette. Mais, dans son ignorance, Coco commet un acte tragique !
Dès lors, elle devient le disciple de Kieffrey et va découvrir un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence !


Dans cet univers, savoir c’est pouvoir. La magie n’est pas un don inné, mais bien une science, qui s’étudie et se pratique, sans relâche. Alors quand les porte-plumes remplacent les baguettes et que les formules magiques font place aux cercles calligraphiés, bienvenue dans le monde sans pitié de l’Atelier des Sorciers.


 

Au dessin et au scénario, une illustratrice diplômée des beaux-arts de Tokyo ; Kamome Shirahama, qui dans ce manga de Fantasy au graphisme aussi vivant que riche, nous présente des planches à couper le souffle qui nous montrent l’étendue de sa maîtrise graphique, mêlant Art Nouveau, Art Déco et manga traditionnel. Le découpage est souvent proche de la BD avec les cadres des cases. Les tenues des personnages sont fabuleuses et les paysages sont féériques. Elle nous propose ainsi un univers fascinant avec une héroïne attachante et pleine d’énergie qui ne mesure pas encore toute l’ampleur du complot dont elle est l’épicentre.


La série a débuté en octobre 2016 au Japon sous le nom de "Tongari Boshi no Atelier" et comprend déjà 2 tomes. Chez nous vous pourrez découvrir le premier tome en version traditionnelle ou en version collector avec des pages bonus, une interview croisée de l’auteure avec son éditeur et un mini artbook présentant des illustrations couleur inédites et des travaux préparatoires de la série commentés par l’auteure.


J’ai rarement des coups de cœur pour les mangas, mais celui-ci en est un !
Je l’ai littéralement dévoré et je vous le conseille vivement. C'est à découvrir sans hésitation et à lire et relire sans modération !


À cheval

publiée le 6 mars 2018


Alors, non, on ne va pas réellement parler d’équitation.


En fait, cette fois nous sommes du côté des chevaux et nous avons toute une joyeuse bande de chevaux et poneys hauts en couleur qui, entre deux cours d'équitation, blaguent, observent et mènent la vie dure aux cavaliers ! Depuis trois tomes maintenant, vous avez pu suivre les aventures de Cookie, Kamboui, Flash, Colt ou encore Bijou et tous les autres dans cette joyeuse série équestre humoristique recommandée par l’ifce (L’institut français du cheval et de l’équitation).


Le thème équestre est récurrent en Bd, vous connaissez certainement « Caramel »,  «  Théa cavalière », « Lilou et Filou » ou encore « Triple galop ».


Ici vous rencontrerez des montures de tous gabarits aux caractères bien trempés qui discutent essentiellement entre eux et vous entrerez ainsi dans la vie du plus déjanté des centres équestres à travers le regard de ses pensionnaires à quatre pattes (jambes dans ce cas-ci puisqu’il s’agit de chevaux).


Après un troisième tome qui nous présentait les concours hippiques, voici que dans le 4ème tome le centre fête son anniversaire et nos braves compagnons se retrouvent encore à toutes les sauces. Spectacles, compétition de horse-ball, démonstrations d’arts équestres et autres joyeusetés sont au programme.


Cookie n’a d’yeux que pour le stand de snacks qui a envahi sa pelouse, tandis qu’enfants et poneys s’amusent à se déguiser. Cette idée saugrenue ne plait pas beaucoup à Bijou, le plus grincheux des poneys, qui voit là une nouvelle occasion de faire tourner en bourrique les petits cavaliers. Et comme titrait le tome 2 ; qui s’y frotte s’hippique !


Beaucoup de couleurs dans cette série très sympathique avec un dessin dynamique que l’on doit à Miss Prickly (c’est la dessinatrice) qui nous propose des représentations justes et attachantes avec beaucoup de maîtrise dans la représentation des différentes races ainsi que des postures des chevaux, ce qui lui permet de bien jouer avec leur expressivité ou leurs positions caricaturales.


Une série bien évidemment accessible aux plus jeune dès 8 ans et garantie cent pur-sang humour et aventures hippiques avec les chevaux de trait de la ligne claire, les capitaines paddock de la BD équestre.


Bonne lecture !


La boîte à musique

publiée le 20 février 2018


La petite Nola a aujourd'hui 8 ans, mais c'est un étrange anniversaire, car c'est le premier sans sa maman. Ce soir-là, pour la consoler, son père lui offre une étrange boite à musique ayant appartenu à sa mère. Elle se présente sous la forme d'une boule de cristal... Un peu plus tard, alors qu'elle est dans sa chambre, Nola aperçoit dans la boule une petite jeune fille miniature qui lui fait signe avant de marquer à ses pieds un message des plus inquiétants: "Au secours" ! Puis elle lui fait comprendre qu'en actionnant la clé elle pourra elle aussi pénétrer dans la boule, avec elle... Nola s'exécute et soudain elle est emportée dans un étrange monde appelé Pandorient... Mais sans plus attendre, la jeune fille, appelée Andréa, l'entraîne vers la ville en lui répétant qu'on a extrêmement besoin d'elle... !


Magie, mystères et merveilleux, vous verrez que « la boîte à musique » recèle mille mélodies! En suivant Nola dans ce nouveau monde fantastique vous plongerez avec elle dans un univers tout en poésie et en aventures. Comme de nombreuses autres jeunes héroïnes, Nola va donc se retrouver dans son propre pays des merveilles, afin de voir se révéler à elle ses capacités de sauveuse ! Le concept n’est pas neuf, vous vous souvenez certainement de la série « Les enfants d’ailleurs », « les démons d’Alexia » et plus actuellement « Frnck ». Là aussi des enfants se retrouvent dans un monde parallèle et y vivent toutes sortes d’aventures. C’est aussi le cas au cinéma avec notre ami Harry Potter ou même d’Arthur avec les Minimoys. Au scénario nous avons «Carbone », alias Bénédicte Carboneill, scénariste du « Passe- temps » il y a 2 ans chez Jungle. Rien à redire sur son scénario, il est dynamique, frais et poétique. Et pour appuyer tout cela, au dessin, un certain Gijé. G I J E alias Jérôme Gillet et pas J I J E alias feu Joseph Gillain. À ne pas confondre donc.


Jérôme Gillet donc, nouveau venu dans le monde merveilleux de la bande dessinée est issu du monde du jeu vidéo. Il nous propose un graphisme très coloré empreint de poésie. Les décors sont très bariolés et à Pandorient nous découvrons un monde peuplé d’un bestiaire original avec des monstres gentils et des moins gentils.


Un premier volume qui sert d’introduction et nous présente tous les personnages secondaires. Il y a du rythme, de l’action et du danger, bref un mélange qui nous entraine inexorablement à vouloir rester dans ce nouvel univers plutôt sympathique. Nola est une petite fille très attachante et à peine aura-t-elle posé les pieds à Pandorient qu’elle n’aura pas un moment de répit.


Un album qui offre une lecture parfaite pour les plus jeunes dès 8 ans. Après avoir découvert ce premier volume, ils n’auront qu’une seule envie, c’est de suivre la suite des aventures de Nola. Un second tome qui nous permettra peut-être de comprendre pourquoi sa maman est morte et de découvrir encore d’autres aspects de Pandorient.


Une aventure chatoyante à découvrir aux éditions Dupuis.


Cinq branches de coton noir

publiée le 06 février 2018


Le point de départ de ce récit, vous l’aurez certainement un peu compris avec le titre, c’est ce combat pour la reconnaissance des noirs comme égaux des blancs aux Etats-Unis. Les noirs faisant partie de cette nation qui fut déracinée par les esclavagistes et qui a enrichi les colonies de ce nouveau monde avant l’indépendance des Etats-Unis.


C’est en 1776 que Georges Washington réclame l’indépendance, mais dans ses revendications il oublie la suppression de l’esclavage et Mrs Betsy est dépêchée par les indépendantistes américains pour concevoir le tout premier drapeau des futurs Etats-Unis d’Amérique. Sa domestique, Angela Brown, décide alors de transformer cet étendard en un hommage révolutionnaire en y adjoignant en secret un symbole inestimable… par vengeance suite à la perte de ses deux frères, elle va coudre une étoile noire entre deux étoffes blanches. Ainsi lorsque le drapeau se trouve en pleine lumière parmi les 13 étoiles blanches, une noire apparaitra.


Maintenant nous sommes à Douvres en 1944 où de fausses bases américaines sont construites pour faire croire aux nazis à un débarquement imminent dans le Nord Pas-de Calais. Ces bases sont occupées par des soldats noirs, ceux qui ne peuvent combattre sur le front et parmi eux, le soldat Lincoln qui va recevoir une lettre de sa sœur qui a découvert dans les affaires de leur tante décédée, les mémoires d’Angela Brown. Et si l’histoire qui est relatée dans ces mémoires est bien réelle, alors c’est l’histoire des Etats-Unis qui est à réécrire. De plus Lincoln, en raison du manque d’effectifs intègrera les « Monument Men » ces hommes chargés de récupérer les œuvres d’art volées par les nazis et il sera chargé plus particulièrement de retrouver ce premier drapeau américain qui a, lui aussi, disparu.


Au dessin, Steve Cuzor (auteur notamment de O’Boys) qui avec toute sa puissance graphique nous offre des personnages très charismatiques et de très belles ambiances couleurs en bichromies (c.à d. en noir et une autre couleur), Les couleurs, les tons et les teintes sont très judicieusement choisies. Il s’agit ici d’une très belle réalisation de la part de Steve Cuzor.


Et Tout y est judicieusement mis en scène grâce à un excellent scénario d’Yves Sente qui nous propose une intrigue très bien menée et parfaitement construite. Un récit qui ne lasse pas tout au long de ses 160 pages. Tout y est parfaitement conté et documenté.
Un récit qui permet d'aborder divers sujets difficiles d'une façon intelligente et intéressante.
"Accordé à la puissance graphique de Steve Cuzor, l’intense scénario d’Yves Sente se joue des clichés guerriers pour mieux mettre en lumière les déséquilibres d’un monde aveuglé par les idéologies les plus sombres. Cinq branches de coton noir est un récit à la résonnance étrangement actuelle."


Batman : du comics à la bd en passant par le manga

publiée le 21 novembre 2017


Actuellement, le comics au format papier est à nouveau en crise, ce alors que les super-héros n’ont jamais été aussi omniprésents en films, séries TV, jeux vidéo et produits dérivés. Pourtant, les livres, hebdos et mensuels stagnent, voire périclitent. Et c’est pour tenter d’enrayer cela que DC Comics en parallèle de DC Rebirth fait le pari de mettre en place des titres plus "haut de gamme" et pour ce faire d’abandonner le format typique du comics et renforcer la présence des super-héros DC dans la culture populaire d’autres pays et en particulier l’Europe.


Et c'est Batman qui entre en piste le premier. Né aux Etats-Unis à la fin des années 30, créé par Bob Kane, il a depuis toujours été dessiné par des américains et nous retrouvons maintenant en manga sous la plume de Shiori Teshirogi (Saint Seyia – Lost Canvas), aux éditions Kana sous le titre "Batman & the Justice League", le tout sous la supervision de DC Comics et dont voici le pitch:
"Rui, un jeune japonais se rend à Gotham City dans l’espoir de retrouver ses parents disparus. Mais à peine arrivé, il est attaqué par un policier devenu complètement fou. Malgré son talent pour le combat, Rui ne s’en serait pas sorti sans l’intervention de Batman. Le Chevalier Noir le met en garde… La ville est trop dangereuse pour lui… Sans compter que celui qui tire les ficelles n’est autre que le Joker ! Batman devra se faire aider pour faire revenir la paix sur Gotham City…" Dans cette aventure, en plus de Batman, vous croiserez d’autres super-héros tels que Superman, Wonder Woman, Flash, Green Lantern, Cyborg et Aquaman.


D’un autre côté, hasard du calendrier, Enrico Marini ("L’étoile du désert", "Rapaces", "Le Scorpion") faisait part de son intérêt et de sa passion pour Batman au directeur général des éditions du Lombard et Urban Comics. Information qui remonte rapidement chez DC Comics qui très vite décidera de lui donner carte blanche pour la réalisation d’une aventure de l’homme chauve-souris.


Voici donc que Batman entre dans l’univers de la BD Franco-Belge sous la forme d’un diptyque intitulé : "Batman – The dark prince charming" ; un thriller haletant dans lequel notre héro masqué va à nouveau en découdre avec son meilleur ennemi, le Joker.


Entre action, vue aérienne et temps de réflexion, Batman joue son rôle de super justicier et les méchants sont là aussi ; Catwoman, sexy et Le Joker toujours aussi sadique. L’ensemble des ingrédients sont bien présents tout comme le regard dur de Bruce Wayne et le peu de dialogues de Batman. Le tout sous la patte, les couleurs et le coup de crayon de Marini.


Pour le scénario, il recycle l’idée déjà utilisée de la paternité de Bruce Wayne. C’est en 2006 que Grant Morrison lui avait inventé un fils prénommé Damian, né d’une liaison avec Talia Al Ghul la fille d’un de ses pires ennemis. Ici il découvre l’existence d’Alina, 8 ans, par le biais d’une action en paternité intentée contre lui par une ancienne serveuse qui lui réclame 100 millions de dollars de pension alimentaire.


Notre milliardaire niera en être le père ce qui ne l’empêchera pas cependant d’enfiler son costume de justicier pour sauver la fillette kidnappée par le Joker.


Enrico Marini s'empare donc de Batman avec excellence, ce qui devrait sans aucun doute ravir les fans.


Bonne route vers Saint-Jacques

publiée le 24 octobre 2017


Nous sommes donc sur les chemins de Compostelle en compagnie de Jean-Claude Servais. J-C Servais, auteur dessinateur belge est habitué à nous faire découvrir la Gaume et les Ardennes belges. Et cette fois il nous emmène sur les chemins de Compostelle, en Belgique, France, Espagne mais aussi en Allemagne et en Scandinavie. Les personnages vont se croiser sur la route, au même rythme qu’ils croisent les histoires de leurs prédécesseurs en un subtil mélange de passé et de présent.


Lieu hautement symbolique, Compostelle attire chaque année des milliers de pèlerins à travers l’Europe. Et nous allons y retrouver Blanche, Céline, Dominique et Alexandre qui vont, eux aussi, emprunter ce chemin à un moment de leur vie. Dépositaire d’un savoir précieux auquel son grand-père alchimiste l’a initiée, Blanche part de Belgique sur ses traces, après qu’il eut été retrouvé sans vie sur une plage près de Compostelle. Le point de départ de Céline se situe au Mont-Saint-Michel, où elle a commencé son noviciat, Dominique de Saint-Mathieu de Fine-Terre en Bretagne. Quant à Alexandre, guide de montagne dans les Alpes suisses, c’est le décès de Margaux qui va le jeter, lui aussi, sur cette route pleine de questions, mais peut-être aussi de réponses. Deux femmes, deux hommes, quatre personnalités distinctes, venus de quatre horizons différents pour suivre pas à pas les méandres d’un parcours unique. Au fil de ces voyages initiatiques et de ces destins croisés, Jean-Claude Servais nous emmène avec lui, pour un récit en sept albums, sur les chemins de France et nous fait découvrir des paysages sublimes et des lieux nourris de culture, d’histoire et de mystères.


Jean-Claude Servais est un dessinateur réaliste qui aime parler de la campagne et de sa région, la Gaume ; son univers est à la fois sensible et doux et cela colle parfaitement avec ce récit dont le quatrième tome sort aujourd’hui. Des personnages attachants, en quête de réponses existentielles, de sérénité, de connaissances aussi. Une plongée passionnante dans notre patrimoine européen (les Chemins de Compostelle sont depuis 1987 reconnus comme le premier itinéraire culturel européen) qui s’associe à une remarquable qualité documentaire. Il s’attache à décrire avec précision l’atmosphère, l’histoire et le mystère des lieux traversés par ses personnages et nous fait ainsi voyager au fil des pages et des albums.


Sept tomes pour raconter les trajectoires de quatre personnages… Ce chiffre 7 aurait-il une valeur symbolique lui aussi dans le cadre de ce récit inspiré ? Le chiffre 7 est un chiffre magique, bien sûr ! Dira Jean-Claude Servais et il lui faudra bien ça ! Au troisième tome, nous n’étions qu’au niveau de Nantes et de Paris. Il y aura encore du chemin !


Des flèches de Notre-Dame aux souterrains de Doué-la-Fontaine, en passant par la cathédrale de Chartres et le château de Gilles de Rais, c’est le premier circuit d’un mystère sanglant qui se boucle dans ce quatrième volume. Quand le passé se fait obstacle à l’avenir, il faut l’innocence de l’amour pour continuer d’avancer sans se retourner. Et si le Vampire de Bretagne n’était pas celui que l’on croyait ?


Bonne route vers Saint-Jacques.


Sara Lone

publiée le 10 octobre 2017


Il est des jours où la vie ne vous fait pas de cadeaux. Gogo-danseuse d’une boîte de striptease de La Nouvelle-Orléans, sous le nom de scène de Sara Lone, Joy Carruthers apprend qu’elle est accusée du meurtre de son patron et que son père a été victime d’un assassinat. Et pour agrémenter le tout, la mafia locale met un contrat sur sa tête et les fédéraux lui collent aux basques pour une raison inconnue. Il y a plus facile pour bien débuter dans la vie, surtout lorsque vous êtes un joli brin de fille à peine sortie de l’adolescence et que vos amis se comptent sur un doigt !


Sara Lone fait partie des nombreux titres édités en crowdfunding par les éditions Sandawe.
3 tomes ont déjà été financés, ce qui montre bien que la série porte un intérêt certain au public.
C’est du polar, du vrai ! En auteur averti, Erik Arnoud mobilise tous les ingrédients de base que le genre met à sa disposition. Il nous propose un scénario classique dans les grandes lignes, mais qui vous ouvre l’appétit dès le début et laisse préfigurer du meilleur.
Le premier tome « Pinky Princess » qui date de 2013 était une formidable mise en bouche.
Mais tout réside tout de même dans le dessin de David Morancho, jeune dessinateur espagnol qui nous servait sa première bande dessinée de par chez nous. Il fait preuve d’une maturité et d’une constance dans le dessin qui trahissent déjà une certaine expérience de l’illustration. Son trait est fin et souple et l’encrage léger, les divers protagonistes comme les décors sont bien en place et transpirent les États-Unis du début des sixties. Un découpage et des cadrages très cinématographiques dans leur approche donnent à l’ensemble un rythme et une ambiance qui ne sont pas sans rappeler certaines productions du 7e Art américain.
Après un tome 2 tout aussi bien réussi dans lequel Sara est secrètement recrutée par un mystérieux organisme fédéral pour participer à une opération « humide » dont elle ignore tout. Pour elle le choix est simple ; se retrouver sur la chaise électrique pour l’assassinat de son patron ou participer à l’opération.
Dans le 3ème volet sorti cette fin septembre et intitulé « Sniper lady », c’est une nouvelle partie qui commence pour Sara qui n’a plus de marge de manœuvre. Elle va subir la pression de Janus, son agent traitant et il va falloir jouer serré pour ne pas être broyé par l’engrenage du complot qui se dessine. Sara sortira t’elle indemne de ce troisième tome haletant pour lequel il faudra attendre la suite dans le tome 4 ?


Bref un superbe polar élu meilleur bd du festival « polar » de Cognac. À découvrir absolument.


Harmony

publiée le 12 septembre 2017


Un petit mot de la série « Harmony » de Mathieu Reynès, auteur de la série Alter ego. Fin de cycle avec la sortie du 3ème tome de la série.


Une série un peu déboussolante pour débuter. En effet, tout commence par une scène de dispute entre des Dieux pour ensuite basculer 4000 ans plus tard et débarquer gentiment chez une famille bien classique en train de déjeuner. Puis… nous voilà enfermés dans une cave aux côtés d’une jeune fille amnésique. Tout comme elle, nous ignorons si elle est détenue prisonnière ou tout simplement l’hôte du mystérieux Nita chez qui elle se trouve. Nous voici au cœur de l’histoire et comme Harmony, nous allons chercher des réponses.


Qui est-elle ? Qui est-il ? Pourquoi est-elle enfermée dans une cave ? Pourquoi a-t-elle des marques de piqûres au bras ? En guise de réponse nous aurons simplement le droit de savoir qu’elle est en sécurité et qu’il ne faut pas s’inquiéter. Mais est-ce vraiment rassurant ?


Un premier tome plutôt captivant mais qui au final nous en dit encore très peu sur ce qui se trame réellement. Ce n’est que dans le second tome que nous en apprenons un peu plus sur Harmony et ses pouvoirs. Mais là ! Flashback. Nous allons cette fois nous retrouver avant son amnésie et connaître la raison de sa présence dans la cabane de Nita. Une seconde partie immersive pleine de révélations et de rebondissements. Nous y croisons de nouveaux personnages « amis » et « ennemis » et la fin de ce second tome nous relie au premier. Et voici enfin le 3ème tome qui clôture un premier cycle de l’histoire. Parce qu’elle est différente des autres adolescents, parce que la puissance de son don de télékinésie n’a d’égale que la force de sa détermination, Harmony a pris sa décision : Elle ira porter secours à Payne et à Eden, ses amis toujours prisonniers du camp d’entraînement dont on l’avait extirpée quelque temps plus tôt et rien ni personne ne pourra l’empêcher de mener sa mission à bien. Pas même William Torres, surnommé Nita par la vieille chamane Mahopmaa et qui constitue à ce jour, son plus proche soutien. Mais autour d’eux se trament des choses dont ils ne se doutent pas…


Le dessin de Mathieu Reynès porte l’histoire à merveille et fait preuve d’une grande efficacité. Il nous porte tout au long de ces 3 tomes grâce à son découpage et son dynamisme. Le tout soutenu par une très belle mise en couleurs réalisée par Valérie Vernay. Mathieu Reynès maîtrise son sujet et nous offre un troisième tome dans un ton plus sombre qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière case.


Je vous invite vivement à découvrir l’histoire d’Harmony. C’est aux éditions Dupuis pour les plus jeunes à partir de 10 ans mais aussi pour les plus âgés. Croyez-moi vous en redemanderez !


Jack Wolfgang - L'entrée du Loup

publiée le 11 juillet 2017


Depuis le moyen-âge, les hommes et les animaux ont appris à se parler. Et depuis l’invention du super méga tofu, les herbivores et les carnivores ont appris à ne plus se manger.
Jack Wolfgang, célèbre critique gastronomique, et par ailleurs un des meilleurs espions de la CIA, parcourt un monde dangereux, où la paix est aussi fragile que ses talents de loup sont redoutables.


Après la série Cassio qui nous emmenait en 145 avant J.C. à Rome sur les traces de Lucius Aurelius Cassio et de « 1001 autres nuits » série écourtée qui verra finalement le jour sous forme d’intégrale, nous retrouvons Stephen Desberg et Henri Reculé pour le début d’une nouvelle série plutôt originale. Un thriller un peu particulier dans lequel les animaux devenus presque humains, côtoient les hommes. Mais afin de supprimer leurs instincts respectifs et pour que les carnivores ne mangent plus les herbivores, tous se nourrissent du super méga tofu. Une nourriture aux parfums variés permettant de retenir leurs instincts primitifs.
Et c’est ce super méga tofu qui se retrouve au centre de l’intrigue de cette première aventure de notre loup un peu James Bond, à la fois aventurier et séducteur.
Jack est d’abord critique gastronomique pour les plus grands magazines et c’est une couverture parfaite pour ses missions au sein de la CIA.


Un polar d’aventures et d’espionnage parsemé d’une bonne dose d’humour. De New-York à Jodhpur en passant par Paris, on ne manque pas de belles scènes d’action plutôt spectaculaires. Avec Jack Wolfgang, on pense un peu à Disney et Zootopie mais aussi bien évidemment à Blacksad, mais rien à voir ! Henri reculé nous offre un dessin semi-réaliste très réussi avec des décors magnifiques et très belles ambiances couleurs signées Kattrin. Le scénario de Desberg respecte bien les codes de l’espionnage et les rafraichit même un peu. Action, poursuites, échanges de tirs, bagarres et retournements de situation se succèdent pour nous captiver du début à la fin. Tout cela grâce aux planches très animées par Henri reculé et sa mise en scène très précise.
Une belle aventure sous forme de conte animalier avec la tolérance pour toile de fond.
Un premier volume excellent et une belle collaboration pour le trio Desberg, Reculé, Kattrin.


J’attends maintenant avec impatience le tirage de tête mais aussi la suite des aventures de ce loup critique gastronomique.


Green Mechanic

publiée le 26 juin 2017


"Green Mechanic" est le premier manga de Yami Shin, grande gagnante du premier Tremplin manga Ki-oon ! (grand concours permettant de découvrir les nouveaux talents français du manga) À l’aise dans tous les registres, elle nous entraîne dans un univers post-apocalyptique où s’entremêlent action, combat, suspense et romance. La science-fiction prend ici une nouvelle dimension !
Dans "Green Mechanic", les êtres humains ont fait de leur planète un désert recouvert d’ordures. Le seul endroit habitable est la Mégapole, ville géante où s’entassent hommes et robots, ainsi que les mystérieux Ersatz, créatures monstrueuses pourchassées par la Milice. Dans ce monde en perdition survit Misha, jeune orpheline aux dons d’empathie surdéveloppés. Incapable de contrôler sa capacité à lire les émotions des autres, elle se tient à l’écart de ses semblables. C’est pourtant grâce à ce pouvoir qu’elle trouve Reborn, un robot morphing errant sans mémoire au milieu d’une décharge.


Cette merveille technologique est capable d’adopter n’importe quelle apparence. Sans hésiter, la jeune fille lui fait prendre la forme de Mickael, son meilleur ami, dont elle est sans nouvelles depuis qu’il a été enlevé par un groupe d’Ersatz il y a dix ans. D’où viennent ces créatures ? Que deviennent ceux qu’elles capturent ? Nul ne le sait... Pour retrouver son compagnon, Misha rejoint les Renforts, un groupe de guerriers et d’enquêteurs hors pair ! En échange de leur aide, elle met à leur service ses capacités psychiques et son aptitude à faire de Reborn une armure surpuissante. Le combat pour la vérité commence !


Une nouvelle série qui commence et nous fait penser à GunnM. Un personnage aux pouvoirs psychiques, des monstres bizarres dont on ne sait rien encore, des personnages complexes qui ne nous ont pas encore tout dévoilé, voilà un début de série bien intriguant mais prometteur qui laisse à penser que la suite sera des plus intéressantes.
Reborn, le robot morphing ouvre pas mal de possibilités pour exploiter la suite de l'histoire notamment dans sa relation avec Misha, avec qui il fait un parfait binôme. A cela d'autres personnages vont s'ajouter mais sans en dévoiler encore trop d'informations à leur sujet.
Il y a ensuite les "Ersatz" qui restent encore mystérieux à la fin de ce premier volet. Sont-ils réellement mauvais ? Sont-ils d'ailleurs aussi maîtres d'eux-mêmes ? Le design, plus végétal qu'animal est d'ailleurs plutôt intéressant.


Un premier tome séduisant et intéressant avec de petites lacunes qui seront certainement vite comblées dans les suivants par cette jeune auteur de talent au dessin plutôt pas mal.
Un manga au goût de Sentai (séries dans lesquelles des super héros en armure sauvent la planète), un peu comme "Platinum end" qui cartonne pas mal aussi.
Fraîcheur et légèreté, mais violence aussi. Le tout sur un scénario assez riche dont la fin pourrait bien tout chambouler pour la suite.


Vous découvrirez une très belle couverture pour ce premier volet qui sort chez Ki-Oon.
Vivement la suite.


Les Chevaliers d'Héliopolis

publiée le 30 mai 2017


Aujourd’hui nous allons nous attarder sur une sortie assez attendue dans le monde de la bande dessinée :


« Les Chevaliers d’Héliopolis » avec pour premier tome « Negrido, l’œuvre au noir ».
Une nouvelle série chez Glénat pour laquelle nous retrouvons Jodorowsky au scénario et Jérémy au dessin.
Alors Jodorowsky, rappelons-le est le scénariste talentueux de grandes séries telles « L’Incal », « Les Technopères » mais aussi « Bouncer » ou encore « La Caste des Meta-Barons ». Jérémy quant à lui n’est autre que le dessinateur de « Barracuda » mais aussi de 4 volumes de la série « La complainte de landes perdues ».


Avec « Les chevaliers d’Héliopolis » nous allons à la rencontre de l‘histoire mythique des chevaliers alchimistes durant la révolution française. Le fantastique se mêle à la réalité historique ainsi qu’aux personnages connus de cette époque comme Louis XVI, Charlotte Corday, Nostradamus ou Fulcanelli personnage énigmatique des légendes alchimiques et instigateur des Chevaliers d’Héliopolis. Héliopolis, signifiant « la cité du soleil », est le nom d’une cité sainte bâtie dans le delta du Nil environ 4.500 ans av JC par la race fondatrice de l’Egypte ancienne: les Shem-sou Hor. C’était aussi l’autre nom donné à la Rose-Croix par ses membres lorsqu’ils parlaient entre eux.


Nouvelle saga prévue en 4 tomes. Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle.
Dans un monastère au Nord de l’Espagne se dissimule le temple sacré des Chevaliers d’Héliopolis : une assemblée d’alchimistes immortels et coupés du monde. Alors que le disciple « Dix-sept » s’apprête à compléter sa formation et à intégrer l’ordre, son maitre Fulcanelli dévoile aux autres chevaliers le terrible secret de ses origines. Dix-Sept est en réalité le fils caché de Louis XVI et de Marie-Antoinette : le roi de France Louis XVII ! Héritier de cette destinée, le jeune homme va-t-il réclamer le trône qui lui est dû ou rester dans l’ombre, fidèle aux préceptes millénaires de l’Alchimie ?


Le destin de Louis XVII qui, d’après l’Histoire de France, mourut à 10 ans dans les geôles de la prison du Temple est, tout comme « L’Homme au masque de fer », l’un des plus grands mythes de l’Histoire de France. Un destin romanesque que Jodorowsky réécrit avec son talent habituel dans une fable initiatique et ésotérique absolument grandiose.
Nous retrouvons aussi le trait génial de Jérémy (Barracuda) qui donne aux Chevaliers d’Héliopolis la force d’une fresque épique mêlant les secrets de l’alchimie aux arcanes de l’Histoire. Son trait convient parfaitement pour mettre en images du Jodorowsky et il nous offre ainsi un premier tome avec des planches absolument magnifiques qui ne vous laisseront pas insensibles.


Il est le détenteur d’un savoir. L’héritier d’un pouvoir. Découvrez l’étrange destin de celui qui pourrait bien être Louis XVII !


Streamliner

publiée le 16 mai 2017


Parlons aujourd'hui de « Streamliner » : Un western mécanique dans une Amérique fantasmée.
Au dessin et au scénario, nous retrouvons un certain "Fane". C’est un nom qui doit certainement titiller l’oreille de certains puisque c’est à lui que nous devons la reprise de la série Joe Bar Team, série humoristique sur les motards, fans de belles mécaniques et de vitesse.


Il nous offre ici la première partie d’un diptyque qui traite des « streamliner » ces adeptes de la vitesse au volant de machines quelque peu diaboliques et surpuissantes.
Nous sommes quelque part au bord de la route 666. Le vieil O'Neil y a installé sa station-service, Lisa Dora. Ce petit bout de désert perdu est devenu le paradis de Cristal, sa fille.


Un jour, une bande de Streamliner va débarquer dans leur propriété privée pour y réaliser une course afin de désigner leur nouveau chef.
Mais les événements vont vite s'emballer et la situation va être hors de contrôle. Une bande de motardes sexy va se joindre à la compétition mais aussi d'autres équipes mystérieuses ainsi qu'un meurtrier et le FBI. Même la télévision va s’en mêler et comme si ça ne suffisait pas, Cristal, la fille du vieil O’Neil qui n’est autre que le Duke, anciennement détenteur d’un record de vitesse à plus de 400 km/h, va devoir s'impliquer plus qu'elle ne le voudrait pour rattraper les bourdes de son ivrogne de père. Faîtes chauffer les moteurs ! Attention à la surdose de testostérone et d’huile de moteur.
Le désert, un garage perdu loin de tout… et une course de vitesse qui attire une foule dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle est particulièrement bigarrée !... Une aventure sans règles et terriblement " sexy " !


L’auteur de Joe Bar Team se fait sacrément plaisir avec ce récit : grosses cylindrées, shorts et t-shirts sexy, FBI, sueur et poussière, des flingues et une sacrée bande de bras cassés !
Une aventure qui nous permet de découvrir une discipline « la streamliner » apparue dès les années 20 (d'abord pour les trains) et popularisée outre-Atlantique entre les années 30 et 50.


Au niveau du dessin, rien à voir avec Joe Bar Team, le trait est lâché et la mécanique est soignée. Le trait est incisif et racé. Chaque chapitre nous propose une superbe fausse pub vintage et cette première partie du diptyque nous offre tout de même 160 pages de récit. La seconde partie étant prévue pour septembre, le temps de bien laisser chauffer les moteurs pour découvrir l’issue de cette course folle.


Un univers qui ne peut que faire rêver, même ceux qui ne sont pas particulièrement attirés par les grosses cylindrées et les muscles roulant sous les tatouages ! Un univers dans lequel la seule loi voudrait être celle de la liberté, avec tous les risques qu’elle peut entraîner.


Crimes gourmands

publiée le 07 mars 2017


Cette semaine, je vous présente "Crimes gourmands ; Petits meurtres à l'étouffée. Cet album est paru aux éditions Delcourt avec L.J. Raven au scénario et Denis Chetville au dessin, d'après le roman de Noël Balen et Vanessa Barrot.


Pourquoi un serial-killer s'en prend-il à des restaurateurs lyonnais ? Voici l'adaptation en bande dessinée d'un roman mêlant polar et gastronomie.


Laure Grenadier est journaliste et critique gastronomique. Elle se rend à Lyon accompagnée par son photographe et ami Paco Alvarez pour y réaliser un reportage culinaire. Pendant son voyage en TGV, elle inculque à Paco quelques notions didactique sur Lyon, ville réputée pour son patrimoine gastronomique. Pourquoi les restaurants sont appelés "bouchons" notamment. Mais arrivés à Lyon, ils apprennent qu'un restaurateur, contact et ami de Laure, a été retrouvé assassiné dans sa boutique et demandent au taxi de les emmener sur place. Sur place, ils rencontrent Toinou, le commis de cuisine qui en raison de son passé redoute d'être considéré comme suspect. Il donne cependant à Laure les premiers éléments de l'enquête : son patron et ami a été retrouvé assommé, ligoté et étouffé avec un sac-poubelle, la recette du jour vidée du tiroir-caisse. Mais laure n'est pas convaincu par le mobile. Le lendemain, un autre ami restaurateur est retrouvé assassiné dans les mêmes circonstances.


C'est un premier scénario bande dessinée que nous propose ici L.J. Raven. Il est adapté de la série de polars gastronomiques co-écrits par Noël Balen et Vanessa barrot. Nous sommes donc à Lyon, capitale de la gastronomie depuis Curnonsky en 1935. Un serial killer s'en prend à des restaurateurs, mais quelle en est la raison. La mise en scène est excellente avec un très bon rythme et l'intrigue est accrocheuse. Mais dans cette enquête, la mécanique policière est placée au second rend pour rendre la part belle au didactisme du terroir local. En effet, de par les différents contacts de laure, nous avons droit à une visite gourmande dans le patrimoine gastronomique lyonnais. Pourquoi nomme-t-on les restos des "bouchons", que sont les "mères" lyonnaises, quelles sont les spécialités charcutières locales, comment sont nés les guides Michelin et vous aurez même le privilège d'une visite chez Paul Bocuse. Le dessin est assez classique et réaliste, ce qui cadre bien avec l'intrigue qui trouvera son dénouement dans les dernières pages de l'album.


De bouchons en traboules, un album qui va vous chatouiller les papilles et vous donnera faim notamment avec la poularde demi-deuil dont la recette vient d'Henri Babinskin alias Ali-Bab. Faim pour une autre adaptation d'un titre de la série de romans peut-être… qui sait ? En tous cas cet album mérite au moins 2 étoiles !


Alors : à table !


L'année Franquin !

publiée le 21 février 2017


2017 sera l'année Franquin.
En effet, Gaston fête ses 60 ans, les idées noires paraissaient il y a 40 ans et André Franquin nous quittait en janvier 1997, il y a 20 ans. Une année qui donne l'occasion de sortir des placards des souvenirs sous forme de beaux albums et une exposition se tient encore jusqu'au 10 avril à la Bibliothèque du centre Pompidou à Paris et s'intitule "Gaston, au-delà de Lagaffe".


Apparu pour la première fois le 28 février 1957 dans les pages du journal de Spirou, Gaston Lagaffe fête ses soixante ans en 2017. Le « héros sans emploi » créé par Franquin pour animer le journal devient très vite l’un des personnages majeurs de l’épopée Spirou et, sur plus de 900 planches, un véritable classique de la BD. Qui aurait cru que soixante années seraient passées si vite ? Soixante ans de bonne humeur, d'inventions toutes plus abracadabrantes les unes que les autres, d'explosions et de dégâts des eaux, de rires et de contrats déchirés, avec une mouette, un chat, des souris, des instruments de musique et des responsables qui claquent les portes avant de tomber dans les escaliers.


Mais Franquin, c'est aussi "Les idées noires". Quarante ans après leur apparition au sommaire du légendaire Trombone Illustré (avant de migrer dans le Fluide Glacial du non moins légendaire Marcel Gotlib), Idées noires reste une référence absolue de la BD franco-belge. Entre florilège et mode d’emploi, Il était une fois Idées Noires s’articule autour des thématiques abordées par Franquin (la chasse, les militaires, la religion, etc.). Petit plus de l'album, les précisions d’Isabelle Franquin sur l’état d’esprit de son père à cette période s’avèrent particulièrement intéressantes et éclairantes : oui, même si son travail penchait vers le désenchantement voire pire, il avait gardé toute sa bonhomie dans sa vie courante.


Difficile dans cette chronique de tout dire sur Franquin et son génie, vous pourrez donc retrouver sur le site www.archibaldandco.be/chroniques-bd, un texte plus complet sur cette année Franquin.


Voici aussi 3 ouvrages que je vous conseille vivement :
Gaston, au-delà de Lagaffe : Les coulisses du travail de Franquin, la pertinence de son regard sur une société en permanente évolution et son lien infini avec ce personnage.
Il était une fois Idées Noires : Une sélection de gags est entrecoupée d’entretiens variés, d’hommages et d’illustrations plus ou moins inédites.
Gaston - L'anniv de Lagaffe : un hors-série spécial 60 ans


"Shi : Au Commencement Etait La Colère"

publiée le 07 février 2017


La chronique de cette semaine est aussi un vrai coup de chœur (cela tombe bien, c'est la St Valentin bientôt). Coup de cœur donc pour le nouvel album de Zidrou et Homs intitulé : "Shi" dont le premier tome « Au commencement était la colère » est sorti fin janvier aux éditions Dargaud.


Nous sommes à Londres en 1851, pour cacher un scandale qui pourrait nuire à la prestigieuse exposition universelle, le cadavre d’un nourrisson est enterré dans les jardins du lieu qui accueille l’événement. Deux femmes, une noble anglaise et une japonaise, la mère de l’enfant, partent en croisade contre l’Empire britannique pour élucider ce crime. Entre société secrète et manipulation corruptrice, les deux jeunes femmes, que rien ne lie, vont s’unir pour exposer la face cachée d’une machination infernale.


Une nouvelle série scénarisée par Zidrou et un premier tome un peu déstabilisant. En effet, le récit débute à notre époque puis l’histoire fait un saut en arrière pour nous envoyer en plein Londres Victorien. Le temps d’une poursuite sur les toits et nous voilà emmenés en 1851 lors de la toute première exposition universelle. Ce n’est qu’à la fin de l’album, que l’on comprend le lien entre ces scènes et rassurez-vous je ne dévoilerai rien ici. Le récit principal tourne autour de ces deux femmes, Jennifer l’anglaise et Kitamakura la japonaise qui bien que ne parlant pas la même langue vont tenter d’élucider le crime de ce bébé. Un scénario très réussi donc avec encore d’autres petites choses que je ne vous dévoilerai pas au risque de gâcher votre plaisir lorsque vous le lirez.


Le dessin de José Homs (dessinateur de la série Millenium) est tout simplement magnifique et colle parfaitement au récit. Notons aussi in superbe rendu des visages et des expressions.


Un récit qui vous tiendra en haleine jusqu'à la dernière page et c'est avec impatience que l'on attend déjà la suite.


Une première édition à ne pas rater car elle présente en plus un carnet graphique reprenant les recherches de couverture. Une des plus belles sorties de ce début d’année.


L'histoire vraie d'une héroïne oubliée : Irena Sendlerowa

publiée le 24 janvier 2017


Nous sommes en 1940, l’armée nazie a envahi la Pologne. À Varsovie, les Juifs de la ville ont été parqués dans le ghetto : un quartier entier entouré de murs. Quiconque tente de s’en échapper est abattu sans sommation ; les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du département d’aide sociale. Parmi eux, Irena vient tous les jours apporter vivres et soutien à ceux qui sont enfermés dans cet enfer et qui souffrent de maladies et de malnutrition.


Ici, tout le monde la connait, les enfants l’adorent. Car Irena est un modèle de courage : elle n’hésite pas à tenir tête aux gardiens, à faire toujours plus que ce qu’autorise l’occupant nazi. Le jour où, sur son lit de mort, une jeune mère lui confie la vie de son fils, Irena se met en tête de sortir clandestinement les orphelins du ghetto mais redoute d’impliquer les membres de son équipe qui seraient abattus s’ils étaient pris. En particulier par un officier SS qui la piste et torture moralement les enfants. Pour que l’innocence soit épargnée de la barbarie, elle doit être prête à risquer sa vie.


Fille d’un médecin Polonais, lui-même mort en soignant des malades Juifs, IRENA Sendlerowa est décédée en 2008, déclarée Juste parmi les nations en 1965, elle fut résistante et militante et l’une des plus grandes héroïnes de la Seconde Guerre Mondiale, sauvant près de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Et pourtant elle est oubliée des livres d’Histoire... C’est en lisant par hasard un article sur elle que Jean-David Morvan a eu le déclic : sa vie devait être racontée. Avec Séverine Tréfouël et David Evrard, il va donc retracer sur trois albums le combat humaniste de cette « mère des enfants de l’Holocauste.»


C’est une des pages les plus tragiques et horribles de la seconde guerre mondiale qui n’en est pourtant pas avare. Porté par un dessin d’une grande sensibilité, Irena réussit le tour de force de parler sans lourdeur d’un sujet fort, poignant et profondément actuel... Toucher, émouvoir, parler d’hier pour raconter aujourd’hui... Un premier album intelligent, précis et plein d’émotion qui graphiquement permet un accès facile, surtout pour les plus jeunes, à un évènement monstrueux de l’histoire que l’on a malheureusement tendance à oublier à une époque où pourtant, racisme et antisémitisme sont trop souvent de retour.
Le dessinateur David Evrard (plus connu sous le pseudonyme de E411) nous offre ici un récit poignant grâce à un dessin presque enfantin mais sans concession.
Le ghetto, lui, sera rasé mais les Juifs se révolteront en armes en 1943, pour l’honneur et parce qu’ils savent qu’ils n’ont rien à perdre. Il aura contenu près de 400 000 personnes traitées comme des chiens, qui mourront de faim, de maladie ou sous les balles sans que personne ne fasse rien hormis une poignée de Justes comme Irena.


Deux tomes sont encore à venir pour raconter le destin de la courageuse Irena.
Une BD pour ne pas oublier…


En garde, chers amis!

publiée le 20 décembre 2016


C'est une cape, ce sont des crocs, Parlons de "De Cape et de Crocs".
Il s'agit d'une magnifique série. Récit d'aventures d'Alain Eyrolles, dessiné par Jean-Luc Masbou.
Paru aux Editions Delcourt dans la collection "Terre de légendes" et dont le récit a débuté en 1995.
Nous sommes alors dans le port de Venise, au XVIIème siècle. À bord d'un vaisseau turc, Armand Raynal de Maupertuis (Renard français) et Don Lope de Villalobos y Sangrin (Loup andalou), tous deux gentilshommes désargentés, fins bretteurs et beaux parleurs, s'emparent de la carte du fabuleux trésor des îles Tangerines. De geôles en galères, nos deux gentilshommes s'embarquent pour une incroyable aventure avec pour compagnon le terrible Eusèbe, lapin de sont Etat et laissent derrière eux les dames de leurs pensées : Hermine, la fière Gitane et Séléné, la ravissante ingénue.


Rebondissements, coups de théâtre, dialogues enlevés : De cape et de crocs évoque Molière, La Comedia dell' Arte et les romans de cape et d'épée. Un récit passionnant et trépidant qui nous livre son 12ème volet. Difficile de rapidement synthétiser un tel récit composé de 12 albums emplis de grâce et de poésie tout au long des dessins et des textes.


Nos héros seront condamnés aux galères, affronteront le terrible Capitan Mendoza et s'allieront au Raïs Kader, corsaire barbaresque. Rejoindront Malte pour y affronter le Captain Boone, seront ensuite abandonnés au milieu de l'Atlantique et s'empareront d'un vaisseau fantôme pour enfin rejoindre les îles Tangerines. Ils y rencontreront Bombastus le génial savant fou, échapperont aux cannibales et découvriront que le fabuleux trésor n'est qu'un leurre, une machination ourdie par les hôtes des îles qui sont en réalité des habitants de la Lune en exil !
Ils combattront alors le Prince Jean, souverain des sélénites et s'embarqueront pour la Lune pour se mettre au service de son souverain légitime et contrer Mendoza, allié au Prince Jean. Sur la face cachée de la Lune ils rencontreront le légendaire Maître d'Armes, redoutable escrimeur maniant aussi bien la rapière que l'Alexandrin, ensemble ils livreront bataille. Mais la première bataille finira mal et c'est à force de courage, d'astuce et de panache qu'ils renverseront la tyrannie. Mais lorsque sonne l'heure du retour sur Terre tout n'est pas terminé pour autant car nos gentilshommes devront encore essuyer de terribles coups de théâtre. Parviendront-ils à revenir ?


Enfin, après 10 volumes d'aventures à la Cyrano de Bergerac, le récit se terminait. Mais voilà qu'un 11ème volet nous présente, de manière un peu inattendue, l'histoire d'Eusèbe qui va nous révéler son passé, du temps où de cruels mousquetaires terrorisaient les gardes du cardinal et où la vie d'un lapin ne valait pas cher. Et vient maintenant le 12ème volet, toujours centré sur Eusèbe, capturé à la cour des miracles et dont le chef n'est autre que son frère, le terrible Fulgence. Entre trahison et intrigues de cour, Eusèbe parviendra t'il à ramener son frère dans le droit chemin, à moins que ce ne soit l'inverse.


Une série qui a du panache, de l'humour, de la subtilité, de l'émotion et énormément de beauté. Avec ce douzième tome la folle histoire de "De Cape et de Crocs" boucle sa boucle.
"Prince, demande à Dieu pardon !
Je quarte du pied, j'escarmouche,
Je coupe, je feinte… Hé ! Là donc!
A la fin de l'envoi, je touche."
Cyrano - Archibald - De Bergerac


Mickey par...

publiée le 13 décembre 2016


Cette année les éditions Glénat ont lancé une collection "Mickey par…"


Le premier album était réalisé par Cosey (auteur de Jonathan) avec pour titre "Une Mystérieuse Mélodie" qui nous contait la rencontre de Mickey avec Minnie.
Un second album s'en est suivi réalisé par Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas avec "Mickey's craziest adventures", une folle aventure dans laquelle Mickey et Donald unissaient leurs forces pour retrouver Pat Hibulaire et les Rapetou qui avaient dévalisé le coffre-fort de l'oncle Picsou.
Le troisième volet de cette magnifique série a été réalisé par Tebo et nous présente la "Jeunesse de Mickey". Dans cet album, Oncle Mickey raconte des histoires à son arrière-petit-neveu Norbert pour lui faire sortir le nez de sa sempiternelle console de jeux. Mickey lui raconte donc des histoires mais pas n'importe quelles histoires car il s'agit des ses propres aventures. Celles où il fut cow-boy, prisonnier dans le bayou, as de l'aviation, trafiquant de chocolat ou même astronaute.


Alors après nous avoir livré ces 3 excellents récits très différents graphiquement et narrativement, les auteurs s'étant appropriés Mickey dans leur propre style graphique, voici qu'arrive le très attendu "Café Zombo" réalisé par l'excellentissime Régis Loisel.
Loisel, c'est la mythique "Quête de l'oiseau du temps" avec le chevalier Bragon ancien élève du Rige qui va accompagner sa fille Pelisse afin de contrer Ramor le Dieu maudit. C'est lui aussi qui revisite magistralement "Peter Pan" dans lequel il nous offre de la magie, de la poésie mais aussi énormément de souffrance et de cruauté dans les bas-fonds de Londres.


Mais revenons à Mickey et le "Café Zombo". Il s'agit tout d'abord d'un bel objet. Présenté en format à l'italienne avec une couverture matte et un dos toilé. En précisant tout de même que les 3 autres albums aussi sont très soignés au niveau présentation. Ici, Loisel nous livre une aventure de Mickey qui se déroule en 1930 pendant la grande dépression. Nous retrouvons ici Mickey avec son compagnon Horace. Tous deux cherchent du boulot comme tous les matins, mais un jour, dépités de ne rien trouver ils décident d'emmener leurs amies Minnie et Clarabelle en vacances et de rejoindre leur ami Donald. Mais à leur retour la ville à changé car un banquier véreux a réussi à exproprier les habitants du quartier pour le raser et y faire un terrain de golf. De plus les travailleurs embauchés pour ce projet sont devenus accros à une mystérieuse substance, le "café zombo" qui en fait des zombies. Mais nos amis vont tenter de résister…


Un album superbe dans lequel Régis Loisel est à la fois scénariste, dessinateur et coloriste, cela n'était plus arrivé depuis "Peter Pan". Il nous livre un récit génial en hommage au Mickey de Floyd Gottfredson en reprenant le schéma des strips horizontaux de l'époque.
Une aventure pleine d'humour avec un récit tout en légèreté au sein de la thématique de la crise de l'emploi avec les dérives du capitalisme. Qui aurait d'ailleurs imaginé un jour voir Mickey chercher du travail ?
Si comme moi vous aimez Régis Loisel alors n'hésitez pas, vous trouverez dans ce bel hommage du grand Loisel. C'est un album que vous devez absolument mettre sous le sapin. À offrir ou à se faire offrir !


Ils sont cinq... mais ils sont SEULS

publiée le 06 décembre 2016


Il y a d'abord Yvan, 9 ans, l'artiste rigolo et carrément lâche. Il y a ensuite Leïla, 12 ans, la garçonne énergique et optimiste. Viennent ensuite Camille, 8 ans, la naïve généreuse et moralisatrice et Terry, 5 ans et demi, le gamin turbulent et attachant. Et puis, il y a aussi Dodji, 10 ans, l'ours au grand cœur. Ces cinq enfants se réveillent un matin et constatent que tous les habitants de la ville ont mystérieusement disparu. Que s'est-il passé ? Où sont leurs parents et amis ? Ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans une grande ville vide et vont devoir apprendre à se débrouiller... SEULS !


Voilà donc le pitch de départ de cette génialissime série de Fabien Vehlmann (qui scénarise aussi les dernières aventures de Spirou et Fantasio) et Bruno Gazzotti (aussi dessinateur de la série Soda) aux éditions Dupuis. Une série qui a débuté il y a dix ans en 2006 et qui nous livre son dixième épisode cette année avec pour titre « la machine à démourir ». Bonne nouvelle, nous devrions même avoir droit à un film en 2017.


« SEULS » est une série qui peut se lire dès 10 ans. Les personnages sont très attachants et au fil des cycles de la série, ils vont apprendre à mieux se connaître pour former un petit groupe solide. Groupe qui va faire d’étranges rencontres et autour duquel d’autres personnages vont venir s’accrocher. Etrange histoire que cette disparition des adultes, mais au fil des albums nous allons petit à petit comprendre ce qui leur est arrivé.
Une BD dans laquelle il y a de la violence et du sang, de l'humour et de l'amour et une bonne dose d'aventure. Nous sommes partis avec une histoire qui paraissait assez simple mais qui finalement nous laisse nous poser pas mal de questions…
Pourquoi sont-ils seuls ? Que s’est-il réellement passé ? Les adultes ont-ils vraiment disparu ou bien ont-ils eux-mêmes disparu du monde qu’ils connaissaient ?
Mais petit à petit, au fil des albums, nos jeunes héros découvrent quel a été leur destin.


Nous entamons donc le troisième cycle de cette saga avec ce tome 10 dans lequel le jeune Terry va tenter de construire une « machine à démourir » qui devrait leur permettre de quitter le monde des limbes et de retourner dans le monde des vivants. Mais l'apparition de Camille, qui offre au Maître des couteaux une mystérieuse pierre ensanglantée, va rendre ce dernier fou de rage. Et c'est à ce moment-là que Terry va vraiment regretter d'avoir offert une tronçonneuse comme cadeau de Noël à son ami amateur d'objets très tranchants...


En bref, une BD de grande qualité, originale qui mêle action, humour et mystère et qui nous tient en haleine d'un bout à l'autre de chaque album.
Pas étonnant que les jeunes l’adorent ! Mais je le conseille aussi aux adultes sans aucune hésitation !


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